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Pendule de cheminée d'époque Empire, signée Mesnil à Paris
Pendule de cheminée d'époque Empire, signée Mesnil à Paris - Horlogerie Style Empire Pendule de cheminée d'époque Empire, signée Mesnil à Paris - Richard Redding Antiques
Réf : 129687
35 000 €
Époque :
XIXe siècle
Signature :
Mesnil à Paris
Provenance :
France
Materiaux :
Bronze
Dimensions :
l. 51 cm X H. 55 cm X P. 13.5 cm
Horlogerie Pendule - Pendule de cheminée d'époque Empire, signée Mesnil à Paris XIXe siècle - Pendule de cheminée d'époque Empire, signée Mesnil à Paris
Richard Redding Antiques
Richard Redding Antiques

Pendules et objets d'art d'exception XVIIe-XIXe siècle


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Pendule de cheminée d'époque Empire, signée Mesnil à Paris

Très belle pendule de cheminée d’époque Empire en bronze ciselé et doré et marbre gris veiné, mouvement de huit jours de marche par Mesnil à Paris, boîtier remarquable par André-Antoine Ravrio, cadran en émail blanc signé « Ravrio/ Bronzier à Paris /Mesnil hr »
Le cadran à chiffres romains est muni d’une belle paire d’aiguilles Breguet en acier bleui pour les heures et les minutes. Le mouvement est à échappement à ancre et suspension à fil de soie, avec sonnerie des heures et des demi-heures sur un timbre unique et roue de compte extérieure. Le mouvement est logé dans une base rectangulaire surmontée de la figure d’Hébé, le pied gauche posé sur la base à côté d’une aiguière, la jambe droite passant au-dessus du côté droit du cadran. À demi drapée, les cheveux relevés et noués d’un ruban, elle tend une coupe de la main gauche tout en regardant vers sa gauche l’aigle de Jupiter, dont elle caresse la tête ; l’aigle, les ailes ...

