Par Franck Baptiste Paris
Charmant portrait représentant une jeune femme de face, vêtue d’une légère robe blanche plissée et d’un drapé rose. Évoluant dans un paysage naturel, sa main droite est posée sur une amphore d’où s’écoule un filet d’eau et sa main gauche est délicatement posée sur des roseaux d’où s’échappent des iris. Sa coiffure à la Fontange, agrémentée de fleurs, met en valeur un visage délicat au teint de porcelaine et aux joues rouges.
Par comparaison avec un portrait connu des collections du château de Versailles, nous pouvons identifier ce tableau comme étant une version du portrait de Louise-Élisabeth de Bourbon, princesse de Conti en Iris, peint par Pierre Gobert vers 1720.
Huile sur toile, bel état de conservation.
Attribuable à Pierre Gobert et son atelier, Paris vers 1720.
Cadre de style régence en bois et stuc laqué et doré.
Dimensions :
Cadre : Hauteur : 127 cm ; Largeur : 109 cm
Toile : Hauteur: 103 cm; Largeur : 85 cm
Notre ...
... avis :
De ce portrait de Gobert, nous connaissons deux autres versions : l’une, de forme ovale et à l’arrière-plan difficilement visible, dans les collections du château de Versailles ; et une seconde, au format rectangulaire et plus grande que celle de Versailles, au Château d’Aulteribe (Puy-de-Dôme). C’est de cette version que nous pouvons rapprocher de notre tableau. Un paysage discret sous un ciel couvert laisse apparaître la princesse de manière presque théâtrale.
Il y a longtemps eu une incertitude sur l’identité exacte du sujet : le tableau étant connu comme un « Portrait d’une princesse de Conti en Iris », à une période où ce titre était porté par quatre femmes simultanément. Ce tableau pouvait représenter Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé (1695-1775) ou bien sa belle-fille, Louise-Diane d’Orléans (1716-1736). Le château de Versailles a récemment tranché cette question et officiellement reconnu ce portrait comme étant celui de Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé, petite-fille de Louis XIV, épouse puis veuve de Louis-Armand de Bourbon-Conti, faisant d’elle Madame la Princesse de Conti troisième.
Les carnations très claires et nacrées ; les joues fortement rosées ; les grands yeux légèrement humides ; la petite bouche aux lèvres vermillon et l'élégance un peu idéalisée de notre modèle avec des draperies légères aux coloris tendres, sont caractéristiques de la meilleure manière de Pierre Gobert, portraitiste privilégié de la cour sous les dernières années du règne de Louis XIV et durant la Régence.
Pierre Gobert (1662-1744)
Fils de sculpteur, Pierre Gobert est reçu comme portraitiste à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1701. Il devient rapidement l’un des principaux portraitistes de la Cour à la fin du règne de Louis XIV, en étant notamment le peintre attitré de la famille de Condé et de la cour de Lorraine à Lunéville. De ses portraits se dégagent une fraîcheur et une légèreté qui permettent de toujours valoriser ses modèles. Nous retrouvons dans ses portraits féminins des couleurs vives, des drapés souples qui s’enroulent sur les corps et magnifient les silhouettes. Il est également récurrent pour Gobert de travestir ses modèles en figures allégoriques et mythologiques ; cette mode, déjà bien en place sous Louis XIV, perdurera sous Louis XV avec des portraitistes comme Nattier. Ici, la princesse de Conti est représentée en Iris, messagère des dieux. La présence de la fleur du même nom en bas à droite de la toile renforce cette métaphore.
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