Par Cristina Ortega & Michel Dermigny
Arts de la Chine et du Japon
Ce bougeoir portatif, dit rat de cave, caractéristique du XIX? siècle, a été réalisé en bronze à deux patines, l’une sombre pour le personnage, l’autre dorée au mercure pour la bobèche et le plateau. Le manche allongé dont la dorure est patinée à force d' usage, permettait de transporter la flamme d’une pièce à l’autre, pratique commune avant l’éclairage au gaz et à l’électricité. Ici, la fantaisie et l’ironie dominent : un petit démon allongé, visage grimaçant, porte sur son dos la bobèche, sa queue venant s’enrouler autour du socle.
Cet objet s’inscrit dans une tradition décorative du XIX? siècle marquée par un goût pour la caricature, l’étrange et le grotesque. Après le succès du Faust de Goethe (traduit et mis en scène en France dès les années 1820), Méphistophélès devient une figure récurrente dans les arts décoratifs. Sculptures de cheminée, encriers, chandeliers et bougeoirs adoptent volontiers la forme de diables ou ...
... de satyres. Le Second Empire et les premières décennies de la Troisième République raffolent de ce type de “diableries” : bronziers, fondeurs et ciseleurs rivalisent d’imagination pour produire des pièces où le démon se fait joueur, complice ou serviteur domestiqué.
On retrouve des parallèles dans les productions de maisons comme Barbedienne ou les ateliers d’orfèvrerie qui éditaient des "objets de fantaisie" destinés à une clientèle bourgeoise cultivée, sensible au théâtre et à la littérature romantique. Ces petits bronzes de table ou de cheminée servaient aussi de curiosité dont on aimait bavarder. Leur diffusion répondait aussi à une vogue plus large: caricatures de Grandville ou Daumier, représentations du sabbat ou de l’enfer dans l’illustration populaire, sans oublier les opéras Faust de Gounod, 1859 qui nourrissaient un imaginaire commun autour du pacte diabolique.
Le présent exemplaire, dans sa version originale (il en existe des ré éditions) et complète avec la queue du démon formant cercle, illustre parfaitement cette veine. Entre objet utilitaire et sculpture d’esprit, il témoigne de ce goût XIX? pour les diableries domestiquées : le diable n’est plus figure de peur, mais motif ironique et ornemental, intégré au quotidien des intérieurs bourgeois.
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