Par Tobogan Antiques
Signé MEGEMOND PARIS
Élégant samovar en bronze argenté, composé en partie supérieure d’une verseuse à anse, sommée d’un couvercle à prise finement ouvragée, flanquée de becs verseurs zoomorphes de chaque côté, participant ainsi à l’équilibre visuel de l’objet. La panse est ornée d’un médaillon chiffré suggérant une commande aristocratique ou bourgeoise entouré dans un cartouche à bords découpés et relié aux becs par un drapé à bords festonnés. Elle est posée sur un support composé de montants courbes en volutes, reliés par des entretoises ornées de motifs d’entrelacs et de mascarons féminins, et finissant par des volutes intégrées dans un plateau à pans découpés, sur lequel est surélevée sur une plateforme à gradins le réservoir de forme circulaire, permettant le maintien de l’eau chaude.
L’ensemble repose sur un plateau en bronze argenté à miroir de forme chantournée au contour mouluré de joncs de laurier réalisé ...
... par l’orfèvre Boin-Taburet.
Le samovar est un récipient destiné à la préparation et au maintien de l’eau chaude pour le thé. D’origine russe, ce dispositif apparaît au XVIII? siècle dans les centres métallurgiques de Toula et se diffuse rapidement en Europe occidentale comme objet à la fois utilitaire et de prestige. Dans sa version occidentalisée du XIX? siècle, notamment en France sous le Second Empire, le samovar se transforme en pièce d’apparat intégrée aux services à thé aristocratiques. Il conserve sa fonction thermique, réservoir central chauffé par un foyer interne ou un réchaud, tout en devenant un véritable manifeste du savoir-faire orfévré.
Biographie :
Les produits de la maison Joseph Mégemond, située passage des Petites Ecuries, ont plusieurs fois obtenus des distinctions honorifiques, une médaille d’argent à l’Exposition Universelle de 1878, une médaille d’or (prix d’honneur) en 1880 et une médaille d’or (prix d’excellence) en 1887. Il insculpa de 1863 à 1888, année du rachat de son entreprise d’argenture par Paul Canaux.
Les deux orfèvres français Georges Boin et son gendre Emile Taburet créent à Paris la Maison Boin-Taburet vers 1875. Ils réalisent de nombreuses pièces d’orfèvrerie inspirées des magnifiques services du XVIIIème siècle. A l’Exposition Universelle de Paris en 1878, Georges Boin présente un service de toilette inspirée de l’oeuvre de François-Thomas Germain (1726-1791), puis à l’Exposition Universelle de 1889, plusieurs surtouts de table, dont l’un d’eux exécuté d’après les dessins du célèbre ornemaniste Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750), ainsi que des services à thé de style Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. La Maison Boin-Taburet y présente également une soupière et son plateau d’après Pierre Germain (1645-1684) pour le Jockey-Club, installé rue Scribe en 1863. Par ses somptueuses manifestations aux différentes Expositions Universelles, la Maison Boin-Taburet va ainsi contribuer à la renaissance des styles du XVIIIème siècle.