Par Schoppmann Art and Antiques
Paire de fauteuils d’apparat
Bois de noyer et de hêtre doré
Estampillé sur la traverse avant “JACOB D. / R. MESLEE” et avec étiquette de livraison sur Prince Louis / Grand Salon / de Réception
Dimensions : H. 96 ; H. d’assise 35 ; L. 69 ; P. 74 (cm.)
Paris, vers 1804
Provenance :
- livré vers 1804 pour le grand salon de réception du rez-de-chaussée de l’Hôtel du Prince Louis Bonaparte et de sa femme Hortense
- Jean Torlonia, duc de Bracciano au sein du même lieu, suite à la vente de l’hôtel particulier le 4 septembre 1815
- id. lorsque l’hôtel est loué au ministère du Commerce, entre 1818 et 1832, et qu’il est la propriété du suédois Hagerman
- peut-être id. lorsque Salomon de Rothschild rachète l’hôtel complet en 1835.
- Cecil Everley, sa vente après décès, partie de lot, du n° 163, étude Ribeyre, 30 mai 1990
Un modèle passé à la postérité
Ce type de fauteuil est vraisemblablement conçu par l’agence Percier et ...
... Fontaine et livré pour la salle du Conseil de la Malmaison, avant le début de l’année 1801, lorsque le domaine revient à Bonaparte en qualité de Premier Consul. Pas moins de 169 conseils y sont tenus en un peu plus d’un an et demi. De la livraison de 10, inventoriée après décès de Joséphine en 1814, retenons celui qui est aujourd’hui conservé au New-York Historical Society, Museum and Library, dans un état remarquable ; avec son drap de laine d’origine !
A partir de cette livraison datant du Consulat, il est possible de rattacher un large corpus de modèles analogues produits sous l’Empire. Citons chronologiquement, et de manière non exhaustive :
- une suite livrée pour l’Empereur à Saint Cloud, vers 1802
- nos sièges provenant de l’hôtel de la Rue Cerutti, vers 1804
- un meuble livré vers 1806 pour le cinquième salon du Prince Murat à l’Elysée
- celui livré en 1808 pour le salon des Aides de Camps de l’Empereur aux Tuileries
- un autre, vers 1808, pour l’Archi- chancelier Cambacérès en son hôtel particulier
- celui livré en 1809 pour le salon de musique de l’Impératrice à Compiègne
Une provenance avérée
Érigé pour le receveur général du clergé vers 1776, l'hôtel de Saint Julien connaît des moments agités sous la Révolution. Victime des hasards de fortune de plusieurs négociants, il fait finalement office d'échange avec l'ancienne résidence du frère de l'Empereur. Cadre idéal pour exposer au mieux la réussite des Bonaparte, il s'agit véritablement d'une résidence d'hiver, l'été étant passé à Saint-Leu. Maison de couple jusque 1806, le départ de Louis pour la Hollande précipite un changement d'usage. Certaines pièces de ses appartements sont par exemple allouées à sa progéniture. Hortense y accouchera même du futur Napoléon III en 1808.
Maison de ville que la reine de Hollande affectionne, elle en gardera l'usage jusqu'à la fin de l'Empire, et la vente de cette résidence à Jean Torlonia, duc de Bracciano le 4 septembre 1815. Il est probable que les Torlonia conservent une grande partie des biens meubles in-situ. Il est par ailleurs amusant de noter que l’hôtel particulier passe rapidement entre les mains du banquier et financier suédois Jonas-Philip Hagerman. Celui-ci est également connu dans les cercles napoléoniens, pour son achat… du domaine de la Malmaison en 1828.
L’hôtel de la Reine Hortense connaît des changements radicaux lorsqu’il est racheté par Salomon de Rothschild, l’un des cinq fils de Mayer Amschel, le négociant de Francfort. Il fera effectuer de lourds travaux, au même titre que son frère James, qui possède la propriété adjacente.
Le mobilier du Grand Salon
Notre paire de fauteuils faisait partie du riche mobilier du Grand Salon donnant sur le jardin et totalement re-décoré par Prud’hon. Il était composé de trois canapés, quatorze fauteuils, dix-huit chaises, huit tabourets ainsi qu’un écran, le tout recouvert de soie verte, d'après un inventaire du 15 juillet 1809 [A.N., AF IV 1878]. Nous connaissons également un canapé, autre paire de fauteuils, vente Christie's New-York du 22 octobre 2024, lot 40 (69 400$) ; une suite de douze chaises de cet ensemble, ainsi que deux des quatre bergères, dont une est illustrée dans le catalogue d’exposition de la Malmaison [non exhaustif].
Bibliographie :
- La Reine Hortense, une femme artiste, catalogue d’exposition de la Malmaison, 1993, p. 84-97
- Seat of Empire, sous la direction de Margaret Hofer, 2002
- Mobilier français Consulat, Empire, Jean-Pierre Samoyault, 2009, p. 60
Rapport de condition : sièges comportant une très grande partie de leur dorure d'origine ; regarni de façon traditionnelle et conforme au siège aujourd'hui conservé à New-York.
Conditions générales de livraison :
Tous nos objets sont visibles à Paris. Livraison dans le monde entier par DHL.
Retrouver le mobilier ou les objets d''art similaires à « Jacob Desmalter, Percier Fontaine - Paire de fauteuils d'apparat livrée pour Louis Bo » présenté par Schoppmann Art and Antiques, antiquaire à Saint Raphaël dans la catégorie Fauteuil & Bergère Empire, Sièges.