Par Tobogan Antiques
Beau tableau représentant une scène de vie familiale dans un intérieur idéalisé pompéien, avec des panneaux muraux typiques du Quatrième style, encadrant des scènes mythologiques comme une Vénus dans une coquille, des frises de personnages défilant, des chimères. Allongés sur un lit, un couple se repose, devant lequel deux enfants nus sur une somptueuse peau de léopard et une jeune fille jouent innocemment aux osselets, un passe-temps antique très populaire souvent documenté dans l’art romain. À gauche, un jeune garçon brandit un imposant masque de théâtre grotesque, provoquant l’aboiement d’un petit chien. Une servante, debout à gauche, une coupe de fruits, symbole d’abondance et de raffinement.
Cette œuvre est un exemple parfait de la peinture académique du XIXe siècle, et plus particulièrement du mouvement néo-grec (ou « style pompéien »). Fortement influencé par les découvertes archéologiques de Pompéi et d’Herculanum, Coomans s’est ...
... spécialisé dans la représentation idéalisée et anecdotique de la vie domestique antique. Loin des grands récits héroïques ou mythologiques, le peintre offre ici une scène de genre intime, célébrant l’otium (le temps de loisir) romain.
Biographie :
Pierre-Olivier-Joseph Coomans (1813-1889) est un peintre de genre et d’histoire belge, formé par Nicaise de Keyser et le baron Wappers à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers. En 1843, la reine Louise-Marie d’Orléans l’envoie en Algérie pour suivre l’armée française en Kabylie. Il y rencontre le peintre militaire Horace Vernet. Ses trois séjours en Algérie (1843, 1844 et 1845) introduisent l’orientalisme dans son œuvre. Il est récompensé d’une médaille de vermeil au Salon de Bruxelles de 1848 pour Dernière charge d’Attila à la bataille de Châlons-sur-Marne.
En 1855, il se fixe dans les environs de Naples et les fresques romaines de Pompéi lui font progressivement abandonner l’orientalisme au profit de scènes romantiques napolitaines, puis d’un nouveau genre dit « style pompéien ».
En 1860, il se fixe à Paris et évolue alors vers un classicisme académique. D’octobre 1888 à juin 1889, il séjourne à Philadelphie et à New York, y peignant surtout des portraits.
Bibliographie :
J. Girard de Rialle, À travers le Salon de 1863, Paris, 1863, pp.63-64 ;
Explication des ouvrages de peinture […] exposés au palais des Champs-Élysées le 1er Mai 1863, Paris, 1863, p. 57, n°452.