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Benedetto Luti (Florence, 1666 - Rome, 1724) - La malédiction de Caïn 1692
Benedetto Luti (Florence, 1666 - Rome, 1724) - La malédiction de Caïn 1692 - Tableaux et dessins Style Louis XIV
Réf : 76151
17 000 €
Époque :
XVIIe siècle
Provenance :
Provenance : Collection du vicomte Villain XIIII, Sotheby’s Parke Bernet London, 11 juin 1981, p. 11
Materiaux :
Pierre noire, incisé, le verso passé à la sanguine pour le transfert.
Dimensions :
l. 31 cm X H. 48 cm
Galerie Tarantino
Galerie Tarantino

Archéologie, tableaux et dessins anciens


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Benedetto Luti (Florence, 1666 - Rome, 1724) - La malédiction de Caïn 1692

Le dessin est relié au tableau conservé à Kedleston Hall, Derbyshire, Viscount Scarsdale, The National Trust, inv. KED/P/155 (Huile sur toile, 305 x 198 cm, FIG. 01) réalisé par Luti a Rome en 1692, Exposé au public lors de la fête de saint Bartholomé (24 août) puis envoyé à Florence à Giovan Niccolò Berzighelli au titre de remerciement pour le soutien apporté par ce dernier au jeune peintre encore âgé de vingt-six ans.
Ce parcours est documenté par un échange de lettres avec le maître Anton Domenico Gabbiani en septembre et décembre de cette année. Le tableau fut successivement exposé à Santissima Annunziata à Florence en 1705, acheté par Ignazio Hugford à la vente Berzighelli dans le Casino de San Marco, qui fut la demeure florentine du gentilhomme pisan en septembre 1724.
Hugford, dans la Vita di Anton Domenico Gabbiani pittor fiorentino (1762), parle de ce tableau en des termes extrêmement enthousiastes et non désintéressés rappelant entre-autre la petite friction avec Maratti au moment de la publication de l’œuvre pour sa remarquable qualité et le jugement admiratif de Conca qui le vit dans la maison florentine du collectionneur en 1732. Hugford exposa à nouveau l’œuvre à Santissima Annunziata en 1729 avec la toile faisant « pendant » représentant Le Repas chez le Pharisien (également à Kedleston Hall, Derbyshire, Viscount Scarsdale, The National Trust, inv. KED/P/156) et nous informe que les deux tableaux “Furono poi intagliati in Venezia da Giuseppe Wagner per suo negozio nel 1750. co’ disegni del Cipriani mio giovane, e dopo pochi anni, non solo i due quadri del Luti, ma ancora i detti rami passarono in Inghilterra”.
Les recherches sur la décoration et la formation de la collection de Kedleston Hall ont permis de préciser la date d’acquisition de La Malédiction de Caïn par Sir Nathaniel Curzon en 1757 auprès du marchand William Kent. Une fois arrivés à Kedleston les deux tableaux furent disposés, dans le projet de décoration de James “Athenian” Stuart, sur les côtés d’une niche de la salle à manger, comme le prouve une aquarelle de l’architecte conservée à Kedleston (Design for the decoration of the end wall of a state room, 1757-1758, Plume et aquarelle, Kedleston Hall, The Scarsdale Collection, KED/1/10-1) mais à la suite d’un changement de décor ils furent déplacés sur deux parois de du grand salon où ils se trouvent encore aujourd’hui, selon les indications de Robert Adam, architecte et décorateur de Kedleston entre 1758 et 1765.
Le premier à publier des dessins reliés à l’œuvre fut Francis H. Dowley (1962), qui reconnut une filiation avec le maître Gabbiani, et en particulier avec le tableau d’autel représentant Le Triomphe de Saint François de Sales réalisé pour l’église florentine des Santi Apostoli en 1685. Il existe au moins trois dessins reliés à cette composition entière : un à la sanguine sur papier blanc, mm 338 x 229, Providence/R.I., Museum of Art, Rhode Island School of Design, Gift of Mrs. Gustav Radeke, 20.435 (FIG. 02); un à la sanguine, aquarelle et rehauts de blanc, mm 502 x 330, passé chez Piasa, Paris 23 Jan 2001, no 33 (FIG. 03); et la présente feuille provenant de la vente Old Master Drawings, Sotheby’s Parke Bernet & Co., London, 11 June 1981, no. 19.
Ce de dessin est intéressant pour deux raisons : la première est la présence d’un certain nombre de variantes et de repentirs par rapport aux deux autres cités ainsi qu’au tableau final. La seconde réside dans le fait que le verso soit uniformément préparé à la sanguine en vue d’un transfert, confirmé par de nombreuses incisions révélées à la faveur d’une lumière rasante le long des profils et des lignes principales à la pierre noire.
Pour ce qui concerne le premier point, l’on remarque les différences suivantes par rapport au tableau : l’absence d’un ange sur le nuage au sommet de la composition, l’auréole triangulaire de Dieu le Père, la coiffure de ce dernier, le repentir de la jambe droite de l’un des anges du groupe en haut à gauche, les diverses modifications des ailes de l’ange au centre, l’absence du paysage et de l’autel sacrificiel. Toutes ces variantes, alliées à la fluidité synthétique du trait, conduisent à considérer la feuille comme une étude préparatoire autographe.
Pour ce qui concerne le second point, la préparation technique pour le transfert et la présence d’incisions ne laissent aucun doute quant à l’utilisation de ce dessin pour la réalisation d’un autre plus fini et plus détaillé à la sanguine que l’on ne peut identifier avec aucune des deux feuilles citées en raison de dimensions différentes.
Pour les raisons évoquées, ce dessin est à considérer comme le témoignage le plus ancien de l’élaboration du tableau de Kedleston Hall. Bien qu’il faille envisager la réalisation d’études de détails (non parvenus mais à relier à l’abondante production « lutienne » d’académies de nus virils dont le Gabinetto dei Disegni e delle Stampe delle Gallerie degli Uffizi conserve de nombreux exemples) même dans ce dessin persistent certains détails d’étude comme, au-delà des repentirs déjà évoqués, le visage en raccourci de l’angelot près de la main droite de Dieu le Père, où l’on voit la croix formée par la ligne médiane du visage et par celle des yeux. Les dessins dérivés lors de la moitié du XVIIIe s. par Giovan Battista Cipriani pour les estampes ne sont pas connus mais les gravures de Wagner le sont, présentant toutes les indications : celle avec la Malédiction de Caïn est intitulée : “Quid fecisti? Vox sanguinis fratris tui clamat ad me de terra” (Gen 4, 10-11) et sous-titrée : “Eques Bened. Lutti Florent Pin 1691 Alt palm Rom 13.6 Lat. p. 8.8 - Io Bapt. Cipriani delin Florentie 1746 - G. Wagner Sculp Venezia con Privileg.o dell’Ecc.mo S.” (pour un exemplaire, voir Roma, Istituto Nazionale per la Grafica, FC 4787 volume 26M20, FIG. 04). Il faut encore signaler la gravure de Philipp Andreas Kilian pour l’Index Chalcographicarum Historiam Veteris et Novitestamenti, 1758, CXXXVIII.

Galerie Tarantino

Dessin, Aquarelle & Pastel Louis XIV

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