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Paires de vases en porcelaine céladon, Paris vers 1760
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Réf : 101634
18 500 €
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
France-Paris
Materiaux :
Porcelaine et bronze
Dimensions :
H. 28 cm
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Franck Baptiste Paris
Franck Baptiste Paris

Mobilier et objets d'art du 16e au 19e siècle


+33 (0)6 45 88 53 58
Paires de vases en porcelaine céladon, Paris vers 1760

Rare paire de vases de forme « Meiping » à couverte verte céladon imitant la jade.
La panse du vase est délicatement moulée et incisée sous la couverte translucide, de fleurs de pivoines et de feuillages stylisés inspirés des céramiques antiques de la période des Song.
Le col du vase et son pied sont enchâssés dans une monture rocaille en accolade d’acanthes en bronze finement ciselée et dorée au mercure.
La monture du col est ornée de deux grandes anses.

Les vases en porcelaine, Chine, province de Zhejiang, fours de Longquan, dynastie Qing, règne de Quianlong (1736-1795).

La monture rocaille en bronze finement ciselée et dorée au mercure, Paris vers 1760.

Bel état de conservation, un fêle sur le corps d’un des deux vases (probablement dû au perçage lors du montage des anses en bronze).

Dimensions : Hauteur : 28 cm

Notre avis :`


Les céramiques importées d’Orient sont très recherchées par l’élite de la noblesse au ...

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... milieu du 18ème siècle car le secret de la porcelaine dure n’est toujours pas connu en Europe.
Parmi les pièces les plus cotés figurent les « céladons » dont les nuances de la couverte imitent la teinte verte translucide de la mythique pierre de Jade.
Réalisées en Chine, sur commande et pour la cour, elles sont de la plus grande rareté, même dans leur pays d’origine.
Un marchand mercier parisien, Lazare Duvaux, va en faire sa spécialité et va importer ces précieuses porcelaines grâce à son important réseau en orient, durant son existence il va même en détenir le quasi-monopole.
Son précieux livre journal nous permet de savoir qu’il en livre une trentaine entre 1748 et 1758, au tarif minimum de 700 livres alors que les vases en porcelaine de Saxe peinent à atteindre la somme de 50 livres.
En Avril 1750, au Marquis de VOYER : Deux morceaux de porcelaine céladon ancienne, représentant une plante avec des feuillages, avec les terrasses dorées d'or moulu, 720 livres
En mai de la même année au Comte du Luc : Deux morceaux de porcelaine céladon à reliefs, avec leurs terrasses dorées, 720 livres.
En janvier 1751 toujours au Marquis du Voyer : Un vase de porcelaine céladon, 960 livres
Les années suivantes il livre des Céladons au prince de Turenne, à la duchesse d’Orléans, au trésorier Mr de Boulogne, à la Dauphine, mais la plus grande cliente de Duvaux fût sans conteste la marquise de Pompadour, qui raffolait de ces porcelaines aux nuances délicates et à qui il livra une quinzaine de pièces en dix ans.
Le document nous apprend aussi que la réalisation des montures en bronze était confiée à l’orfèvre Jean Claude Duplessis.
Toujours en Août 1750 il livre pour la somme exorbitante de 3000 livres deux vases au marquis du Voyer : « Deux gros vases de porcelaine céladon, montés par Duplessis en bronze doré d'or moulu, 3000 l »
Le prix atteint est en partie dû à la taille des vases mais aussi au coût de la monture qui nécessitait la conception d’un dessin puis d’un long travail d’adaptation sur mesure.
Duvaux mentionne pour la date du 6 Avril 1753 avoir livré à la marquise de Pompadour: « Les cercles à contours faits pour six différents morceaux de porcelaine céladon en cuivre doré d’or moulu & deux petits bonnets à feuillages ».
Il mentionne à plusieurs reprises ces « bonnets » qui sont les contours faits pour la partie haute du vase, ce qui est rare et beaucoup plus onéreux que les simples terrasses que l’on rencontre habituellement.
La monture de notre vase est à « terrasse et bonnet », avec un socle rocaille et un col symétrique qui annonce le style rocaille assagit qui apparait vers 1760 et dont Duplessis est un des plus grands représentants.
Conçu en Chine d’après des formes archaïques et monté sur bronze à Paris dans le plus pur style français, notre vase est aux carrefours de l’Europe et de l’Asie.
Il fait partie des rares céladons montés qui nous sont parvenus et représente à nos yeux la quintessence de l’objet d’art sous le règne de Louis XV.

Franck Baptiste Paris

Céramiques, Porcelaines