Par Galerie Alexandre Piatti
Ce petit lion en marbre, d’origine italienne, peut être rattaché à l’époque romane, plus précisément aux alentours du XIIe siècle. Sculpté en ronde-bosse, il ne subsiste aujourd’hui que sous la forme d’une tête fragmentaire, probablement issue d’un ensemble architectural ou décoratif plus vaste.
La représentation du lion s’inscrit dans une tradition iconographique particulièrement répandue à l’époque romane, où cet animal occupe une place centrale. Symbole de force, de vigilance et de puissance, le lion est fréquemment associé à la protection des lieux sacrés. Au Moyen Âge, le lion est ainsi souvent interprété comme une image de justice et de pouvoir, comme en témoigne sa présence dans la décoration des trônes royaux et épiscopaux. On le retrouve aussi dans les portails d’églises, les chapiteaux ou encore les supports architecturaux, où il agit comme une figure apotropaïque destinée à éloigner le mal. Dans le contexte chrétien, il ...
... peut également être interprété comme une image du Christ, incarnant à la fois la résurrection et la souveraineté divine.
Ces sculptures prenaient place sur des édifices religieux ou funéraires, s’inscrivant dans une continuité avec les traditions antiques du décor symbolique. Le lion, souvent représenté de manière partielle — jusqu’au buste ou sous forme de protomé — était employé comme motif décoratif et protecteur. Il participait ainsi à la défense symbolique des espaces sacrés et à la protection du défunt dans le cadre funéraire.
Le traitement stylistique de cette tête reflète pleinement les caractéristiques de la sculpture romane. Loin d’un naturalisme recherché, l’artiste privilégie une stylisation marquée : la tête est construite selon des formes schématiques, avec une forte frontalité et une simplification des volumes. Les yeux, largement ouverts, confèrent à l’animal une expression intense et presque abstraite. La crinière, suggérée par un travail de taille irrégulier et rythmé, encadre le visage et accentue la dimension presque vivante de la figure. La gueule, ouverte et laissant apparaître des crocs saillants, renforce l’impression de tension et de vigilance, accentuant le caractère à la fois protecteur et menaçant de la figure. Tandis que les oreilles, encore visibles malgré les altérations, participent à cette volonté de caractérisation animale, tout en restant stylisées.
Cette simplification formelle, associée à une certaine rigidité et à une construction géométrique des masses, est caractéristique du langage plastique roman. Elle traduit moins une volonté d’imitation du réel qu’une recherche d’efficacité symbolique et visuelle. Le lion n’est pas seulement représenté comme un animal, mais comme un signe porteur de sens. Cependant, la recherche d’expressivité et le dynamisme du modelé annoncent déjà les évolutions gothiques vers une plus grande individualisation des formes.
Ainsi, ce fragment sculpté, bien que modeste, témoigne d’un usage à la fois décoratif, architectural et symbolique. Il s’inscrit pleinement dans le langage visuel de l’art roman, où la stylisation des formes et la force expressive de l’image priment sur le réalisme, au service d’une signification spirituelle et protectrice.
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