Par Galerie Gilles Linossier
Travail du XVIIe siècle attribué à Thomas Hache(1664–1747) Miroir en bois, à double profil inversé, marqueté par la technique du « bois brulé au sable chaud » L'encadrement du miroir, en noyer, est richement orné de marqueterie florale en bois clair sur réserves de bois sombre, typiques de la production dauphinoise de la fin du XVII? siècle.
Elle encadre parfaitement tout le contour. Le reste de la composition est structurée par de larges bandes décorées de rinceaux feuillagés et de vases fleuris, inscrits dans des cartouches ovales centrées ou polylobés dans les angles, disposés de manière parfaitement symétrique. Il est lui même encadré par un filet de bois sombre et clair alterné.
Un décor à la fois élégant et mesuré, se distinguant par la belle qualité du dessin en marqueterie. Miroir d'origine au mercure.
Si Thomas Hache (1664-1747) ébéniste grenoblois, réalise des marqueteries aussi abondantes, c'est par son apprentissage auprès ...
... de Pierre Gole, ébéniste du roi Louis XIV et maitre de la marqueterie de fleurs, puis à Chambéry où il y découvre le décor à l'italienne (les enroulements végétaux, les entrelacs, arabesques, feuilles d'acanthe et les foisonnement de représentations végétales.) et la technique de la scagliola.
C'est en partant de cette technique qu'il élabore sa marqueterie d'incrustation travaillant l'imbrication des formes et des essences de bois.
Thomas Hache développe ainsi un style personnel, reconnaissable par l’usage fréquent de marqueteries florales sur fond sombre, de vases, de palmettes et de rinceaux, appliqués aussi bien aux meubles qu’aux cadres de miroirs. Ici le travail est tel qu'il nous est possible de l'attribué à ce grand ébéniste. Le décor abondamment fleuri jouant sur ces contrastes de couleurs vives et sombres sont une de ses marques. En effet, Il innove dans ces plaquages.
« C'est dans le contenu de ces placages préparés à l'avance, où les rinceaux, feuillages et fleurs sont stylisés dans des compositions très fouillées et denses, qui n'appartiennent qu'à lui et qu'aucun autre ébéniste, hormis Pierre (son fils), n'a utilisées. Les ornements végétaux qu'elles contiennent sont découpés dans un bois clair et ombré pour donner du relief » Le génie des Hache, par Pierre et Francois Rouge, p. 65.
On remarque dans notre miroir, toute la qualité des nuances dans un même feuillage.
Des miroirs comparables sont aujourd’hui conservés dans de grandes collections publiques, notamment :
Le Musée de Grenoble, qui possède plusieurs cadres de miroirs et meubles attribués à Thomas Hache ou à son atelier ;
ou encore le Musée des Arts décoratifs de Lyon, par exemple ; où l’on retrouve des décors marquetés très proches H 100x L 87 cm