Par Franck Baptiste Paris
Très beau rouet de salon en bronze finement gravé et doré.
La plateau en vernis martin à décor de chinois vêtus de costumes traditionnels dans un paysage lacustre.
La roue et les pilastres en forme de balustres tournées.
Le dévidoir et la poignée de roue en buis, la quenouille d’origine en noyer.
Rare système à cloche et marteau sonnant tous les cent tours.
Travail d’un marchand mercier parisien d’époque Louis XV vers 1740.
Dimensions :
Hauteur : 46,5 cm ; Largeur : 30 cm ; Profondeur : 13,5 cm
Un rouet proche publié page 86 du livre « Les secrets de la laque française, le vernis martin », édité par le musée des arts décoratifs de Paris.
Notre avis :
Positionné sur les genoux, ce type de rouet miniature permettait de filer la soie tranquillement dans son salon lors des longues soirées d’hiver.
Cet instrument qui était l’apanage des dames de la noblesse était commercialisé par les marchands merciers.
Ces derniers assemblaient ...
... les productions de plusieurs corporations, fondeurs ciseleurs pour le bronze, tourneur sur bois pour le dévidoir, éventuellement un horloger pour le système de comptage et enfin un ébéniste ou un vernisseur pour le décor du plateau.
Le célèbre atelier des frères Martin a produit ce type de pièce durant une période de vingt ans minimum, des années 1730 aux années 1770.
Ils sont en effet mentionnés dans le catalogue de l’atelier jusqu’à la mort d’Etienne-Simon Martin en 1770, ou ils apparaissent dans son inventaire après décès.
On les retrouve aussi dans l’inventaire du célèbre marchand mercier Lazare Duvaux dressé à Paris le 29 Novembre 1758.
Il est d’ailleurs fort probable que le plus grand marchand mercier de la capitale collabora assidument avec le meilleur atelier de vernisseurs, dirigé par les frères Martin.