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Aiguière Borghèse, par Giovanni Bellezza, d’après un modèle de Ferdinando Albertolli
Aiguière Borghèse, par Giovanni Bellezza, d’après un modèle de Ferdinando Albertolli - Objet de décoration Style Aiguière Borghèse, par Giovanni Bellezza, d’après un modèle de Ferdinando Albertolli - Galerie Lamy Chabolle Aiguière Borghèse, par Giovanni Bellezza, d’après un modèle de Ferdinando Albertolli - Antiquités - Aiguière Borghèse, par Giovanni Bellezza, d’après un modèle de Ferdinando Albertolli
Réf : 129482
6 000 €
Époque :
XIXe siècle
Provenance :
Italie
Materiaux :
Bronze patiné
Dimensions :
l. 22 cm X H. 48 cm
Objet de décoration Cassolettes, coupe et vase - Aiguière Borghèse, par Giovanni Bellezza, d’après un modèle de Ferdinando Albertolli XIXe siècle - Aiguière Borghèse, par Giovanni Bellezza, d’après un modèle de Ferdinando Albertolli  - Aiguière Borghèse, par Giovanni Bellezza, d’après un modèle de Ferdinando Albertolli
Galerie Lamy Chabolle
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Mobilier et objet d'art des XVIIIe, XIXe et XXe siècle


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Aiguière Borghèse, par Giovanni Bellezza, d’après un modèle de Ferdinando Albertolli

Aiguière Borghèse, par Giovanni Bellezza, d’après un modèle de Ferdinando Albertolli
Bronze patiné
Italie, Milan
ca. 1844
48 x 22 cm (18,9 x 8,7 in.)

La scène bachique ornant la panse de cette aiguière en bronze, remarquablement exécutée et ciselée par le bronzier et orfèvre milanais Giovanni Bellezza, est empruntée au célèbre Vase Borghèse, dont les figures ont été légèrement modifiées, de sorte que deux des figures originales, le satyre portant le thyrse et celui jouant de l’aulos, ont été interverties (fig. 1-2), tandis que, pour adapter sans doute à l’évasement d’une aiguière une frise conçue pour celui d’un cratère, l’auteur a interpolé la figure d’une bacchante, vêtue d’un chiton et jouant du tympanon, tirée d’un autre vase antique, le vase dit de Gaète ou de Formia, signé par Salpion d’Athènes et conservé au Museo archeologico nazionale de Naples (fig. 3-4).

Cet emprunt quelque peu savant à un vase bien moins ...

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... célèbre que le Vase Borghèse ou le Vase Médicis signale des considérations archéologiques poussées jusque dans la ciselure : la bacchante qui clôt la scène, tant sur l’aiguière que sur le Vase Borghèse, joue des crotales ; elle n’a que la main droite de libre pour jouer de son instrument, la main gauche tenant délicatement le pli de son chiton ; il s’ensuit que l’instrument dont elle joue ne peut être un tympanon que l’on tient d’une main et frappe de l’autre, mais une paire de crotales, c’est-à-dire deux disques de métal liés ensemble et que l’on frappe l’un contre l’autre. En conséquence de quoi une incision a été faite dans le bronze pour distinguer les deux parties de l’instrument antique, détail en contre-dépouille qui n’aurait pu en aucune façon être moulé, et que le temps a effacé du marbre antique.

Quant aux nombreux autres ornements de cette pièce, ils dérivent de ceux d’une aiguière en argent exécutée en 1844 par Giovanni Bellezza et offerte en présent à Adélaïde d’Autriche le jour de son mariage avec le futur roi d’Italie, Victor-Emmanuel II (fig. 5). La figure féminine ailée formant l’anse de l’aiguière et naissant d’un masque barbu entouré de grotesques, les godrons superposés, les oves renversés, les feuilles d’acanthe en haut-relief, les tritons à double queue et les amours dansants sont autant de subtiles variations sur les « vaghissimi ornati », les ornements des plus gracieux dessinés par Ferdinando Albertolli, modelés par Benedetto Cacciatori et ciselés enfin par Bellezza, bien que le cortège bachique ait remplacé, sur l’Aiguière Borghèse, la scène nuptiale qui avait été conçue par le peintre Luigi Sabatelli pour l’archiduchesse.

Giovanni Bellezza (1807–1876) a étudié le dessin et le modelage à l’Accademia di Brera, où Albertolli et Sabatelli étaient professeurs à l’époque de l’exécution de l’aiguière d’argent. Ayant fait son apprentissage auprès de la maison Strazza e Thomas, il ouvre son propre atelier à Milan en 1827. Sa première œuvre à avoir été saluée est la reliure de l’album des dessins des fêtes qui ont suivi, en 1838, le couronnement, comme roi de Lombardie-Vénétie, de l’empereur Ferdinand Ier d’Autriche, offert par le Comune au vice-roi. Entre 1845 et 1848, il exécute des travaux d’ornement dans la chapelle Colleoni à Bergame, ainsi que divers ouvrages en bronze et en argent. Vers le milieu du siècle, son atelier, qui avait pris la place de la Manifattura Manfredini, était le plus actif de Milan pour les commandes tant publiques que privées, dont la plus célèbre est l’aiguière d’argent mentionnée supra.

De petites usures sur l’aiguière laissent apparaître trois patines : une première d’un brun très chaud ; une deuxième qui, presque noire, semble inspirée des bronzes vénéto-padouans de la Renaissance ; et une troisième, en fines mouchetures vertes, la patine dite verde antico, déjà employée par les bronziers romains de la fin du XVIIIe siècle pour simuler l’ancienneté de leurs œuvres, et que la Manifattura Manfredini, prédécesseur de Bellezza à Milan, proposait également pour ses ouvrages en bronze. Aussi, puisque les parties mêmes de l’aiguière qui sont les plus proches de celle de l’archiduchesse s’en distinguent par des variations délibérées, l’hypothèse d’un surmoulage est-elle entièrement exclue. L’Aiguière Borghèse doit par conséquent être tenue pour une œuvre originale de Bellezza, dérivée du présent offert à Adélaïde d’Autriche.

Bibliographie

Enrico Colle et al., Bronzi decorativi in Italia. Bronzisti e fonditori italiani dal Seicento all’Ottocento, Milan, 2001. Pour le Vase Borghèse, voir Francis Haskell et Nicholas Penny, Taste and the Antique. The Lure of Classical Sculpture. 1500-1900, New Haven, 1981, p. 167, n. 81.

Galerie Lamy Chabolle

Cassolettes, coupe et vase