Par Spectandum
Europe du Sud
Ces figures en bois polychrome finement sculptées représentent une rare paire assortie d’une âme masculine et d’une âme féminine au Purgatoire, destinée à susciter l’empathie et l’engagement dévotionnel. Elles montrent une âme d’homme et une âme de femme enveloppées par les flammes du Purgatoire. Chaque figure en buste émerge de langues de feu stylisées, peintes dans des tons vifs de rouge et d’ocre. L’âme féminine lève un bras tandis que l’autre main touche sa poitrine, son visage tourné vers le ciel dans un mélange de supplication et d’espérance. L’âme masculine est représentée les mains jointes en prière, ses traits exprimant la pénitence et l’aspiration spirituelle. Toutes deux conservent des traces de leur polychromie d’origine, renforçant l’intensité émotionnelle caractéristique de l’art dévotionnel.
Au XVII? siècle, les représentations d’âmes souffrantes au Purgatoire furent particulièrement ...
... répandues dans les régions catholiques influencées par les enseignements du Concile de Trente (1545–1563). Dans le cadre de la Contre-Réforme catholique, le Concile réaffirma le rôle essentiel des images sacrées comme supports d’enseignement, d’inspiration spirituelle et de renforcement doctrinal. De telles œuvres étaient utilisées dans les chapelles, sur les autels de confréries ou encore dans des contextes dévotionnels privés afin d’encourager les prières pour les défunts et d’illustrer la doctrine de la purification spirituelle. Le dynamisme de la sculpture, l’amplification des gestes et l’expressivité des visages s’accordent pleinement avec les sensibilités baroques qui cherchaient à émouvoir le spectateur et à l’inciter à la piété.
Les deux sculptures présentent des traces d’usure liées au temps, notamment des frottements de surface, de petites pertes de matière et un craquellement de la polychromie. Dans l’ensemble, elles demeurent structurellement saines et conservent une forte présence sculpturale ainsi que la vivacité de leurs couleurs.