Par Galerie de Frise
Edouard NIEUWENHUYS
(Bruxelles, 1840 – Paris 1872)
Louis XIII et Richelieu au siège de Perpignan, 1641-1642
Huile sur papier marouflée sur toile
H. 72 cm ; L. 114 cm
Monogrammée et datée en bas vers le centre 30 octobre 1868
Exposition : Salon de Paris de 1869, sous le numéro 1807
Très peu de choses sont connues de la vie de notre artiste, issu d’une famille belge (d’origine néerlandaise) de grands marchands et collectionneurs de tableaux, active depuis la fin du XVIIIe siècle avec la figure de son grand-père Lambert-Jan (1777-1862), basée à Bruxelles avec des succursales à Londres et à Paris. Edouard était le neveu de Chrétien-Jean (dit John) Nieuwenhuys (Anvers, 1799 – Wimbledon, 1883), plutôt actif à Londres, et le fils de François Nieuwenhuys ( ? – Fontainebleau, 1880), davantage présent à Paris, et dont la collection fut dispersée à Drouot en 1881. En 1858, nous savons qu’Edouard est en France, notamment à Fontainebleau, aux côtés ...
... de son maître et ami le peintre d’histoire Pierre-Charles Comte (1823 -1895), qui était par ailleurs son beau-frère, ayant épousé sa sœur Anne-Félicie (Bruxelles, 1832 – Paris, 1912) à Paris en 1857.
Edouard Nieuwenhuys commence à exposé au Salon de Paris en 1865 ; ce sont des œuvres sur le thème de la vénerie. Puis, sous l’influence de Pierre-Charles Comte, il présente deux tableaux d’histoire au Salon de 1869 et à celui de 1870, illustrant deux épisodes de Cinq-Mars, le roman historique d’Alfred de Vigny : le nôtre, et le Duel de l’abbé de Gondi . Il participe également à plusieurs Salons en Belgique, comme celui de Gand en 1868. Il meurt à Paris en 1872, rue de Clichy, au domicile de ses parents. Étrangement, en 1879, il est toujours référencé dans l’Annuaire des Beaux-Arts et des Arts Décoratifs, domicilié au 25 bld Rochechouart… Une erreur, un homonyme ?
Nettement moins connu que le siège de La Rochelle, le siège de Perpignan marque la fin du règne de Louis XIII, et permet à la France de prendre possession du nord de la Catalogne, dans le cadre de la guerre contre les espagnols, commencée en 1635. Le siège proprement dit débuta le 4 septembre 1641 pour s’achever le 9 septembre 1642, trois mois avant la mort de Richelieu. Souffrant depuis quelques années de nombreux et douloureux maux (rhumatismes, goutte, tuberculose intestinale, etc…), le cardinal s’était pourtant rendu près du théâtre des opérations, à Narbonne, où il était le plus souvent alité ; rejoint par Louis XIII le 10 mars 1642, les deux hommes n’effectuèrent, semble-t-il, que des reconnaissances sur le champ de bataille, fin avril.
Au chapitre X de Cinq-Mars, Alfred de Vigny donna une version bien plus romancée et « glorieuse » de ces faits historiques, qui inspira Nieuwenhuys pour composer son tableau : « Il [Richelieu] s’était placé à cheval au nord de la ville sur une des montagnes de Salces ; de ce point il pouvait voir la plaine du Roussillon devant lui, s’inclinant jusqu’à la Méditerranée ; Perpignan, avec ses remparts de brique, ses bastions, sa citadelle et son clocher, y formait une masse ovale et sombre sur des prés larges et verdoyants, et les vastes montagnes l’enveloppaient avec la vallée comme un arc énorme courbé du nord au sud, tandis que, prolongeant sa ligne blanchâtre à l’orient, la mer semblait en être la corde argentée. À sa droite s’élevait ce mont immense que l’on appelle le Canigou, dont les flancs épanchent deux rivières dans la plaine. La ligne française s’étendait jusqu’au pied de cette barrière de l’occident. Une foule de généraux et de grands seigneurs se tenaient à cheval derrière le ministre, mais à vingt pas de distance et dans un silence profond. Il avait commencé par suivre au plus petit pas la ligne d’opérations, et ensuite était revenu se placer immobile sur cette hauteur, d’où son œil et sa pensée planaient sur les destinées des assiégeants et des assiégés. L’armée avait les yeux sur lui, et de tout point on pouvait le voir ... Ce jour-là le Cardinal parut revêtu d’un costume entièrement guerrier : c’était un habit couleur de feuille morte, bordé en or ; une cuirasse couleur d’eau ; l’épée au côté, des pistolets à l’arçon de sa selle, et un chapeau à plumes qu’il mettait rarement sur sa tête, où il conservait toujours la calotte rouge. Deux pages étaient derrière lui : l’un portait ses gantelets, l’autre son casque, et le capitaine de ses gardes était à son côté …
Louis XIII vint se placer à ses côtés, mais il vint comme vient l’élève adolescent forcé de reconnaître que son maître a raison. Son air était hautain et mécontent, ses paroles étaient brusques et sèches. Le Cardinal demeura impassible …
— Je veux que l’on attaque bientôt, Cardinal, dit le prince en arrivant ; c’est-à-dire, ajouta-t-il avec un air d’insouciance, lorsque tous vos préparatifs seront faits et à l’heure dont vous serez convenu avec nos maréchaux … » .
Nous remercions M. Philippe Nieuwenhuys, affilié à l’artiste, pour son apport d’informations et ses recherches, notamment la redécouverte des date et lieu de décès du peintre.
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