Par Tobogan Antiques
Hauteur avec globe : 80 cm ; Largeur : 25 cm ; Profondeur : 18 cm
Belle paire de lampes en faïence de forme balustre, initialement à pétrole, à décor central d’arabesques et de rinceaux stylisés en rouge ferrugineux sur fond brun manganèse, cerné de cartouches turquoise et bleu cobalt à palmettes et de fleurons symétriques, le tout ceint en partie supérieure et inférieure par une frise de fleurs rouges sur fond bleu. Les anses latérales en applique sont en forme de branches de bambou stylisées dont les feuilles s’épanouissent sur la panse. L’ensemble est enchâssé dans une monture en bronze ciselé et doré composé de frises et tores de laurier enrubannés et repose sur une base finissant par quatre pieds à enroulement surmontés de dés à fleurettes.
Cette paire de lampes s’inscrit dans la production néo-orientaliste et historiciste de la seconde moitié du XIX? siècle. La polychromie dominée par les bleus intenses, le brun profond et les rehauts ...
... rouges s’inscrit dans la redécouverte européenne des céramiques d’Iznik et de la Perse safavide, très en vogue après les Expositions universelles (notamment celles de 1855 et 1867 à Paris). La manufacture Vieillard s’est distinguée par sa capacité à transposer ces modèles orientaux dans une syntaxe décorative adaptée au goût français.
Biographie :
À Bordeaux, la faïence fine connaît un grand développement au début du XIXe siècle, à partir de la création par Boudon de Saint-Amans d’une manufacture qu’il cède rapidement à David Johnston. Celui-ci ouvre une manufacture à Bacalan qui va avoir jusqu’à 700 ouvriers. La production est alors industrielle, avec des décors imprimés aux motifs et couleurs. Jules Vieillard succède à David Johnston, en 1845, et son action est déterminante dans le succès industriel de la manufacture de Bacalan mais aussi dans la qualité artistique d’une production qui fut unanimement célébrée au moment des célèbres Expositions universelles d’où le nom communément donné à ces faïences de « Vieillard ». Dans sa dernière période, Jules Vieillard développe un exceptionnel orientalisme. En 1865 ses fils, Charles et Albert, prennent sa suite sous la raison sociale de Manufacture Jules Vieillard et Cie, et produisent des motifs très variés avec tout spécialement des fleurs et des oiseaux. Cependant, si les décors imprimés ne sont pas complètement abandonnés, leur qualité laisse à désirer. Ils décident alors de renouveler les formes, s’orientant vers des pièces décoratives désormais à la mode comme les lampes, les cache-pots, ou les vases. Quant aux décors, ils connaissent à leur tour une renaissance, grâce à l’arrivée d’Amédée de Caranza vers 1875, un céramiste venu de Longwy, où il y avait lancé dès 1872 ses fameux « Emaux de Longwy », selon un procédé de décor d’émaux cloisonnés. Ses décors veulent alors surtout évoquer l’éclat des objets persans ou japonisants. Parti chez le concurrent bordelais, Longwy ne garde pas longtemps son exclusivité. Caranza, devenu chef d’atelier à la manufacture Vieillard en 1882, qui connaît un nouvel élan, puis la quitte probablement en 1885. L’usine Vieillard ferme en 1895.