Par Poisson et Associés
Peintures, sculptures et objets d'art du XVe au XVIIe siècle
La Vierge se tient debout, le corps animé d’un léger hanchement. Elle est coiffée d’une haute couronne ajourée à fleurons. Son visage ovale, au front haut, est encadré d’une chevelure aux longues mèches bouclées et dorées qui descendent sur les épaules. Les traits sont fins : yeux en amande, nez droit, petite bouche, joues soulignées de rose. Ils traduisent la douceur recueillie propre aux Vierges du gothique tardif.
Elle est vêtue d’une robe rouge au col rond et d’un ample manteau doré à revers bleu azur, dont un pan recouvre la tête en forme de voile. Le drapé, aux plis profonds et cassés, s’enroule devant le corps et s’achève en un large mouvement d’étoffe sur la base. Ce traitement caractérise la sculpture d’Allemagne méridionale du dernier quart du XVe siècle.
La Vierge présente l’Enfant Jésus nu, porté à l’horizontale contre sa poitrine. Il a la tête couverte de boucles serrées. D’une main il saisit le voile de sa mère, ...
... de l’autre il tient le globe, symbole de sa souveraineté sur le monde. Cette composition vivante, qui allie tendresse maternelle et affirmation de la royauté du Christ, se rencontre fréquemment dans les ateliers souabes et franconiens de la fin du Moyen Âge.
Le dos est évidé, ce qui indique que l’œuvre était destinée à être vue de face, dans une niche ou au sein d’un retable. Dans cette région, les sculpteurs travaillaient le plus souvent le tilleul : le chêne est plus rare et fait de cette Vierge une œuvre singulière.