EUR

FR   EN   中文

CONNEXION
Vierge à l'Enfant en noyer - France (Comté de la Marche), XVe siècle
Vierge à l'Enfant en noyer - France (Comté de la Marche), XVe siècle - Sculpture Style Moyen Âge Vierge à l'Enfant en noyer - France (Comté de la Marche), XVe siècle - Galerie Sismann Vierge à l'Enfant en noyer - France (Comté de la Marche), XVe siècle - Moyen Âge
Réf : 76740
28 000 €
Époque :
<= XVIe siècle
Provenance :
France (Comté de la Marche : entre le Sud du Berry et le Nord du Limousin)
Materiaux :
Noyer
Dimensions :
l. 24 cm X H. 61 cm X P. 21 cm
Sculpture Sculpture en Bois - Vierge à l'Enfant en noyer - France (Comté de la Marche), XVe siècle XVIe siècle et avant - Vierge à l'Enfant en noyer - France (Comté de la Marche), XVe siècle
Galerie Sismann
Galerie Sismann

Sculpture européenne 1000 - 1800


+33 (0)1 42 97 47 71
+33 (0)6 14 75 18 69
Vierge à l'Enfant en noyer - France (Comté de la Marche), XVe siècle

Cette élégante Vierge à l'enfant en noyer, reprend la célèbre formule de la Vierge dite Trône de Sagesse, ou Sedes Sapientiae, inaugurée à la période Romane. Assise sur un trône, en Majesté, dans une attitude frontale et hiératique, Marie présente au fidèle l'Enfant-Dieu.
Si cette iconographie érigeant la Vierge en Theotokos (Mère de Dieu) et la désignant comme principal intercesseur entre le fidèle et son fils, connaît son plus grand succès aux XIIe et XIIIe siècles, c'est pourtant à la toute fin de la période gothique que doit être attribuée notre œuvre.
En effet, l’élégance des figures ainsi que le raffinement de la tenue de notre vierge, nous invitent à une datation dans la seconde moitié du XVe siècle. Vêtue d'une robe ajustée à la taille par une ceinture, dissimulée sous un manteau bleu raffiné retenu sur la poitrine par un riche fermoir affectant l'aspect des plus belles réalisations d'orfèvreries du XVe siècle ( proches de celles ...

Lire la suite

... dépeintes dans les œuvres de Jan Van Eyck), Marie s'inscrit dans la typologie des jeunes vierges courtoises de la seconde moitié du XVe siècle. Gracile, cheveux lâchés, vêtue des habits de cours royaux, elle évoque ainsi une des œuvres phare de ce groupe : Notre Dame de Grasse (1).
Cette datation se voit confirmée par l'analyse stylistique de l’œuvre. En effet, le front légèrement bombé de Marie, ses arcades sourcilières hautes, son nez fin, sa bouche menue et son petit menton relevé, donnent au visage de notre Vierge la grande distinction des plus belles réalisations limousines du XVe siècle, telles que la Sainte Marguerite de Cressat (2), la Sainte Barbe et la Vierge de la Collégiale Saint-Junien (3), la sainte Catherine de Saint-Aurélien de Limoges ou encore celle de l'abbaye de Solignac(4). Ces rapprochements nous permettent ainsi de proposer d'attribuer notre Sedes au comté de la Marche, entre le Sud du Berry et le Nord du Limousin.
Si quelques comparaisons stylistiques peuvent être convoquées, notre Vierge à l'Enfant n'en demeure pas moins une pièce d'une rare originalité dans le paysage de la sculpture gothique du XVe siècle. En effet, si les Vierges en Majestés rencontrent toujours le même succès dans la statuaire des XIVe et XVe siècle, elles abandonnent néanmoins leur hiératisme et leur frontalité au profit de la mise en avant du sentiment maternel. L'enfant, souriant, se déporte alors sur un des genoux de Marie pour se tourner tendrement vers elle ou s'animer. Ce n'est pas le cas sur notre Sedes qui conserve de façon tout à fait exceptionnelle sa position de Vierge trônante, lointaine et majestueuse, présentant avec solennité l'Enfant-Dieu, selon la typologie romane. On ne retrouve guère de schéma similaire dans la sculpture du XVe siècle que sur deux petites Vierges à l'Enfant assises, conservées à l'Hôpital de Dijon en Bourgogne (5).
Ce charmant paradoxe entre l'iconographie de type Romane et le style XVe siècle de notre Vierge pourrait s'expliquer par la commande dans la seconde moitié du XVe siècle de notre sculpture afin que celle-ci vienne combler l'absence d'une ancienne Sedes, romane (très nombreuses dans la région), à laquelle les fidèles auraient été très attachés et dont ils auraient souhaité conserver le souvenir dans la typologie.

(1) Anonyme, Vierge à l'Enfant : Nostre Dame de Grasse, Région Toulousaine, v. 1460-1480, Toulouse, Musée des Augustins, RA 788
(2) Anonyme, Sainte Marguerite d'Antioche, 1500, Cressat, Église Sainte-Marguerite
(3) Anonyme, Sainte Barbe, XVe siècle, Saint-Junien, Collégiale
Anonyme, Vierge à l'Enfant dite Notre-Dame du Moutier, fin du XVe siècle, Saint-Junien, Collégiale
(4) Anonyme, Sainte Catherine d'Alexandrie, XVe siècle, Limoges, Chapelle Saint-Aurélien
Anonyme, Sainte Catherine, fin du XVe siècle, Solignac, Église Saint-Pierre-Saint-Paul
(5) Anonyme, Vierge à l'Enfant assise, XVe siècle, Dijon, Hôpital Général
Anonyme, Vierge à l'Enfant assise, XVe siècle, Dijon, Hôpital Général


Bibliographie :
-Jacques Baudoin, La sculpture flamboyante en Limousin, Guyenne et Quercy, Saint-Just-près-Brioude, Créer, 2009
-Annie Cloulas-Brousseau, La Statuaire de la fin du Moyen Âge en Limousin, Limoges, Pulim, 2000
-Ouvrage collectif, 1945-1995 : Objets mobiliers en Limousin, 50 ans de travaux, DRAC Limousin, Champs du Patrimoine, 2000

Galerie Sismann

Sculpture en Bois Moyen Âge

Retrouver le mobilier ou les objets d''art similaires à « Vierge à l'Enfant en noyer - France (Comté de la Marche), XVe siècle » présenté par Galerie Sismann, antiquaire à Paris dans la catégorie Sculpture en Bois Moyen Âge, Sculpture.