Par Galerie PhC
Tableaux anciens des XVIIè, XVIIIè et XIXè siècles.
Huile sur toile rentoilée de 80.5 cm par 64.5 cm.
Cadre ancien (19è siècle) de 102 cm par 85 cm.
Ce somptueux tableau représente Molière dans le costume de César, rôle qu’il interpréta dans "La Mort de Pompée" de Pierre Corneille. L’écrivain et comédien y apparaît couronné de laurier, drapé d’un manteau rouge et tenant un bâton de commandement, selon l’iconographie héroïque héritée du Grand Siècle.
Le tableau reprend un modèle célèbre conservé au musée de la Vie romantique à Paris, traditionnellement rattaché à l’atelier de Pierre Mignard. La qualité du modelé du visage, la subtilité des chairs et la noblesse de la composition permettent de situer cette version dans la sphère mignardienne, probablement à la charnière des XVII? et XVIII? siècles.
Par sa fidélité au prototype et par ses qualités picturales, cette réplique ancienne témoigne de la diffusion précoce de l’image de Molière après sa mort en 1673. Elle illustre la ...
... place grandissante de l’auteur dans la mémoire culturelle française, non seulement comme dramaturge, mais aussi comme acteur incarnant les grands héros de la scène classique.
Pierre Mignard (1612-1695)
Né à Troyes en 1612, Pierre Mignard est l’un des plus grands peintres français du XVIIe siècle et l’un des principaux portraitistes du règne de Louis XIV. Formé dans un milieu artistique provincial, il gagne très tôt Paris avant de partir pour l’Italie, étape décisive dans la carrière de nombreux artistes de son temps.
Installé à Rome à partir des années 1630, Mignard y séjourne plus de vingt ans. Il y étudie les maîtres de la Renaissance et du baroque, notamment Raphaël, Titien et les grands décorateurs romains. Son talent lui vaut rapidement une réputation internationale. Il y réalise portraits, tableaux religieux et compositions mythologiques, tout en fréquentant les milieux intellectuels français installés à Rome.
De retour en France en 1657, il s’impose rapidement comme un peintre recherché par l’aristocratie et la cour. Son art, élégant et raffiné, se distingue par la douceur des carnations, la noblesse des attitudes et une grâce idéale héritée de la tradition italienne. Il excelle particulièrement dans le portrait féminin, immortalisant les grandes dames du règne de Louis XIV, ainsi que dans les grandes décorations murales.
Longtemps rival de Charles Le Brun, premier peintre du roi et directeur de l’Académie royale, Mignard demeure en marge des institutions officielles pendant plusieurs décennies. À la mort de Le Brun en 1690, il accède enfin aux plus hautes charges : il est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture, nommé Premier peintre du roi puis directeur de l’Académie.
Parmi ses œuvres majeures figurent les décors du dôme du Val-de-Grâce, plusieurs portraits de Louis XIV, ainsi que d’innombrables effigies de courtisans, de prélats et de figures littéraires. Son atelier, très actif, diffuse largement son style dans la France de la fin du XVII? siècle.
Pierre Mignard meurt à Paris en 1695, au sommet de sa gloire. Son œuvre marque l’un des sommets du portrait français avant l’avènement de Hyacinthe Rigaud et de Nicolas de Largillière. Il demeure aujourd’hui l’un des grands représentants de l’élégance picturale du Grand Siècle.
L’atelier de Pierre Mignard et sa continuité après 1695
L’atelier de Pierre Mignard compte parmi les plus actifs de la France de la fin du XVII? siècle. Installé à Paris, au cœur du rayonnement artistique du règne de Louis XIV, il répond à une importante demande émanant de la cour, de l’aristocratie, du clergé et d’une riche clientèle privée. Mignard y produit portraits officiels, effigies mondaines, sujets religieux et nombreuses répliques de compositions recherchées.
Comme dans les grands ateliers de son temps, le maître conçoit les modèles, exécute les parties essentielles – en particulier les visages et les mains dans les œuvres les plus prestigieuses – tandis que collaborateurs et assistants prennent en charge draperies, accessoires, fonds ou reprises d’atelier. Cette organisation permet de diffuser largement un style immédiatement reconnaissable, fondé sur l’élégance du dessin, la douceur des carnations et la noblesse des attitudes.
L’atelier joue également un rôle important dans la transmission du goût mignardien. De jeunes peintres y apprennent les méthodes de travail, la pratique du portrait de cour et l’art des compositions idéalisées. Par son ampleur et son efficacité, il participe à la diffusion du portrait français dans les dernières décennies du Grand Siècle.
À la mort de Pierre Mignard en 1695, l’atelier personnel du peintre cesse naturellement d’exister comme structure dirigée par le maître. Toutefois, son activité ne s’interrompt pas brutalement. Les modèles, cartons, dessins et compositions demeurent en circulation, tandis que d’anciens collaborateurs poursuivent leur carrière en conservant ses procédés et son langage pictural. Durant les années 1695–1710 environ, on voit encore paraître de nombreuses œuvres relevant de son entourage, de son cercle ou de sa tradition directe.
Cette période de continuité explique l’existence de tableaux datables des environs de 1700 présentant une forte proximité stylistique avec Mignard sans pouvoir être attribués avec certitude à sa main. Ces œuvres témoignent de la survie immédiate de son influence et de la vitalité d’un atelier devenu école.
L’héritage de Mignard se prolonge ainsi au tournant du XVIIIe siècle, avant que le goût français n’évolue vers les manières plus brillantes et monumentales de Hyacinthe Rigaud ou plus souples de Nicolas de Largillière. Son atelier demeure cependant l’un des grands foyers artistiques qui assurent la transition entre le classicisme du Grand Siècle et la peinture française du siècle suivant.
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