EUR

FR   EN   中文

CONNEXION
Partie de panneau en laine et soie des manufactures royales de bruxelles
Partie de panneau en laine et soie des manufactures royales de bruxelles - Tapisserie & Tapis Style
Réf : 92969
Prix sur demande
Époque :
<= XVIe siècle
Provenance :
Belgique, Bruxelles
Materiaux :
Laine et soie
Dimensions :
l. 270 cm X H. 225 cm
Galerie Gabrielle Laroche
Galerie Gabrielle Laroche

Haute Epoque


+33 (0)1 42 97 59 18
+33 (0)6 08 60 05 82
Partie de panneau en laine et soie des manufactures royales de bruxelles

Cette suite de panneaux fut probablement tissée d’après les cartons de Bernard Van Orley (1488-1541), lui-même élève de son père Valentin Van Orley (1466-1532), et très influencé par Raphaël (1483-1520). En 1518, Bernard Van Orley devient peintre de Marguerite d’Autriche (1480-1530).

Les bordures inférieures et supérieures furent rapportées ultérieurement.

Description

Entouré de plantes en fleurs et d’arbres fruitiers de toutes sortes, un pavillon octogonal se dresse. De minces colonnes ornées de guirlandes de feuilles soutiennent les arcades portant la voûte. Le sol est recouvert d’un tissu à motifs.
À l’intérieur, neuf femmes discutent de la scène représentée sur le tissu tenu par deux d’entre elles au centre.
On y voit un jeune homme habillé, allongé dans un lit, attirant une jeune femme nue vers lui.

Les inscriptions identifient seulement trois des neuf femmes. Justice (tenant une épée dans sa main gauche) se tient à ...

Lire la suite

... l’extrême gauche et Charité est en face d’elle à droite. À gauche de Charité se trouve la Foi dont le nom apparaît au sol, sous ses pieds.

Au premier plan, à gauche, un homme assis sur un muret, embrasse une jeune femme debout devant lui.
Au loin, se dessine un paysage, deux femmes se tiennent près d’une fontaine, en arrière plan un couple se cachent dans la verdure.

Cette tapisserie appartient à une suite de tentures de dix panneaux ayant pour thème : La rédemption de l’humanité par le Christ.

La série révèle, d’une part, la disgrâce de l’humanité et son incapacité à résister aux tentations malgré l’aide offerte par les Vertus, et d’autre part, la mission du Christ de réconcilier l’humanité avec Dieu et ainsi parvenir à la rédemption.
Le contenu de ces récits visuels est inspiré des écritures chrétiennes ainsi que de l’allégorie, de la poésie et des drames médiévaux.
Les arbres, la flore et les cours d’eau séparent les différents épisodes.

Un panneau identique mentionné en 1514 dans les collections de Juan Rodriguez de Fonseca, évêque espagnol de Burgos en Espagne en 1514, fut inventorié à sa mort en 1524.
Ce panneau ainsi qu’un deuxième de la série furent acquis en 1926 par le Metropolitan Museum de New York.

Contexte

Notre tapisserie s’intègre dans un ensemble beaucoup plus important s’inscrivant lui aussi dans une série de dix tapisseries. Le panneau relate le troisième épisode d’un récit visuel complexe dont le contenu dérive à la fois de l’Écriture Sainte et d’allégories connexes développées dans la poésie et le théâtre médiéval.

L’utilisation de pavillons aux façades ouvertes pour servir de décor à des scènes d’intérieur ainsi que la convention d’étiquetage des personnages dérivent des techniques de production du théâtre médiéval mais aussi, des divertissements comme les spectacles de mimes ou les concours présentés à l’occasion d’entrées cérémonielles dans les villes ou de processions ecclésiastiques.

Bien que certains des personnages et des incidents qui apparaissent dans les compositions de ces tapisseries, se retrouvent également dans certaines pièces de moralité ou poèmes de l’époque, aucune source connue ne les contient tous.
Il est possible qu’une telle pièce ou poème sur la morale ait existé à un moment donné ; mais il est plus vraisemblable, que cet ensemble de tapisseries aient été conçues pour illustrer un scénario écrit spécialement à cet effet.

