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Saint Sébastien soigné par Irène - Cornelis De Beer  (1591– 1651)
Réf : AT1655
Prix sur demande
Époque :
XVIIe siècle
Signature :
Cornelis De Beer (Utrecht, 1591 – Madrid, 1651)
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
L. 147 cm X H. 107 cm
Galerie Michel Descours
Galerie Michel Descours

Peintures et dessins anciens et modernes


+33 (0)4 78 37 34 54
Saint Sébastien soigné par Irène - Cornelis De Beer (1591– 1651)

Signé et daté de 1618, Saint Sébastien soigné par Irène est probablement le premier tableau de la carrière espagnole de Cornelis de Beer. Si cet artiste oublié a laissé de nombreuses traces dans les archives espagnoles à partir de son installation à Madrid la même année, notre connaissance de sa formation et de ses débuts à Utrecht, sa ville natale, est quasiment nulle : on en ignore tout hormis sa date de naissance, découverte en 2010, et les noms de ses maîtres supposés, Abraham Bloemaert et Joachim Wtewael. Quoique le Saint Sébastien atteste une familiarité avec le caravagisme, le nombre de ses œuvres antérieures à la période madrilène aujourd’hui connues est si insignifiant qu’il ne permet pas de postuler un éventuel voyage à Rome, où il aurait pu, tel Gérard Seghers au cours de la même décennie, nouer des liens avec la communauté ibérique et former le projet d’aller chercher fortune en Espagne.

La stratégie commerciale que le peintre d’Utrecht met en place à Madrid ne trahit pas davantage de patronage aristocratique, à l’inverse de Seghers. Si Don Bartolomé de Anaya Villanueva, un secrétaire du roi, lui loue une maison, on ne lui connaît pas de soutien à la cour, et les activités qu’il cumule témoignent d’un parcours indépendant, puisque De Beer fait à la fois œuvre d’expert en peinture et d’éditeur d’estampes. Documentée de 1627 à 1642, la première de ces activités le conduit à faire l’estimation des collections d’art de personnages éminents lors de leur inventaire après décès, signe d’une reconnaissance professionnelle autant que sociale : font appel à ses services les familles de Don Antonio Ponce de Santa Cruz, médecin de la chambre du roi (1638), de Flavio Ati, ambassadeur du duc de Parme (1639), de Don Juan Carlos Schönburg, ambassadeur du Saint-Empire (1640). Parallèlement, De Beer commercialise des estampes, des images de dévotion principalement, fruit d’associations avec des graveurs tant espagnols que flamands, tels Juan de Noort, Pedro Rodríguez, Pedro Perret, ainsi qu’avec sa fille, Maria Eugenia de Beer, élève du dernier.

Le séjour qu’il effectue à Murcie vers 1640-1645, semble avoir été plus propice à la pratique de son art. Si le Triomphe du Sacrement peint pour l’église du couvent des capucins de Murcie, en 1648, jadis loué par Ceán Bermúdez pour son « coloris joyeux et frais et [sa] bonne imitation de la nature », est aujourd’hui perdu, l’église San Patricio de Lorca conserve toujours de sa main un cycle composé du Sacrifice d’Isaac, de La Mort d’Abel, de Dieu bénissant Noé et ses enfants à la sortie de l’Arche, de La Tentation de Job et de David et les trois jours de peste sur Israël. L’absence de reproductions de qualité rend néanmoins toute appréciation de ces œuvres impossible.

Les noms des deux maîtres qu’on attribue à De Beer trouvent un écho dans Saint Sébastien soigné par Irène : la posture contrainte du corps, la coiffe extravagante de la sainte, les accents colorés dans le tronc d’arbre sont des traces résiduelles laissées par l’exemple maniériste de Wtewael, tandis que l’imitation naturaliste du corps témoigne d’une assimilation de la leçon caravagesque de Bloemaert. Il est également tentant d’établir une analogie en aval avec le tableau postérieur de Francesco Cairo (1607-1665), aujourd’hui au musée des Beaux-Arts de Tours. L’inclinaison de la tête et le contour du torse, presque exactement similaires, invitent à se demander si le peintre lombard n’aurait pas rencontré dans sa jeunesse le tableau nordique, lequel l’aurait aidé à composer sa propre version du sujet en le tirant vers le ténébrisme. L’ignorance dans laquelle nous sommes du parcours du Saint Sébastien de De Beer autorise à voir dans cette analogie l’indice d’un possible séjour du peintre en italie. Mais une telle projection induirait une exécution immédiatement antérieure à l’installation du peintre à Madrid. Un second exemplaire de cette composition, non signé ni daté mais vraisemblablement autographe, est conservé à l’Academia de Bellas Artes de San Fernando.

Galerie Michel Descours

Tableaux XVIIe siècle