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Paire de portraits de format monumental de deux notables de Charleston
Paire de portraits de format monumental de deux notables de Charleston - Tableaux et dessins Style Paire de portraits de format monumental de deux notables de Charleston - Pingel Rare Books
Réf : 99009
24 000 €
Époque :
XIXe siècle
Provenance :
France
Dimensions :
L. 114 cm X l. 88 cm
Tableaux et dessins Tableaux XIXe siècle - Paire de portraits de format monumental de deux notables de Charleston XIXe siècle - Paire de portraits de format monumental de deux notables de Charleston
Pingel Rare Books
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Livres, carte géographiques, tableaux et dessins


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Paire de portraits de format monumental de deux notables de Charleston

Deux huiles sur toile dans leurs cadres d’époque. 114 x 188 cm Toiles d’origine avec marque du marchand de fourniture au revers du portrait de Peter Drege (illus. 01) : « Vallé & Bourniche / Seuls élèves et Suc. De / Belot / Rue de l’Arbre Sec n° 3 »[1].

Signature en bas à droite sur le portrait de Peter Drege : « Dubufe ».

Provenance : resté dans la famille des modèles par descendance.

Bibliographie : inédit.

Membre fondateur d’une illustre dynastie d’artistes, Claude Marie Dubufe a mené une brillante carrière de portraitiste. Destiné initialement à travailler dans l’univers de la diplomatie, il préfère néanmoins suivre ses goûts en pratiquant la peinture. La tradition familiale rapporte notamment que Jacques-Louis David, dont il a fréquenté l’atelier, serait lui-même venu trouver son père pour le convaincre du talent de son fils au moment où le jeune homme allait s’embarquer pour l’Amérique. Exposant régulièrement au Salon, ...

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... Claude Marie Dubufe connaît un succès notable et se voit gratifié de nombreuses commandes prestigieuses. Décoré de l’ordre de la Légion d’honneur (1837), il est l’un des portraitistes attitrés de la grande bourgeoise ainsi que de la noblesse du XIXe siècle.

Le peintre réalise notamment l’effigie de l'actrice Harriet Smithson, femme d'Hector Berlioz (illus. 02), mais aussi celles de Peter Drege et de son épouse, Margaret Félicite Colzy. Cette dernière est la fille de Louis Charlemagne Colzy, dit « Charles ». Né à Lyon en 1770, celui-ci s’établit dans un premier temps à Saint-Domingue. En 1791, lors du déclenchement de la Révolution haïtienne, il fuit l’île pour s’établir à Charleston. Ayant épousé Angélique Guerin, le couple a donné naissance à sept enfants. Charles exerce la profession de tailleur, il s’éteint en juin 1819 et est inhumé au Saint Mary of the Annunciation Cemetery de Charleston. C’est dans cette même ville que Margaret Felicite Colzy épouse Peter Drege, le 7 février 1816, lors d’une cérémonie dirigée par le révérend Mr. Duclos Riviere. A l’instar de son beau-père, Peter Drege exerce aussi la profession de tailleur. Il est notamment le directeur de l'entreprise textile « Firm of Peter Drege & Co », située au 139 E. Bay St. à Charleston[2]. L’entrepreneur est également référencé dans l’édition de 1825-1827 du Longworth's American almanack, New-York register, and city directory, qui indique qu’il possède une boutique au 33 South h. 18 walker[3].

Une étude attentive de la presse de l’époque permet d’en savoir plus sur ces différentes activités. Peter Drege a en effet publié de nombreuses annonces dans le Columbian museum and Savannah daily gazette[4]. Un article paru dans The Daily Georgian du 13 janvier 1821, apporte nombre de renseignement sur son commerce :«New Store and New Goods. PETER DREGE, MOST respectfully informs his friends and the public in general, that he has just arrived from Charleston with a great quantity of extra superfine Gentlemen’s HATS, and the most fashionable made Clothing. The above Goods are just received by the latest arrivals from London, Liverpool and Philadelphia. Peter Dregee flatters himself that his friends and the public will be pleased with the prices and the quality of his Goods, and that he shall endeavor to satisfy those who will honor him with their Custom. »[5]