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... déployées, lève les yeux vers elle. Sous le cadran, une guirlande de fleurs et de feuillages nouée de rubans semble soutenue par deux figures ailées à l’antique, agenouillées de part et d’autre. La base, ornée d’une frise de feuilles lancéolées, repose sur un socle rectangulaire en marbre gris veiné soutenu par des pieds toupie.
Paris, vers 1810
Hauteur 55 cm, largeur 51 cm, profondeur 13,5 cm.
Plusieurs exemplaires de cette magnifique pendule sont connus, dont l’un se trouve aujourd’hui au Petit Trianon et un autre au château d’Arenenberg. Comme l’indique le cadran lui-même, le boîtier fut réalisé par l’éminent bronzier André-Antoine Ravrio (1759-1814), tandis que le mouvement est l’œuvre de Mesnil à Paris ; leurs deux noms se retrouvent associés sur d’autres pendules tout aussi somptueuses. Le boîtier représente Hébé, déesse grecque de la jeunesse, fille de Jupiter et de Junon selon le mythe, qui épousa Hercule après son ascension sur l’Olympe. Servante des dieux, elle fut leur échanson jusqu’à ce que Jupiter enlève Ganymède, qui lui succéda dans ce rôle.
André-Antoine Ravrio, l’un des plus grands bronziers français d’avant et d’après la Révolution, fut un homme d’affaires prospère et très estimé, ainsi qu’un artiste exceptionnellement doué. Outre son œuvre de bronzier, il publia deux recueils de poésie et vit trois de ses pièces jouées au théâtre du Vaudeville à Paris. Il était issu d’un milieu fort intéressant et bien introduit, ce qui lui fut sans doute utile tout au long de sa carrière. Son grand-père maternel était l’éminent ébéniste François Vandercruse, dont le fils – l’oncle de Ravrio – n’était autre que Roger Vandercruse, dit Lacroix. En outre, la mère de Ravrio était la belle-sœur de l’ébéniste du roi Jean-Henri Riesener. Après de bonnes études, Ravrio entra à l’Académie, puis se forma au métier de fondeur auprès de son père André, dont la famille exerçait cette profession depuis 1661. En 1774, le grand bronzier Pierre-Philippe Thomire recommanda personnellement Ravrio au comte d’Artois. Trois ans plus tard, il fut reçu maître-fondeur, puis s’associa à Jean-Baptiste Disnematin-Dorat, doreur-argenteur parisien. En 1790, Ravrio épousa la fille de Disnematin-Dorat ; son beau-père lui vendit alors son fonds de commerce, que Ravrio développa rapidement. À l’instar de Claude Galle, Ravrio vendait aussi bien ses propres bronzes que ceux d’autres artisans, et fournissait à son tour les plus grands ébénistes, notamment Georges Jacob, son oncle, Riesener et Guillaume Beneman.
Si Ravrio connut le succès sous le règne de Louis XVI, il atteignit, comme Thomire, une renommée bien plus grande sous Napoléon Bonaparte. Il participa à la première Exposition de l’Industrie à Paris en 1803, puis y remporta une médaille d’argent en 1806. La même année, il livra plusieurs bronzes d’ameublement pour les appartements de l’impératrice Joséphine aux Tuileries, et fut nommé bronzier de l’Empereur en 1810. À ce titre, il fournit quelques-uns des plus beaux bronzes de l’Empire – notamment de superbes boîtiers de pendules sculptés, des girandoles et des candélabres – à de nombreuses résidences impériales : les Tuileries, Fontainebleau, Saint-Cloud, Versailles, Compiègne et Rambouillet. Ravrio travailla également pour le Quirinal à Rome (Monte-Cavallo), pour Stupinigi près de Turin, pour le roi Louis de Hollande ainsi que pour de nombreux autres personnages et lieux prestigieux.
Pour répondre à la demande, Ravrio employait plus d’une centaine d’artisans. Le succès lui apporta une grande fortune. Il vivait dans le luxe, dans une vaste demeure remplie d’objets d’art et de beaux meubles, et possédait une importante bibliothèque de littérature classique (qu’il consultait souvent en quête d’inspiration artistique) ainsi qu’une garde-robe considérable (comprenant 72 cravates). Un portrait de lui peint par son cousin Henri-François Riesener (1812 ; musée du Louvre, Paris) montre un homme prospère et cultivé, assis parmi des livres, des bronzes et un carnet de croquis ouvert. Malheureusement, aucun de ses trois enfants ne lui survécut, mais il avait un fils adoptif, Louis-Stanislas Lenoir-Ravrio (1784-1846), qui devint son associé en 1811 et poursuivit l’activité après sa mort. On suppose qu’il mourut d’un empoisonnement au mercure, d’autant plus qu’il légua 3 000 francs à quiconque trouverait le moyen de protéger les artisans des effets de la dorure au mercure. Le prix fut remporté trois ans plus tard par le fondeur et chimiste Darcet. Les bronzes de Ravrio comptent parmi les plus beaux de leur genre. On en trouve des exemples dans les plus prestigieuses collections, notamment dans les palais mentionnés ci-dessus, ainsi qu’au Stedelijk Museum De Lakenhal, au Belvédère supérieur de Vienne, au musée Masséna de Nice et à la Residenz de Munich.
Ses boîtiers de pendules comptent parmi les plus beaux réalisés sous l’Empire et, comme plusieurs de ceux de Pierre-Philippe Thomire, ils abritent des mouvements de l’horloger parisien Mesnil, dont l’un fut réalisé pour l’impératrice Joséphine au palais de l’Élysée. D’autres pendules associant un boîtier de Ravrio et un mouvement de Mesnil sont conservées au Stedelijk Museum de Leyde et au château de Stockholm (reproduite dans Ottomeyer et Pröschel, op. cit., p. 353). Malgré la qualité de son travail et ses liens étroits avec les meilleurs fondeurs de son temps, on sait relativement peu de choses sur Mesnil à Paris ; Tardy indique toutefois qu’en 1806 la maison était installée au Charnier des Innocents, puis de 1812 à 1815 rue Neuve-Saint-Marc.

Richard Redding Antiques

Pendule Empire

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