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Aquamanile au lion, Saxe
Aquamanile au lion, Saxe - Objet de décoration Style Moyen Âge Aquamanile au lion, Saxe - Poisson et Associés Aquamanile au lion, Saxe - Moyen Âge
Réf : 97794
28 000 €
Époque :
XIe au XVe siècle
Provenance :
Allemagne
Materiaux :
Laiton
Dimensions :
L. 19.7 cm X H. 20.3 cm
Objet de décoration  - Aquamanile au lion, Saxe XIe au XVe siècle - Aquamanile au lion, Saxe
Poisson et Associés
Poisson et Associés

Peintures, sculptures et objets d'art du XVe au XVIIe siècle


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Aquamanile au lion, Saxe

Aquamanile - Saxe (Allemagne), fin XIIIe siècle, alliage cuivreux / laiton


L’aquamanile - eau (aqua), main (manus) - désigne un instrument d’ablution servant au rituel religieux mais également au quotidien, habituellement zoomorphe, sinon anthropomorphe.
Dans la liturgie chrétienne, il constitue un objet essentiel pour les cérémonies religieuses, au même titre que les candélabres, les encensoirs ou bien les croix. Le prêtre rince ces mains deux fois, avant de porter les vêtements religieux et durant la célébration de l’Eucharistie, lorsque le pain et le pain incarnent la chair et le sang du Christ.
Pour les familles de nobles et bourgeois, ainsi que chez les hommes d’église, on se lavait les mains avant et après chaque repas. L’aquamanile pouvait avoir un rôle autant pratique que décoratif sur les grandes tables de la Cour.

L’usage de l’aquamanile puise ses origines dans la Rome antique, avant de toucher Byzance et la culture islamique, ...

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... contenant d’abord de l’huile avant l’eau. Déjà aux IX-Xe siècles, les productions islamiques atteignent de hauts degrés de sophistication et de préciosité, tel que l’Aquamanile au paon, provenant d’Andalousie, et fondu par Abd al-Malik al-Nasri en 962 (Paris, Musée du Louvre). Ces-dernières ont sans aucun doute joué un grand rôle dans l’influence de cette typologie sur le reste de l’Europe au Moyen Âge.
Nous pouvons d’ailleurs expliquer ces influences entre l’Europe occidentale, Byzance et le monde islamique par différents facteurs, parmi lesquels un goût commun pour le bestiaire fantastique qui s’est transmis par les échanges comme la prise de butins. De même, l’Italie servit à cette période de véritable plateforme entre ces différentes cultures, en atteste la période des Croisades (1095-1204).

Nous remarquons un succès tout particulier de cette production au nord de l’Allemagne, entre 1200 et 1350, attachant particulièrement la région de Basse Saxe soutenue par le patronage de l’évêque d’Hildesheim et réputée pour sa grande maîtrise de la métallurgie. Dans la deuxième moitié du XIIe siècle, sous le règne du duc Henri le Lion, la ville de Braunschweig devient un centre majeur de cette production. Ainsi l’iconographie du lion prend une importance considérable, à l’effigie du Grand lion de Braunschweig, animal rugissant symbole du pouvoir, de l’ambition et de l’importance de la ville. Parmi les autres cercles d’influences de Saxe, on trouve le foyer de Magdeburg, déjà productif au Haut Moyen Âge, puis Hildesheim.

Notre aquamanile est tout à fait représentative de cette production car le lion devient la figuration la plus commune de cette typologie. Au delà de l’influence du duc Henri le Lion, l’animal porte une symbolique forte dans les domaines religieux et héraldique, devenant par moment l’incarnation du Christ, l’attitude chevaleresque, le pouvoir et le prestige,…
Après cela viennent les aquamanile en forme de dragon ou de chevaux, généralement montés par un chevalier.

L’oeuvre présentée dans notre galerie est par ailleurs tout à fait similaire au modèle lors de la vente du Château d’Eguilly (Bourgogne) par l'étude Sade, à Dijon ref. Lot 31. Les lignes sont épurées et stylisées, l’orifice d’évacuation est logé dans la gueule du lion tandis que le lion rugit, à l’arrière de la tête se trouve un clapet fermant le trou visant à remplir le récipient, et l’anse est fixée sur son dos. La crinière est traitée en triangles superposés, incisés de façon à imiter la fourrure, et les pattes avants comme arrières sont légèrement arquées.

Notre aquamanile a été vendue chez Sotheby’s à New York, les 4-5 mai 1951 Lot 286 (Carry W. Meinhard), puis les 30 et 31 mai 1980 chez Sotheby’s, Parce Bernet Inc. New York - Lot 136, puis collection Henri Verne, Bruxelles.
Une métallographie de 2022 sera remise à l’acquéreur.

Dimensions : l. 19,7 cm, h. 20,3 cm.
Alliage cuivreux / laiton

Poisson et Associés

Objet de décoration