Visiblement bien intégré au tissu social de la Caroline du Sud, Peter Drege est également signataire d’une pétition, le 11 décembre 1838, pour « The establishment of a port of entry and the erection of a light-house at Indian Key »[6].Malgré leur établissement sur le sol américain, les familles Drege et Colzy conservent des attaches solides en France et rentrent régulièrement au pays. Peter Drege est ainsi passager du paquebot "Ville-de-Lyon" à destination de New York en mai 1842[7]. Il est par ailleurs aussi mentionné comme arrivant du Havre dans le Morning Herald du 7 septembre 1840[8]. Le couple portraituré par Claude Marie Dubufe a notamment donné naissance à une fille, Marie-Catherine-Paméla Drege[9]. Celle-ci a épousé Marie-Joseph-Anatole de Sevin et semble avoir principalement vécu à Toulouse où elle est décédée le 8 août 1902[10].

Le choix des deux modèles de solliciter Claude Marie Dubufe repose sur plusieurs critères. Premièrement, l’artiste est un des portraitistes les plus en vue de son époque. De nationalité française, il rattache également le couple à ses origines. Cette décision est sans doute aussi un choix stratégique et valorisant, il leur permet de montrer une véritable connexion avec la scène artistique parisienne et d’attester par ailleurs de leur bon goût. La trajectoire de deux œuvres du peintre, Adam et Ève ainsi que Le paradis perdu[11] (illus. 03-04), est un facteur sans doute déterminant dans ce choix. Exposés au Salon en 1827, les tableaux sont montrés à Londres en 1829 puis acquis, trois ans plus tard, par les frères Brette. Les deux toiles bénéficient alors d’une grande tournée d'exposition américaine entre 1832 et 1838. Outre New-York et Boston, les œuvres sont notamment visibles à l’Academy of Fine Arts de Charleston, du 27 janvier au 5 mars 1834, puis à Augusta et Savannah, du 14 mars au 9 avril de la même année[12]. Cette tournée américaine semble avoir bien fonctionné et durablement marqué les esprits comme en témoignent des répliques des œuvres exposées à la National Academy of Design de New York mais aussi à Worcester (Mass.) en 1849[13]. Ces deux portraits du couple Drege attestent de la force des liens franco-américains, ils constituent par ailleurs un éclatant témoignage sur la vie en Caroline du Sud durant la première moitié du XIXe siècle. D’une main habille et alerte, Claude Marie Dubufe a capté avec maestria l’essence de ces deux modèles. Cette paire de tableaux rentre en parfaite résonnance avec une critique des œuvres du peintre parue dans l’Annuaire des Artistes de l’année 1834. Ce texte précise notamment que :« Monsieur Dubufe s’applique à mériter le succès qu’il a obtenu ; il fait de charmants portraits de dames et ses portraits d’hommes ne leur cèdent en rien ; souvent il est vrai, ses têtes de femme ont un air de famille mais ses poses outre qu’elles sont gracieuses ont le mérite d’avoir un abandon, une souplesse, un laisser-aller qui est rare chez les portraitistes »[14].


[1] Un Portrait de la Comtesse de Cholier de Cibeins, également de la main de l’artiste, a été lui aussi réalisé sur une toile de Vallé & Bourniche, Cf. Claude Marie Dubuffe, Portrait de la Comtesse de Cholier de Cibeins, XIXe siècle, huile sur toile, 130 x 98 cm, Paris, vente Millon du 13 décembre 2013, lot n° 60. Le terminus ante quem de nos deux portraits correspond à la fin de la collaboration entre Vallé & Bourniche en 1841, la marque du marchand se trouvant au dos de la toile n’ayant pu être apposée après cette date.
[2] James W. Hagy (dir.), Directories for the city of Charleston, South Carolina, Baltimore, Clearfield, 1997, p. 104.
[3] Longworth's American almanack, New-York register, and city dir

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