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Chocolatière en porcelaine. Meissen vers 1740
Chocolatière en porcelaine. Meissen vers 1740 - Céramiques, Porcelaines Style Chocolatière en porcelaine. Meissen vers 1740 - Subert Chocolatière en porcelaine. Meissen vers 1740 - Antiquités - Chocolatière en porcelaine. Meissen vers 1740
Réf : 123586
8 000 €
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
Allemagne
Materiaux :
Porcelaine, métal doré et bois
Dimensions :
L. 16.5 cm X l. 24.5 cm X H. 20 cm
Poids :
0.92 Kg
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Subert
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Antiquaire Généraliste


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Chocolatière en porcelaine. Meissen vers 1740

Chocolatière en porcelaine
Meissen, vers 1740
Dimensions : hauteur 20 cm × 24,5 cm × 16,5 cm
Poids : 920 g
État de conservation : parfait, à l’exception d’une légère fêlure due à la chaleur affectant la base et une petite portion de la partie inférieure du corps. Cette fêlure est recouverte d’une fine couche de biscuit appliquée sur le fond. On note également un léger éclat sur le couvercle.

La chocolatière présente un corps cylindrique cannelé, épaulé, surmonté d’un col court et cylindrique s’ouvrant sur une embouchure circulaire. Le couvercle, également cannelé, s’insère sur celle-ci ; il est doté d’une base plane et d’un bord bombé. Le motif en relief à cannelures se déploie sur l’épaulement et sur toute la surface du corps, qui repose sur une base plane non émaillée. Juste sous l’épaulement s’élève le bec verseur tubulaire, animé et mouluré à la base, tandis qu’un élément en rocaille se développe sur le flanc ...

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... du récipient, supportant un long manche en bois tourné.
Divers éléments métalliques ornent l’ensemble. À l’extérieur du couvercle se trouvent la poignée et l’orifice d’aération, qui permet également d’introduire une tige pour mélanger le chocolat. À l’intérieur, trois éléments flexibles maintiennent le couvercle fixé au récipient lorsqu’il est posé dessus. Le manche en bois tourné, orné d’une fine plaque de laiton gravée, s’insère dans la porcelaine.

Le décor polychrome et doré comporte un motif floral dans les tons de rose pourpré, d’orange et de vert clair, se déployant sur toute la surface. Sous la base apparaît la marque bleue aux épées croisées, à peine lisible.

Le motif floral de ce décor dérive du Tischchen-Muster (« motif de la petite table ») et s’inspire clairement des porcelaines japonaises Imari et Kakiemon. Cet ornement était typiquement utilisé pour les porcelaines destinées au service de chocolat, de thé et de café. Ce type de décor se développa dans les premières années de la production de porcelaine européenne, parallèlement à la vogue des porcelaines japonaises d’Arita ou d’Imari, inspirées des œuvres de Sakaïda Kakiemon et en harmonie avec les motifs décoratifs chinois. La manufacture de Meissen fut parmi les premières à adopter ce style de manière originale, réinterprétant les motifs orientaux (astres, pivoines, chrysanthèmes) grâce à une palette chromatique comprenant un rouge de fer ardent, du violet, du jaune et deux nuances de vert, associés au bleu intense sous couverte et à l’or qui le rehaussait.

L’œuvre peut être attribuée avec certitude à la manufacture saxonne de Meissen, comme en témoigne la marque aux épées croisées sous la base. En général, la morphologie des chocolatières présente des parois lisses ou verticalement cannelées. Notre exemplaire trouve des parallèles dans d’autres pièces de dimensions et de décor similaires, telles que la chocolatière en porcelaine dure du Victoria and Albert Museum, ornée de fleurs orientales en pourpre (inv. C.114&A-1911), datable entre 1760 et 1770, ou encore la chocolatière du Metropolitan Museum of Art de New York, décorée de fleurs de pomme de terre (inv. 94.4.299), datable des années 1740. La forme du bec verseur et du manche en porcelaine rappelle également celle d’une chocolatière datée entre 1735 et 1740, conservée elle aussi au MET (inv. 42.205.136a, b), présentant de petites fleurs de style oriental sur fond vert d’eau. La forme cannelée caractérise également un exemplaire orné d’un décor monochrome pourpre de la Collection Cagnola à la Villa Cagnola, daté de 1770 (L. Melegati, in AAVV, La Collezione Cagnola. II. Le arti decorative. Arazzi – Sculture – Mobili – Ceramiche, Busto Arsizio 1999, p. 258, n° 94). Enfin, une chocolatière à décor de chinoiseries, proche de la nôtre par sa structure morphologique, est conservée dans la collection David à Copenhague et datable entre 1735 et 1750 (E. Lassen, Davids Samling, Meissen porcelæn / Die Sammlung David, Meissen Porzellan, Copenhague, 1985, p. 100, n° 34).

La chocolatière présente un riche décor d’or appliqué sur l’ornement bleu sous couverte, mettant en valeur le dessin et enrichissant l’esthétique de l’œuvre. L’usage de l’or pour décorer les pièces était particulièrement caractéristique des premières années de la manufacture, lorsque les peintres Hausmaler, qui achetaient des pièces blanches ou simplement décorées en bleu sous couverte, y ajoutaient des ornements, principalement en or. Dans la chocolatière ici étudiée, toutefois, l’or est réservé aux parties en bleu sous couverte, tandis que la décoration polychrome est sûre, bien définie et cohérente avec la qualité de l’œuvre.
La technique d’application de l’or et la proximité stylistique avec le peintre Hausmaler F. J. Ferner suggèrent une datation postérieure à 1730, période où la manufacture commença à limiter la vente de pièces non finies afin de faire face au nombre croissant de peintres externes. On peut supposer que, dans les années 1740, les décorateurs travaillaient sur des produits finis ou présentant des défauts, achetés dans les stocks de revendeurs.
Cependant, la décoration et l’or semblent contemporains : les bordures, le couvercle, les lignes de démarcation des métopes et certaines parties des bouquets peints en bleu cobalt sous la glaçure indiquent que le dessin des bordures avait été défini au moment de la cuisson de la glaçure.
L’interaction, particulièrement élaborée et précise, entre le bleu sous couverte et l’or permet de penser que cette pièce était destinée dès l’origine à être considérée comme une œuvre précieuse. Ses dimensions, le raffinement des matériaux et le travail du métal confirment cette interprétation.

Bibliographie
Melegati L., in AAVV, La Collezione Cagnola. II. Le arti decorative. Arazzi – Sculture – Mobili – Ceramiche, Busto Arsizio, 1999 ;
Lassen E., Davids Samling, Meissen porcelæn / Die Sammlung David, Meissen Porzellan, Copenhague, 1985.

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Céramiques, Porcelaines