Par Tobogan Antiques
Signés, situés et datés G. Simoni. Paris. 1881
Dimensions avec cadre – Hauteur : 165 cm ; Largeur : 105 cm
Cette grande paire de tableaux de forme ovale met en scène des élégantes et des gentilshommes vêtus à la mode du XVIIIe siècle, réunis dans un vaste jardin à la française.
Le premier tableau représente un concert champêtre : un groupe de musiciens accompagne la promenade de couples raffinés évoluant sur une allée bordée de massifs fleuris, sous de hauts arbres filtrant une lumière claire. Le second tableau montre un rendez?vous mondain au pied d’un escalier orné de statues et de vasques. Des dames en robes de soie aux teintes vives et des cavaliers en habit pastel conversent, tandis que d’autres personnages s’éloignent dans la profondeur du parc.
La palette est lumineuse, dominée par les verts du feuillage, les bleus du ciel et les roses, bleus et blancs des étoffes. La touche, souple et vibrante, suggère les détails des costumes et de ...
... la végétation davantage qu’elle ne les décrit minutieusement, créant une atmosphère de fête légère et animée.
Ces tableaux s’inscrivent dans le renouveau néo?rococo qui connaît un grand succès à Paris sous le Second Empire puis la Troisième République. Simoni s’inspire de la tradition des fêtes galantes de Watteau et Fragonard, revisitée par les peintres de genre mondain de la Belle Époque.
Le choix du format ovale, la mise en scène d’un parc idéalisé, l’insistance sur la conversation polie, la musique et la promenade, renvoient à une vision nostalgique et raffinée de l’Ancien Régime, très recherchée par la clientèle bourgeoise parisienne de la fin du XIXe siècle.
Par la vivacité de la touche, le soin apporté aux étoffes et l’animation de la foule, ces tableaux se rapprochent des œuvres de contemporains tels que Cesare?Augusto Detti, Federico Andreotti ou Vittorio Reggianini, eux aussi actifs entre l’Italie et Paris.
Biographie :
Gustavo Simoni (1845-1926) est un peintre italien né à Rome et ayant étudié à l’Accademia di San Luca de Rome. À partir de 1877, Simoni commence à voyager à travers l’Europe (France, Espagne) et surtout en Afrique du Nord (en Tunisie, Maroc et Algérie où il s’installe durant plusieurs années).
Ces voyages nourrissent son inspiration et l’orientent vers l’orientalisme, un courant artistique européen du XIX? siècle qui représente la vie au Maghreb et au Moyen-Orient et dont il devient l’un des principaux représentants italiens. Ses œuvres montrent des caravanes, des marchés nord-africains, des scènes de rue, des musiciens ou encore des personnages berbères avec réalisme et sens du détail.
Il remporte une médaille d’or au Salon de Paris de 1889 avec sa scène monumentale « L’incendie de Persépolis ». Dans les années 1890, il ouvre un atelier à Paris et fonde à Rome une école de peinture orientaliste pour former de jeunes artistes. Il a contribué à la Società degli Acquarellisti Romani (Association des aquarellistes romains), et ses œuvres se trouvent aujourd’hui dans des collections et musées à travers le monde, notamment à Glasgow, Leipzig, Melbourne et New York.
Bibliographie :
Crespelle, Jean Paul, La vie artistique au temps de la Belle Époque, Paris, 1966
Conisbee, Philip, Painting in 19th Century France, London, 1990
Expositions de peintres de genre mondain à Paris (catalogues de salons, 1875–1900)