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Nécessaire à thé et chocolat en porcelaine et vermeil, Paris vers 1725
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Réf : 83685
Prix sur demande
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
France
Materiaux :
Palissandre, ébène, cristal, vermeil, vernis martin, porcelaine
Dimensions :
l. 39 cm X H. 24 cm X P. 37.5 cm
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Baptiste & Lenté
Baptiste & Lenté

Mobilier et objets d'art du 16e au 19e siècle


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Nécessaire à thé et chocolat en porcelaine et vermeil, Paris vers 1725

Notre rarissime nécessaire est présenté dans son coffret d'origine en bois de violette massif garni de soierie, avec son plateau " à cabaret" en vernis martin rouge à l'imitation de la Chine.
Il comprend quatre tasses "trembleuses »* et leurs sous-tasses, un sucrier et une théière en porcelaine pâte tendre* de St Cloud à décor de "prunus" imitant les porcelaines "blanc de Chine" issues des fours de Dehua.  
Le sucrier et la théière présentent une monture en vermeil très raffinée, avec des fretels imitant des cabosses de cacao.
Six autres pièces en vermeil sont présentes, une chocolatière avec son manche amovible en ébène tourné, quatre cuillères ornées de coquilles et une petite boite à thé.
Ces pièces sont finement gravées d'une couronne comtale barrant la lettre E.
Elles sont toutes poinçonnées, notamment par Léonard DESBOIS, orfèvre reçu maître à Paris en 1725.
Le "moussoir " en bois de buis tourné, avec son manche vissable est bien ...

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... présent, il servait à émulsionner le chocolat en le faisant tourner avec la paume des mains à l'intérieur de la chocolatière. 
Deux flacons en cristal ornés de bouchons en vermeil sont également présents et servaient à contenir les extraits de vanille et différentes liqueurs.
Enfin cinq boîtes en fer blanc dissimulées dans des compartiments sous les tasses servaient à contenir la pâte de cacao et les différentes épices qui agrémentaient le chocolat.

Trés bel état de conservation, coffret vernis au tampon, porcelaine en parfait état, petites restaurations à la laque du plateau.

Travail d’un marchand mercier parisien vers 1725-1735.

Dimensions :
Coffret : Hauteur : 24cm ; Largeur : 39 cm ; Profondeur : 37,5 cm

Nécessaires à thé ou chocolat de marchands merciers dans les collections publiques :

Musée du Louvre : Nécessaire à Thé du Régent (N° inventaire OA 122373)
Musée du Louvre : Nécessaire de la reine Marie Leszczynska offert par le roi Louis XV (N° Inventaire OA 9598 B)

*Porcelaine pâte tendre :
La porcelaine tendre a été produite en France, notamment à St Cloud à partir de 1678 pour imiter la porcelaine blanche chinoise, mais contrairement à cette dernière la pâte ne possède pas de kaolin.
La découverte de cette matière prés de limoges, à Saint-Yrieix en 1767 ou 1768 permettra de produire la véritable porcelaine à pâte dure et signera la fin de cette production.

*Tasse trembleuse :
Une trembleuse, ou tasse trembleuse, est une tasse qui s'emboîte dans sa soucoupe, ce qui permet d’obtenir la stabilité de la tasse.
Elle est à l’origine destinée à contenir du chocolat chaud, ce dernier trés épais, nécessitant d’être remué énergiquement.
Inventée au Pérou à la fin du 17 ème ce type de tasse en argent fut rapporté en Espagne.
Puis, à mesure que la mode du chocolat gagnait l'ensemble des pays d'Europe, la trembleuse est devenue un objet de porcelaine, cette matière absorbant plus la chaleur.
Dès le début du 18 ème siècle elles furent produites non seulement par les manufactures européennes mais aussi en Chine.


