Par Franck Anelli Fine Art
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Nature morte à la corbeille en osier remplie de roses mousseuses, de tulipes, d’anémones doubles, de jonquilles et d’autres fleurs, posée sur une console en pierre recouverte en partie par un tapis de brocart et une tige d’orchidée posée à même la console
Huile sur toile h. 63 cm x l. 95,7 cm
Provenance : With Leggatt Brothers, London 1929 ; with Richard Green London where purchased by the present owners
Jean-Baptiste MONNOYER est sans contexte le plus important peintre de fleurs
français du XVIIe siècle. Cependant il s’impose à Paris comme peintre de grand décor et non pas comme peintre de chevalet.
Les années 1660 marquent en effet le début d’une grande ferveur décorative au sein des demeures royales, lorsqu’il ne s’agit pas de profonds remaniements
architecturaux, car le roi se partage entre les châteaux de Vincennes, de
Fontainebleau, des Tuileries, de Saint-Germain tandis que l’on commence
d’importants travaux au Louvre et à ...
... Versailles. Jean-Baptiste MONNOYER
participe de bonne heure à ces entreprises et devient le principal collaborateur de Le Brun dans le « talent » qui fut le sien. L’ampleur de ces chantiers, auxquels Jean-Baptiste MONNOYER sera associé toute sa vie en tant qu’académicien — ce qui lui permet, par ailleurs, d’être rattaché à la manufacture des Gobelins et de recevoir des commandes pour la réalisation des tentures réalisées au sein de ses ateliers, eu un certain nombre de conséquences sur sa production de chevalet. En effet, la pratique du grand décor va progressivement faciliter l’acquisition d’un savoir-faire enlevé, prompt et vigoureux que Jean-Baptiste MONNOYER emploie aussi bien dans ses dessus de portes comme dans sa peinture de chevalet. Par ailleurs le fait que Jean- Baptiste MONNOYER soit constamment accaparé par les chantiers royaux réduit le temps que le peintre peut consacrer à la réalisation de ses toiles, ce qui justifie la pénurie de cette production spécifique sur le marché, même actuel.
DESCRIPTION ET ANALYSE STYLISTIQUE DU TABLEAU
Le motif de la corbeille en largeur est rare chez Jean-Baptiste MONNOYER. Il se
rattache pourtant clairement à ses propres suites gravées et notamment à celle que ROBERT-DUMESNIL intitule Les Grandes Corbeilles en largeur. Le tableau nous offre en effet la même corbeille tressée largement, le même cadrage, la même disposition des fleurs ainsi que les mêmes variétés, et, enfin, la même console sobrement moulurée que l’on voit au sein de cette remarquable suite. Le tableau ne reproduit pas pour autant l’une des estampes elles-mêmes, mais réinterprète, selon la méthode que Jean- Baptiste MONNOYER emploie vraisemblablement à partir de la moitié des années 1670, l’assemblage des différents motifs tirés de ses propres compositions dans un ordonnancement nouveau.
La composition que nous examinons ici se distingue des deux toiles mentionnées précédemment par une tige d’orchidée qui remplace la tige d’hyacinthe posée à même la console sur la droite, ainsi que par la présence d’un tapis de brocart recouvrant le coin droit de la console et peint vraisemblablement par un collaborateur ou Antoine.
CHRONOLOGIE
La façon dont les fleurs se détachent contre le fond en insistant sur un déploiement bidimensionnel de la composition que Jean-Baptiste MONNOYER obtient à la fois en dégageant les fleurs les unes des autres et en évitant, généralement, de les superposer, est caractéristique de toute sa production. Le tableau se rattache cependant plus spécifiquement à ceux que Jean-Baptiste MONNOYER peint dans la dernière décennie de son activité. En effet, la représentation de la fleur de Sureau et de l’orchidée commune (Dactylorhiza fuchsii ?) sont des motifs que Jean-Baptiste MONNOYER peint exclusivement dans ses tableaux plus tardifs. De même, l’anémone double bleu retombant sur le devant de la corbeille se retrouve dans cette posture et dans cette exacte nuance dans un autre tableau, représentant une Corbeille remplie de fleurs posée sur une margelle en pierre, huile sur toile, h. 43 ; l. 96 cm, Boughton
House, Kettering, The Duke of Buccleuch and Queensberry (Publié dans S.
PAVIERE, Jean-Baptiste Monnoyer (1634 – 1699), Leigh-On-Sea, 1966, p. 21, n° 58 (J.B. Monnoyer). Le tableau que nous venons de mentionner, comme celui, également à Bougthon House, représentant à nouveau une Corbeille remplie de fleurs posée sur une plinthe, huile sur toile, h. 99 ; l. 87 cm, Boughton House, Kettering, The Duke of Buccleuch and Queensberry (Publié dans S. PAVIERE, Jean-Baptiste Monnoyer (1634 –1699), Leigh-On-Sea, 1966, p. 19, n° 40, pl. 51) dans lequel apparaît la tige d’orchidée en épi, datent certainement de la dernière période puisqu’ils proviennent de l’ensemble de dessus de porte que Jean-Baptiste MONNOYER exécuta avec ses collaborateurs pour Lord Montaigu (Voir C. SALVI, Jean-Baptiste Monnoyer (1636 –1699) Peindre des fleurs et des fruits à l’âge classique, thèse de doctorat inédite sous la direction d’Olivier Bonfait, Aix-Marseille Université, 2016).
Par conséquent, conformément à notre analyse, la composition ici examinée a été réalisée dans la dernière décennie du XVIIe siècle.
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