Présentée par la Maison Caillebotte pour la Ville de Yerres et placée sous le commissariat de Valérie Dupont-Aignan, l’exposition « La nature n’est pas un décor » invite le visiteur à parcourir une vision sensible et contemporaine du paysage. À travers un dialogue entre peinture historique et création actuelle, le parcours explore la manière dont les artistes perçoivent, ressentent et traduisent les forces profondes de la nature.
Le projet a été imaginé à l’occasion du centenaire de la disparition de Claude Monet. Ses œuvres sont mises en regard avec celles d’artistes contemporains ayant déjà exposé à la Maison Caillebotte et entretenant un lien particulier avec ce lieu chargé d’histoire. Tous partagent une même approche : saisir la nature dans sa dimension sensible, révéler les phénomènes invisibles qui l’animent et transformer l’expérience du regard en expérience picturale.
L’exposition rassemble près de soixante œuvres de Claude Monet, Jacques Truphémus, Markus Lüpertz, Érik Desmazières, Ma?gorzata Paszko, Evi Keller, Charlotte de Maupeou, Ronan Barrot et Youcef Korichi.
Consacrer une exposition au paysage à la Maison Caillebotte s’inscrit naturellement dans l’histoire même du domaine. Au XIX? siècle, la propriété fut celle de la famille Caillebotte. Le parc devint alors un véritable atelier à ciel ouvert pour Gustave Caillebotte, qui y observa et peignit les variations de la nature.
Claude Monet, proche du peintre, fréquenta également les lieux. L’atmosphère du jardin et la présence de l’eau marquèrent son imagination. Quelques années plus tard, à Giverny, ces souvenirs contribuèrent à nourrir la conception de son célèbre bassin aux nymphéas et de sa passerelle japonaise.
Le domaine constitue lui-même un paysage à part entière. Le parc, aménagé « à l’anglaise » en 1824 après l’acquisition de la propriété par Pierre-Frédéric Borrel, a été pensé comme une promenade ponctuée de fabriques décoratives. Vallonnements, rocailles et perspectives y composent un décor pittoresque dans l’esprit romantique du début du XIXe siècle, animé par la présence de la rivière Yerres.
Installé au bord du bassin de son jardin à Giverny, Claude Monet entreprend une recherche picturale qui transformera profondément l’histoire de la peinture. Avec les Nymphéas, il ne cherche plus seulement à représenter un paysage : il en capte la lumière, les reflets et les vibrations.
Peu à peu, l’espace pictural se transforme. La toile cesse d’être une simple fenêtre ouverte sur le monde pour devenir un espace immersif où le regard du spectateur se perd dans la matière et la lumière. La nature y apparaît comme un champ d’expériences visuelles, mouvantes et presque abstraites.
Par cette approche radicale, Monet ouvre de nouvelles perspectives à la peinture moderne et inspire plusieurs générations d’artistes.
Le parcours de l’exposition se déploie à travers neuf salles, chacune consacrée à un artiste contemporain dont le travail entre en résonance avec les interrogations ouvertes par Monet.
Le paysage y est envisagé dans un sens élargi. Il peut être rural, urbain, intime ou monumental, mais demeure toujours un espace d’expérience sensorielle.
Les profondeurs telluriques d’Evi Keller, la peinture silencieuse de Jacques Truphémus, les références à l’histoire et à la mémoire chez Markus Lüpertz, les atmosphères suspendues de Ma?gorzata Paszko ou encore la perception aiguë du monde chez Youcef Korichi dialoguent ainsi avec les Nymphéas de Monet.
S’y ajoutent les paysages gravés d’Érik Desmazières, l’intensité chromatique de Charlotte de Maupeou et la puissance picturale de Ronan Barrot. Malgré la diversité des styles, ces œuvres partagent une même liberté face à la nature et à sa représentation.
Exposition temporaire :
Du 8 mai au 10 octobre 2026
Lieu : Maison Caillebotte, 8 rue de Concy - 91330 Yerres
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