Par Galerie Lamy Chabolle
Mobilier et objet d'art des XVIIIe, XIXe et XXe siècle
Verre taillé, métal doré.
Nord de l'Italie.
Début du XXe siècle.
58 x 33 cm.
Serge Roche, dans son importante monographie consacrée aux miroirs, relève plusieurs exemples de « plaques de glaces et leurs bras de lumière » semblables, qu’il date de la fin du XVIIe siècle au début du XVIIIe, mais à propos desquels il ne propose aucun centre de production.
Geoffrey Wills, dans une étude antérieure consacrée aux miroirs anglais, avait pourtant identifié ce genre de miroirs comme des productions du règne de Queen Anne. L’apparition de ces « sconces », quelquefois appelés en Angleterre girandoles, s’avère à peu près contemporaine des appliques rocaille qui, en France, dans le second tiers du XVIIIe siècle, flanquent les miroirs à trumeau des salons d’apparat. Ils occupent d’ailleurs la même fonction, celle de multiplier les feux en les réfléchissant dans les glaces, à ceci près que la forme plus mince et plus fonctionnelle des miroirs Queen ...
... Anne leur permet d’orner non seulement les trumeaux, mais encore les recoins et les encoignures. Le Metropolitan Museum conserve une série de quatre miroirs Queen Anne à un bras de lumière, aux glaces très minces et très hautes, conçus pour orner les quatre coins d’une pièce.
Bien qu’ils fassent directement référence aux arts décoratifs du règne de Queen Anne, les présents miroirs, conçus pour être électrifiés, sont des productions probablement nord-italiennes du début du XXe siècle, possiblement inspirées par la diffusion en Italie des arts décoratifs britanniques, c’est-à-dire tant par les revivalisms historicistes que par les lignes sinueuses du mouvement Arts & Crafts.
Voir Geoffrey Wills, English Looking-glasses. A Study of the Glass, Frames, and Makers (1670-1820), Londres, 1967, et Serge Roche, Germain Courage et Pierre Devinoy, Miroirs, Paris, 1985.