Par Jan Muller
ERASMUS QUELLINUS et son atelier
1607 - 1678
« Thétis reçoit l'armure d'Achille des mains de Vulcain »
Huile sur toile
Dimensions : 45 x 53 cm, 58 x 65 cm (avec cadre)
Accompagné d’un certificat du Dr Jean-Pierre De Bruyn.
Provenance :
Collection du duc Roger de Bauffremont (et prince de Condé)
Collection François Nieuwenhuys (1881)
Bibliographie : Haverkamp Begemann p. 114 4a
L’ARTISTE
Erasmus Quellinus II fut l’un des peintres flamands les plus importants du XVII? siècle et une figure majeure de la vie artistique anversoise après la mort de Rubens. Formé par son père, puis étroitement associé à Peter Paul Rubens dans les années 1630, Quellinus devint un artiste extrêmement prolifique : peintre, dessinateur, graveur et concepteur. Son œuvre couvre un large éventail de genres, allant de la peinture d’histoire et des compositions religieuses aux allégories, portraits, scènes de bataille et cartons de tapisseries.
Bien que profondément ...
... marqué par le style dynamique de Rubens, Quellinus développa un langage plus classique et plus sculptural, souvent nourri de références philosophiques et humanistes. Cette alliance de grandeur formelle et de rigueur intellectuelle constitue l’un des fondements de son œuvre de maturité. Il joua également un rôle central dans les grandes commandes publiques et cérémonielles à Anvers et fut réputé pour ses nombreuses collaborations avec d’autres artistes et ateliers locaux.
Sa formation philosophique mentionnée par son fils Jan Erasmus dans les marges du Het Gulden Cabinet contribua à façonner ses récits visuels, caractérisés par une clarté classique et un équilibre compositionnel maîtrisé.
L’ŒUVRE
Cette élégante composition mythologique représente un épisode clé de l’Iliade : la déesse Thétis reçoit du dieu Vulcain (Héphaïstos) l’armure nouvellement forgée destinée à son fils Achille. Ce moment marque le retour du héros au combat après la mort de son compagnon bien-aimé Patrocle. Dans la scène, Vulcain présente le bouclier d’Achille, assisté de son épouse Charis, tandis que des putti, des nymphes marines et des trophées guerriers entourent les figures dans un décor théâtral évoquant une grotte.
La composition est très proche du traitement célèbre de ce sujet par Rubens, notamment des versions aujourd’hui conservées à Pau et à Rotterdam. Fidèle à la manière de Quellinus, la scène est encadrée par des éléments architecturaux et sculpturaux ici, des figures latérales de Zeus (accompagné de l’aigle) et d’Héra (avec le paon) créant l’illusion d’une niche de marbre ou d’un retable monumental.
Si le groupe central reprend les modèles rubéniens dans la pose et l’agencement des figures, le traitement des corps, la palette plus claire et le mouvement plus mesuré traduisent l’approche classicisante propre à Quellinus.
Ce sujet connut une grande popularité au XVII? siècle, car il permettait aux artistes de réunir dans une seule œuvre la mythologie, l’intervention divine et une sensualité raffinée, au sein d’une composition richement symbolique.
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