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Suite de quatre flambeaux « aux griffes » et masques antiques
Suite de quatre flambeaux « aux griffes » et masques antiques - Luminaires Style Empire Suite de quatre flambeaux « aux griffes » et masques antiques - Galerie Lamy Chabolle
Réf : 129192
14 000 €
Époque :
XIXe siècle
Provenance :
France
Materiaux :
Bronze patiné et doré
Dimensions :
H. 33 cm
Luminaires Bougeoirs et Chandeliers - Suite de quatre flambeaux « aux griffes » et masques antiques
Galerie Lamy Chabolle
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Mobilier et objet d'art des XVIIIe, XIXe et XXe siècle


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Suite de quatre flambeaux « aux griffes » et masques antiques

Suite de quatre flambeaux « aux griffes » et masques antiques, attribués à Claude Galle
Bronze patiné et doré
France
ca. 1809-1810
h. 33 cm (13 in.)

La présence de flambeaux similaires dans les collections russes, notamment une paire conservée au Musée historique d’État de Moscou, a un temps soutenu l’hypothèse d’une origine russe. Pourtant, la qualité de leur fonte et de leur ciselure, autant que leur répertoire ornemental, rend une attribution française tout aussi plausible du point de vue du style, et plus probable encore du point de vue de l’exécution.

L’hypothèse française est confortée par un bon de commande adressé en 1810 à Claude Galle pour une « paire de flambeaux, à griffes tige à pans bronzée, dorée au mat », destinée à une chambre située au-dessus des appartements du Grand Maréchal au Grand Trianon. Ni Ledoux-Lebard ni Ottomeyer et Pröschel, toutefois, ne semblent avoir remarqué que ces flambeaux — inventoriés de 1818 ...

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... à 1894 et toujours conservés à Versailles — ne forment pas une véritable paire : seule la tige à pans octogonale leur est commune, tandis que les bases, les griffes, les moulurations et les bobèches diffèrent. Le flambeau portant le numéro d’inventaire T 1040.1 doit être l’exemplaire original livré en 1810 : les griffes y sont plus finement ciselées, la jonction mieux soignée, les proportions plus harmonieuses. Son pendant, en revanche, porte de nombreux signes de restauration — frises de perles ou de godrons mal ajustées, griffes tronquées, bague surdimensionnée dissimulant la jonction —, restaurations probablement intervenues avant l’inventaire de 1818, dont les éléments modifiés portent déjà la marque.

Les seules parties vraisemblablement intactes, les griffes et le fût octogonal « bronzé », c’est-à-dire patiné, sont identiques à celles des deux flambeaux à pans octogonaux de la présente suite, dont la ciselure ne souffre pas de la comparaison avec celle même des parties originales livrées par Galle. Les masques de femmes à l’antique, motif plus rare absent des flambeaux du Grand Trianon, se retrouvent par ailleurs dans d’autres livraisons de Galle.

Un autre modèle, relativement similaire, à pans mais hexagonal — en ce sens plus proche des deux flambeaux hexagonaux de la présente suite —, livré par Antoine-André Ravrio au Garde-Meuble en 1809, ainsi qu’une paire acquise par l’intermédiaire du marchand Darrac pour les appartements de Marie-Louise d’Autriche au palais Rohan de Strasbourg, incitent Dupuy-Baylet à noter que « [les] flambeaux, aux tiges unies ou à pans comme ceux-ci, portés par des griffes, connurent de nombreuses variantes. »

Plusieurs variantes de flambeaux à griffes et à pans ont donc été conçues et fournies par les plus grands bronziers parisiens ; Ottomeyer et Pröschel ont d’ailleurs publié des modèles proches, tirés d’un catalogue commercial malheureusement anonyme daté vers 1810. La présente suite en réunit les deux principales déclinaisons — octogonale et hexagonale — dans leur version la plus richement ornementée, face à la variante bien plus modeste du palais Rohan. Cette diffusion, sans lever entièrement le doute sur l’attribution à Galle, tend à mettre de côté une origine russe : elle coïncide, en effet, presque exactement avec les ????????? ???????, la « prohibition des bronzes » français ordonnée sous Alexandre Ier entre 1810 et 1815. Il est ainsi peu probable que ces modèles aient été connus durant la prohibition, ou que, passés de mode après la chute de l’Empire, ils aient été soudainement imités par les bronziers russes, dont le style évolue à la fin des années 1810 et dans la décennie suivante.

Les flambeaux varient légèrement, comme évoqué plus haut, le fût de deux d’entre eux étant hexagonal et non octogonal, et la boule sur laquelle reposent les griffes étant pour eux patinée et non dorée.

Voir Denise Ledoux-Lebard, Le Grand Trianon. Meubles et objets d’art, Paris, 1975 ; Hans Ottomeyer et Peter Pröschel, Vergoldete Bronzen, Munich, 1986 ; Arcadi Gaydamak, Empire russe. Architecture, arts appliqués et décoration intérieure. 1800-1830, Moscou, 2000 ; Igor Sychev, The Russian Chandeliers. 1760–1830, Saint-Petersbourg, 2003 ; Marie-France Dupuy-Baylet, De Bronze et de cristal, Dijon, 2020.

Galerie Lamy Chabolle

Bougeoirs et Chandeliers Empire

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