Notre avis :
« Marchands de tout faiseurs de rien », c’est de cette manière que Denis Diderot définit le rôle du marchand mercier dans son encyclopédie.
A la fois négociant, importateur, collecteur, designer et décorateur, il ne produit rien conformément aux règles de sa corporation mais il joue un rôle majeur dans l’essor du luxe français au 18ème siècle, en tant que faiseur de mode.
Il assemble les productions de plusieurs artistes, livre des nécessaires mais aussi des meubles issus des plus grands ébénistes, qu’il enrichit de matières précieuses, comme la porcelaine, le bronze ou la laque, qu’il peut faire réaliser sur mesure à Paris ou importer de pays étrangers comme l’Allemagne, la Chine ou le Japon…
Comme pour le nécessaire à thé du Régent ou celui de la reine offert par le roi Louis XV, notre coffret est une livraison des années 1725-1735 d'un marchand mercier parisien.
Pour notre nécessaire notre marchand a fait appel à un ébéniste, à un orfèvre, à un verrier, à un tourneur sur bois, à un gainier et à une manufacture de porcelaine.
Au début du règne de Louis XV seuls quelques grands marchands merciers commercialisaient des nécessaires aussi riches, parmi eux nous pouvons citer Thomas Joachim Hébert (1687-1773), Lazare Duvaux (1703-1758) ou encore Edme-François Gersaint (1694-1750).
Cette précieuse marchandise tout comme la cérémonie du chocolat étaient encore à ce moment là réservés à une élite de la noblesse, ce qui est confirmé par l’armoirie comtale (couronnes à neuf perles) qui orne les pièces en vermeil de notre coffret.
Il est d’ailleurs assez étonnant de rencontrer ce type de couronne barrée d'une simple lettre, comme s'il était évident que cette lettre ne pouvait renvoyer qu'à une seule famille.
Bien que ce ne soit qu'une simple hypothèse nous pensons qu'il pourrait s'agir du Comte d'Evreux, Louis-Henri de La Tour d'Auvergne (Paris, 2 août 1679 - hôtel d'Évreux, Paris, 3 août 1753)
La date correspond, le comte meuble son hôtel d'Evreux (Elysée) à partir des années 1722, surtout il est marié à Marie-Anne Crozat qui est la fille de l'homme le plus riche de Paris, ce dernier, Antoine Crozat (1655-1738) est un des plus grands collectionneurs français du 18ème de porcelaines, d'objets montés …qu’il achète grâce à son immense fortune issue du commerce maritime avec l’Amérique.
Outre la traite négrière, le monopole du commerce avec la Louisiane ou ses plantations de tabac à St Domingue, il fait aussi de la contrebande d’argent avec le Pérou.
Il est en ce début de 18ème siècle un des plus gros importateurs de sucre, de vanille ou de chocolat, qui lourdement taxé est un met royal hors d’atteinte pour le peuple.
Cette denrée fut ramenée en Espagne par les conquistadors.
Chez les Habsbourg d’Espagne, le chocolat « à boire » comme on dit alors, est le breuvage par excellence.
Lorsque la fille de Philippe III d’Espagne, Anne d’Autriche, part épouser le Roi de France Louis XIII, elle ne souhaite pour rien au monde renoncer à la boisson de son enfance ! C’est donc au début du XVIIème siècle, en 1615, grâce à Anne d’Autriche et sa suite espagnole, que le chocolat fait son apparition en France.
Le règne du Roi Soleil voit le triomphe du chocolat à la cour de Versailles. Son épouse, la reine Marie-Thérèse d’Autriche, avait la réputation d’avoir deux passions : "Le Roi et le chocolat".
Ainsi, à Versailles, on en sert tous les lundis, mercredis et jeudis dans les salons de la Cour. Le roi ne partage pas cet engouement et considère le chocolat comme "un aliment qui trompe la faim mais ne remplit pas l'estomac". Pourtant, il popularise sa consommation, et dès 1680, le mot "chocolat" fait son entrée dans le dictionnaire.
Le Régent, Philippe d’Orléans, est grand consommateur de chocolat à boire. Ceux qui ont l’honneur d’être « admis au chocolat » peuvent observer le prince boire son chocolat au réveil.

Baptiste & Lenté

Céramiques, Porcelaines