Par Tobogan Antiques
Belle paire de jardinières en bronze ciselé et doré de forme ovale, à doublure intérieure lisse. Elles sont ornées en relief, et mises en valeur par un subtil jeu de bruni et d’amati, de rinceaux feuillagés, enroulements asymétriques, coquilles et agrafes structurant la composition selon un rythme symétrique centré. Au centre se détachent deux amours ailés, traités en ronde-bosse, enlacés dans un geste tendre. Leur modelé souple, chairs pleines, visages aux traits arrondis, chevelures bouclées, témoigne d’une volonté de naturalisme tempérée par l’idéalisation académique. Une seconde paire d’amours, disposée en pendant répètent le même geste. Ils surmontent un médaillon représentant Vénus. Les anses latérales, ajourées et asymétriques, se déploient en larges volutes végétales, peuplées de fleurs et de feuillages, dans un esprit clairement rocaille. Le piètement, formé d’enroulements feuillagés reposant sur de petits appuis discrets, ...
... confère à l’ensemble une légèreté visuelle malgré la densité du décor.
Le vocabulaire décoratif emprunte au style Louis XV pour la dynamique des lignes et l’abondance des rinceaux, tandis que la composition générale, strictement axiale et équilibrée, révèle une rationalité héritée du néoclassicisme. Cette synthèse est caractéristique des productions de bronziers parisiens du XIX? siècle, dans le contexte du goût pour le XVIII? siècle ravivé sous le Second Empire.
Le thème des amours renvoie à une iconographie d’origine antique, réinterprétée à la Renaissance puis largement diffusée dans les arts décoratifs français. Symbole d’amour, d’abondance ou de félicité domestique, leur présence est particulièrement adaptée à une jardinière, objet associé à la culture des fleurs et à l’ornement des intérieurs bourgeois. Destinée à recevoir des compositions florales, des plantes d’ornement ou de fruits, ces jardinières relevaient d’un mobilier d’apparat, probablement conçue pour un salon ou un boudoir. Elle témoigne du goût pour les pièces spectaculaires, à la fois utilitaires et sculpturales, qui participaient à la mise en scène du luxe domestique.
Biographie :
Henri Picard (actif 1831-1864), doreur et bronzier, s’installa à Paris, au 6 rue de Jarente de 1831 à 1839 ; puis, au 10 rue de la Perle de 1840 à 1864. Il réalisa la dorure des Petits Appartements de Napoléon III au Palais de Louvre. Il exécuta des œuvres très diverses, comme un encrier Japonisant, ou des centres de table de style Pompéien. Henri Picard gagna sa réputation pour la grande qualité de ses jardinières et garnitures de cheminée.
Retrouver le mobilier ou les objets d''art similaires à « H. Picard, paire de Jardinières "aux Amours", France circa 1860 » présenté par Tobogan Antiques, antiquaire à Paris dans la catégorie Cassolettes, coupe et vase Napoléon III, Objet de décoration.