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Deux Muses, attribué à Jean François de Troy (1679–1752)
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Réf : 128880
32 000 €
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
France
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
l. 104.5 cm X H. 74.5 cm
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Kolhammer & Mahringer Fine Arts
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Deux Muses, attribué à Jean François de Troy (1679–1752)

Jean François de Troy
1679–1752, attribué à
Deux Muses
France
XVIIIe siècle
Huile sur toile
74,5 × 104,5 cm, avec cadre 93,5 × 122,5 cm
Étiquette au revers

Jean François de Troy compte parmi les peintres français les plus polyvalents et les plus importants du début du XVIIIe siècle. Fils du célèbre portraitiste François de Troy, il reçut sa première formation dans l’atelier paternel avant qu’un long séjour en Italie (1699–1706) ne marque de manière décisive son évolution artistique. En 1708, il fut reçu à l’Académie royale et, en 1738, nommé directeur de l’Académie de France à Rome, où il demeura actif jusqu’à sa mort. De Troy fut apprécié aussi bien comme portraitiste que comme peintre d’histoire, de scènes mythologiques et religieuses ainsi que d’élégantes scènes de genre. Sa peinture associe la richesse décorative et le coloris lumineux de Paolo Veronese à la sensualité dynamique de Peter Paul Rubens. Ses ...

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... contemporains le considéraient comme l’un des principaux peintres français, dont l’œuvre contribua de manière significative au développement de la peinture française au XVIIIe siècle.
Le thème des Muses trouve son origine dans la mythologie antique : filles de Zeus et de Mnémosyne, elles personnifient les arts et les sciences. Dans l’art européen des XVIIe et XVIIIe siècles, elles apparaissent fréquemment dans des représentations allégoriques associant ambition décorative et intellectuelle. Tandis qu’Érato, Muse de la poésie amoureuse, Terpsichore, Muse de la poésie chorale et de la danse, ainsi que Polymnie, Muse du chant sacré, sont souvent caractérisées par des instruments de musique, Clio, Muse de l’Histoire, et Calliope, Muse de la poésie épique, sont fréquemment accompagnées d’attributs évoquant la création intellectuelle et littéraire, tels qu’un stylet et un écrit. De telles associations renvoient à l’harmonie entre la musique et la poésie, deux arts étroitement liés.
Le présent tableau représente deux figures féminines se faisant face et semblant dialoguer, devant un ciel mouvementé et chargé de nuages. Dans la partie droite apparaît la Muse de la Musique, probablement Euterpe, partiellement dénudée et simplement couverte d’une draperie blanche retombant légèrement sur ses épaules. Des fleurs sont entrelacées dans sa chevelure savamment tressée, parmi lesquelles une délicate rose de couleur rose pâle. Dans sa main droite, elle tient une partition roulée, tandis que de la gauche elle enlace une lyre ; un violon est également visible à ses côtés. Les sourcils relevés, les yeux grands ouverts et les lèvres légèrement entrouvertes, elle se tourne en profil de trois quarts vers sa compagne, comme engagée dans un échange animé.
La seconde Muse, située dans la partie gauche de la composition, est elle aussi représentée de trois quarts et se tourne vers la première. Ses cheveux bruns tressés sont ornés de feuilles de laurier, attribut classique de l’inspiration poétique. L’un de ses seins est partiellement découvert, tandis qu’un manteau bleu est posé librement sur son vêtement. De la main gauche, elle touche les cordes de l’instrument, tandis qu’elle prend appui sur son coude droit et écrit à l’aide d’un stylet sur une feuille où plusieurs lignes sont déjà visibles.
La présente œuvre constitue une variation de grande qualité d’un tableau de de Troy conservé au New Orleans Museum of Art. L’attribution est également étayée par des comparaisons stylistiques avec d’autres œuvres certaines de l’artiste, telles que l’Allégorie de la Force et de la Tempérance conservée au Château d’Aulteribe (Sermentizon). On y retrouve des attitudes de figures comparables, un traitement similaire des draperies aux coloris lumineux ainsi qu’un ciel construit de manière analogue, aux modelés souples. Les traits des personnages – en particulier ceux de la Muse située à droite – ainsi que le traitement délicat des carnations présentent également de nettes similitudes. L’association de deux figures allégoriques correspond en outre à la pratique de l’artiste, qui réalisa des pendants consacrés à des thèmes à portée morale ou intellectuelle.
La peinture de de Troy se caractérise par une touche élégante et fluide ainsi que par une palette riche tout en demeurant harmonieuse. Ses compositions associent grâce décorative et clarté narrative et témoignent du passage de la peinture d’histoire rigoureuse du XVIIe siècle aux conceptions plus légères et galantes du XVIIIe siècle. Malgré les critiques croissantes dont les représentations allégoriques firent l’objet au cours du siècle – notamment de la part de l’abbé Du Bos ou de Denis Diderot –, le genre continua d’être recherché pour ses qualités représentatives et intellectuelles. Des œuvres telles que le présent tableau témoignent de la fascination persistante pour les sujets allégoriques qui, sous le pinceau de de Troy, atteignent une élégance et un raffinement artistique particuliers.
Bibliographie : Christophe Leribault, Alastair Laing, Jean-François de Troy, 1679–1752, Paris, Arthéna, 2002.

Kolhammer & Mahringer Fine Arts

<   XVIe siècle
Seau à eau bénite, Nuremberg vers 1500
Seau à eau bénite, Nuremberg vers 1500

6 800 €

Tableaux et dessins