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Table de goût Anglo-Chinois attribuée à Pierre Garnier vers 1760
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Réf : 67156
VENDU
Époque :
XVIIIe siècle
Materiaux :
Merisier
Dimensions :
H. 73 cm | Ø 34 cm
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Antiquités Franck Baptiste
Antiquités Franck Baptiste

Mobilier régional et Parisien et objet d'art


+33 (0)6 45 88 53 58
Table de goût Anglo-Chinois attribuée à Pierre Garnier vers 1760

Table de salon en merisier massif et incrustation d’amarante.
De forme circulaire, elle repose sur un piètement tripode maintenu par une tablette d’entretoise à bordure ajourée, tout comme les montants et la traverse cerclant le plateau à cuvette .
Le plateau est incrusté de trois frises circulaires en amarante.
Ornementation de bronzes dorés d’origine dont des sabots en chaussons et des rosaces en tournesols pour les dés de raccordement.

Trés bon état de conservation ; petite restaurations sur les bordures ajourées.

Travail attribuable à Pierre Garnier à Paris vers 1760-1765.

Provenance : Importante collection Helvétique.

Dimensions : Hauteur : 73 cm ; Diamètre : 34 cm

Le goût anglo-chinois est apparu en Angleterre suite aux gravures de Wililam Chambers publiées en 1757 : « Traité des édifices, meubles, habits, machines et ustensiles chinois ».
Cette mode est différente de l’intérêt porté aux pièces orientales dans les décennies précédentes.
Si dans les années 1730-1750 la création de salons Chinois dans les châteaux était courante, vers 1765 c’est la création de Jardin Anglo-Chinois qui fût à la mode.
De nombreux châteaux adoptèrent ce gout à l’opposé des jardins à la Française.
Chantilly, Amboise, Chanteloup et bientôt Versailles cédèrent à cette mode venue de Grande Bretagne.
La construction de la Pagode chinoise de Chanteloup sera l’apogée et une des meilleures publicités de ce style, le Duc de Choiseul, en disgrâce y recevra quelqu’un des personnages les plus importants de l’époque.
C’est pour meubler ce type de construction que fût créé quelques meubles d’un style nouveau.
Quelques ébénistes et menuisiers visionnaires produiront des 1765-1770 des pièces de ce style.
Nous pouvons citer quelques rares fauteuils de Georges Jacob, notamment ceux créés pour Le Duc de Penthièvre , ou encore la table octogonale portant la marque de Chanteloup et présente comme les fauteuils au musée du Louvre, d’autres rares pièces font parties des plus grandes collections.

Avec le Duc de Choiseul et le Duc de Penthièvre , le Marquis de Marigny fût un des grands mécènes de son époque.
Frère de la marquise de Pompadour, il meuble richement leur château de Ménars, et conçoit aussi un jardin anglo-chinois .
Son ébéniste attitré Pierre Garnier (1726-1800) reçu maitre en 1742 est un des créateurs du style à La Grecque, style qu’il poussera à son sommet.
Il est fort probable qu’il réalisa pour le Marquis des meubles anglo-chinois.
Cette production est attestée chez lui par la petite table similaire à la notre publiée page 144 du livre de Christophe Huchet de Quénétain « Pierre Garnier ».
Elle adopte les mêmes bronzes, les mêmes formes avec ce piètement tripode et ses montants ajourées.
Aujourd’hui nous ne connaissons que trois meubles aux montants ajourés, les deux tables de Pierre Garnier et une table conservée au Metropolitan Museum de New York portant la double estampille Oeben et RVLC.

Un autre meuble présent au musée des arts décoratifs de Paris nous permet d’attribuer notre table à Pierre Garnier avec certitude.
Il s’agit d’un cabinet Anglo-Chinois incorporant des plaquettes d’ivoire peintes et dorées N°INV 2009.1.1
Ce meuble est unique, il s’agit d’une création inédite qui lui vaudra à l ‘époque (1761) un commentaire dans le journal l’avant coureur.
On peut y lire :

« L’ébénisterie est un de ces arts où le goût et la recherche ont le plus d’occasion de se montrer ; l’artiste y a toujours du moins le mérite de la difficulté vaincue. Notre siècle plus minutieux qu’aucun autres, est très curieux de ces petits meubles de rapport où la précision de l’ouvrier se fait admirer, et nous en avons vu de ce genre qui nous a paru mériter l’attention des connaisseurs. C’est une espèce de petit cabinet dont le revêtissement est formé de pièces d’ivoires découpées, sculptées, dorées et peintes en Chine. Les espèces de tableaux que forment ces pièces, sont adroitement distribués sur le fond qui est de bois de cerisier travaillé à jour en guillochis, découpé en grillage. Le tout forme une table posée sur un soubassement, à la moitié des pieds de laquelle se trouve, comme un vide-poche ; une tablette bordée de bandes à jour, faisant la corbeille. Sur cette table se trouve le cabinet doublé de glace et orné de pilastres qui coupent les tableaux Chinois. Une galerie en guillochis découpé, couronne l’ouvrage. On a ménagé un grand tiroir dans le soubassement des côtés. Toute cette jolie machine fait honneur au sieur Garnier, ébéniste, qui a tiré parti des pièces et travaillé le morceau d’ébénisterie qui leur sert de fond. Les curieux pourront voir cette pièce chez lui, rue Neuve-des Petits-Champs, vis-à-vis Monsieur de Montmartel. »

Ce meuble exceptionnel présente deux similitudes notables avec notre table, l’utilisation de cerisier massif, inédite dans l’ébénisterie parisienne de cette époque et la présence dans cette essence de bordures travaillés à jour en guillochis, découpés en grillage.
Ces caractéristiques exceptionnelles ne se rencontrent que sur deux meubles, notre table et le cabinet du musée.
Enfin comme sur la petite table présentée page 144, le but de cet ensemble de trois meubles est d’imiter le mobilier Chinois pour le décor tout en conservant une touche européenne.

Précisions aussi que notre table provient de la même collection que celle publiée dans le livre.

Notre avis :

Cette table de salon de Pierre Garnier n’est pas d’un modèle courant, non, elle est unique tout comme les deux autres meubles cités.
Il s’agit d’une pièce de collectionneur commandité à l’époque par les plus grands mécènes de la noblesse, cette mode ayant touché uniquement les propriétaires de jardin anglo-chinois.
Un rare témoignage donc et un prototype unique aux formes aériennes mêlant les style Louis XV aux influences asiatiques.

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Table Louis XV

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