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Nature morte aux escargots et au lucane - Atelier de Georg Flegel (1566 – 1638)
Nature morte aux escargots et au lucane - Atelier de Georg Flegel (1566 – 1638) - Tableaux et dessins Style Nature morte aux escargots et au lucane - Atelier de Georg Flegel (1566 – 1638) - Art & Antiquities Investment Nature morte aux escargots et au lucane - Atelier de Georg Flegel (1566 – 1638) -
Réf : 95474
VENDU
Époque :
XVIIe siècle
Materiaux :
Huile sur panneau
Dimensions :
l. 59 cm X H. 48 cm
Tableaux et dessins Tableaux XVIIe siècle - Nature morte aux escargots et au lucane - Atelier de Georg Flegel (1566 – 1638) XVIIe siècle - Nature morte aux escargots et au lucane - Atelier de Georg Flegel (1566 – 1638)
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Tableaux anciens, dessins, sculptures, objets religieux


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Nature morte aux escargots et au lucane - Atelier de Georg Flegel (1566 – 1638)

Huile sur panneau. École allemande du début du XVIIe siècle, atelier de Georg Flegel.
Notre composition, figurant un entablement richement garni de victuailles, invite le spectateur à la jouissance esthétique et au questionnement intérieur.
Au premier plan nous voyons le pain, symbole évident de l’aliment le plus basique de l’humanité, il est également la nourriture spirituelle que le Christ donne aux hommes dans l’eucharistie, la liturgie évoquant « le pain sacré de la vie éternelle ». Un lucane grimpant sur la miche de pain annonce la corruption inévitable de la matière. Immédiatement derrière, un römer empli de vin complète la symbolique eucharistique. L’artiste fait preuve de son talent en reflétant la source de lumière sur le bord droit du verre finement ouvragé, en l’occurrence une fenêtre dont on peut distinguer les encadrements. Au fond de la composition, une coupe en porcelaine chinoise accueille des escargots. En sortant et rentrant ...

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... tantôt ses antennes, le gastéropode évoque la notion de régénération cyclique, de mort et de renaissance. Ainsi, ces trois éléments, le pain, le vin et les escargots, convergent pour évoquer l’idée d’un éternel recommencement.
La droite de la composition est dominée par la présence de fruits. La poire, du fait de sa forme évasée vers le bas, évoque la silhouette d’une femme féconde. Derrière, la coupe de pommes livre une signification érotique encore plus évidente. En effet, selon la mythologie, c’est Dionysos qui aurait créé ce fruit pour l’offrir à la déesse de l’Amour, Aphrodite. Dans notre Occident chrétien, la pomme est le fruit de l’arbre de la Connaissance, symbolisant la tentation du péché originel à laquelle succombèrent Adam et Eve. Quelques autres fruits, noix, fraises et cerises, viennent équilibrer la composition en comblant les vides. Une abeille se pose sur l’un de ces fruits. Appelée également « oiseau de Marie » ou « oiseau de Dieu », elle est en Occident le symbole de l’âme. Ainsi les germains parlaient-ils de Bienenweg (« chemin des abeilles ») pour désigner l’air dans lequel flottent les âmes des morts.
Le raffinement de cette table, qui reflète le niveau de vie d’un homme aisé, agit comme un memento mori à destination du spectateur. L’artiste oppose en effet deux groupes d’aliments, celui de gauche ayant trait au Christ et à la régénération promise par l’eucharistie, celui de droite se rapportant à l’univers de la chair et du pêché. La représentation d’insectes permet de projeter l’homme dans cet ensemble symbolique.

Notre peinture est présentée dans un élégant cadre émilien en bois sculpté et doré du XVIIe siècle.
Dimensions : 23,5 x 36 – 48 x 59 avec le cadre

Georg Flegel (1566-1638), natif d’Olmütz, passe sa vie à Francfort où il se spécialise dans les représentations de fruits et de fleurs, collaborant notamment avec les frères Valckenborch dont il est l’apprenti dans les années 1580. Ses œuvres, en général de petite taille, sont destinées à satisfaire les amateurs de peinture de cabinet. Il excelle dans l’art de composer des natures mortes dont les objets semblent disposés accidentellement et où le lucane apparaît de façon récurrente. Seule une observation attentive du spectateur lui permettra de confronter les symboles et ainsi de déceler le message qui préside à l’ordonnancement retenu par l’artiste. Ces artistes allemands, dont fait partie Flegel, accueillent par-delà le Rhin les innovations anversoises relatives à la nature morte. Néanmoins, Flegel se détache de l’influence flamande en figurant des objets plus statiques avec une absence d’ornementation. Il est aujourd’hui considéré comme le chef de file de la peinture allemande de nature morte.

Bibliographie :
- CHEVALIER Jean, Dictionnaire des symboles?: mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres. Paris, Robert Laffont Jupiter, 1982.
- EBERT-SCHIFFERER Sybille, CANAL Denis-Armand, Natures mortesn, Paris, Citadelles & Mazenod, 1999.
- GRIMM Claus, CANAL Denis-Armand, Natures mortes flamandes, hollandaises et allemandes aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Herscher, 1992.
- KETELSTEN-VOLKHARDT Anne-Dore, Georg Flegel 1566-1638, Münche, Deutscher Kunstverlag, 2003.

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