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Tirelire en acier poli, bronze ciselé et doré, rehaussé de laiton et d’étain
Tirelire en acier poli, bronze ciselé et doré, rehaussé de laiton et d’étain - Objets de Curiosité Style
Réf : 85514
9 000 €
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
Russie, Toula
Materiaux :
Acier, bronze
Dimensions :
H. 7 cm | Ø 6.5 cm
Poids :
0.242 Kg
Objets de Curiosité  - Tirelire en acier poli, bronze ciselé et doré, rehaussé de laiton et d’étain
Galerie François Léage
Galerie François Léage

Mobilier et objets d'art du XVIIIe siècle


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Tirelire en acier poli, bronze ciselé et doré, rehaussé de laiton et d’étain

Russie, Manufacture de Toula, fin du XVIIIe siècle-début du XIXe siècle
Acier, bronze ciselé et doré, rehaussé d’application de laiton et d’étain

Provenance

Ancienne collection Alphonse de Rothschild (1827-1927)

Exemple comparable

Collection comte Charles-André Walewski

Cette tirelire, en acier et bronze doré, laiton et étain, de forme cylindrique, à décor de chutes de fleurs retenues par du feuillage et de bouquets floraux, possède un couvercle muni d’une fente et se soulevant au moyen d’une charnière et retenu à l’origine par un loquet accidenté, insculpée sur le revers du fond de la marque de l’orfèvre SVECHNIKOV A TULA.

La manufacture de Toula

Pouvant être comparée à un travail de bijoutier, cette tirelire est un exemple raffiné des objets créés aux XVIIIème siècle par la manufacture de Toula. La ville de Toula, située au sud de Moscou, a su exploiter très tôt sa situation géologique.
Le gisement de fer sur lequel la ...

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... ville est installée lui permit d’exister économiquement et de dépasser rapidement son rôle de producteur d’armes de guerre, de chasse, de duel et d’apparat. Établie en 1712 sous l’impulsion de Pierre Ier le Grand (règne 1682-1725), la manufacture atteignit son apogée grâce au savoir-faire exceptionnel de ses artisans et étendit sa production aux meubles et aux objets d’art dès les années 1740 sous le règne d’Elizabeth 1ère (règne 1741-1762) alors que le besoin en armes diminuait, conséquence de la fin de la guerre contre la Suède. Sortirent ainsi des ateliers de la manufacture aux côtés d’objets – tels que des bougeoirs, des coffrets, des tirelires – des meubles reprenant les formes traditionnelles du mobilier que sont les sièges ou encore les tables.
La spécificité des œuvres de Toula réside dans l’utilisation de différents matériaux sur le même objet. Sur ces pièces, d’un acier poli et parfois bleui d’une grande qualité, sont incrustées une multitude de « diamants d’acier taillés en facette » auxquelles sont ajoutées des incrustations en reliefs, ciselées en surface. Sur une même pièce, on combinait jusqu’à six métaux différents : l’acier, le cuivre, le laiton, l’étain, le bronze et l’or. Les objets de Toula concentrent ainsi un haut degré de maitrise technique et raffinement artistique.
Le prix des objets sortis de la manufacture de Toula était proportionnel à la complexité du travail et la durée consacrée à leur création, ce qui les firent qualifier dès l’époque de « raretés et préciosité ». Ainsi, seuls les membres de la famille impériale et l’aristocratie étaient en mesure de les acquérir. L’impératrice Catherine II (règne 1762-1796), grande amatrice convaincue des arts décoratifs et fervente protectrice de la production nationale, compléta sa collection – déjà conséquente – avec ces trésors de modernité qu’elle présenta annuellement à Tsarkoïe Selo. L’engouement pour les pièces de Toula se poursuivit sous le règne d’Alexandre Ier (règne 1801-1825) et ces dernières, présentées aujourd’hui au musée de l’Ermitage, sont considérées comme des œuvres phares de l’ancienne Galerie des Trésors du Palais d’Hiver.
La manufacture de Toula incarne ainsi la perfection artisanale et l’audace d’une identité russe affirmant sa place dans l’Europe du XVIIIème siècle. Le savoir-faire et l’habileté d’exécution des maîtres armuriers serruriers participèrent au rayonnement de la nation des tsars à travers le vieux continent notamment par des cadeaux diplomatiques.
L’aversion de Paul Ier pour sa mère, lui faisant détester tout ce qu’elle appréciait, la manufacture perdit progressivement son soutien dans les dernières années du XVIIIème siècle mais ce sont surtout les guerres napoléoniennes et le changement de goût qui eurent raison de cette production d’exception dans les premières années du XIXème siècle.

Bibliographie

Antoine Chenevière, Splendeur du mobilier russe, 1780-1840, édition Flammarion, Paris, 1988, p. 248
E. Ducamp, Pavlovsk, The Collections, Paris, 1993, p. 92
J. Kugel, Trésors des Tzars, la Russie et l’Europe de Pierre Le Grand à Nicolas Ier, Paris, 1998
A. Renner, Mobilier de métal de l’Ancien Régime à la Restauration, éditions Monelle Hayot, 2009

Bon état général, possible manque d’un petit loquet pour bloquer le fermoir

Galerie François Léage

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