Iconographie

La première des dix tapisseries montre la Trinité créant le monde, la tentation et la chute d’Adam et Eve, et leur expulsion du jardin d’Eden.

Dans la seconde tapisserie, l’Homme représenté par Adam, tombé de son état de grâce, s’enfonce dans une mauvaise vie. Séduit par les Vices, il est poussé à de plus grandes erreurs par les tentations de la chair.
Tout au long de la série, il apparaît vêtu de parures mondaines, « un pur exemple du Fils Prodigue », comme l’a observé Anna G. Bennett.

L'histoire continue avec notre tapisserie. Dans le jardin de l’amour qui est représenté dans le coin supérieur gauche, l’Homme continue ses poursuites lubriques. Nous le voyons embrasser avec ferveur une jeune femme dans le jardin. Sur le tissu exposé aux Vertus sous le pavillon, nous le voyons attirer une fille nue vers son lit.
Ces révélations renforcent la résolution de Justice de punir l’Homme. Elle le découvre en train de fréquenter un groupe de Vices et lève son épée pour le frapper. A ce moment, Pitié intercède et sauve l’Homme de l’épée de Justice.
Pour régler le sort de l’Homme, les Quatre Vertus - appelées les Quatre Filles de Dieu, c’est-à-dire la Paix, la Miséricorde, la Vérité et la Justice - plaident leurs causes devant la Trinité au cours du procès connu dans la littérature de l’époque sous le nom du Parlement du Paradis. Ceci est une représentation allégorique de la délibération de Dieu, à savoir si l’homme doit être puni pour ses péchés ou retourné à son état de grâce originel. La Paix et la Miséricorde plaident en faveur de l’Homme ; La Vérité et la Justice plaident contre lui.
À droite, la Miséricorde, la Paix et la Grâce reviennent au Ciel pour plaider une fois de plus que l’Homme doit être racheté.
La Misère les accompagne et remontre au Christ la promesse qu’il avait faite de sauver l’Homme.

Assis entre la Charité et l’Humilité, le Christ lève sa main droite pour indiquer qu’il va s’incarner et mourir pour racheter l’Homme. C’est le point culminant du drame.
Aux extrémités, les paroles des deux personnages, Jérémie à gauche “Car la mort est montée par [nos] fenêtres” et Moïse à droite “Je rendrai vengeance à mes ennemis”, approuvent ces plaidoyers.

Il s’en suit sur les autres tentures, différents épisodes où se mêlent Vertus, Vices et de multiples scènes du Nouveau Testament, évoqués plus loin.


Datation

La plupart des chercheurs ont daté cette série de tapisseries dans le premier quart du XVIe siècle sur des considérations de style. De plus, nous savons que Don Juan Rodriguez de Fonseca (mort en 1524) a légué des tapisseries de la série, à la Cathédrale de Burgos.

Le professeur Souchal (1973) date la série au début du XVIe siècle ou, parce que l’architecture est encore de style gothique, à la fin du XVe siècle.

De plus, bien que représentant des personnages historiques ou allégoriques plutôt que des civils contemporains, les modes vestimentaires présentées dans les tapisseries nous indique une date juste avant ou après 1500.

Certaines figures qui apparaissent dans ces dix compositions sont similaires à certaines identifiées dans des peintures hollandaises de la seconde moitié du XVe siècle. L’artiste connaissait évidemment intimement la peinture hollandaise mais il était également capable de combiner des espaces et des sujets disparates de manière à répondre aux exigences particulières de la conception de la tapisserie.

Néanmoins, le style du dessin, le modelage, les figures et la qualité du tissage, sont traditionnellement associés aux tenture bruxelloises.

Galerie Gabrielle Laroche

XVIIe siècle
Belle enfilade italienne
Belle enfilade italienne

12 000 €

XIXe siècle
Christ en ambre sculpté
Christ en ambre sculpté

11 000 €

Tapisserie