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Pendule Empire "à l’Egyptienne", modèle dit "de Thomas Hope"
Pendule Empire "à l’Egyptienne", modèle dit "de Thomas Hope" - Horlogerie Style Empire Pendule Empire "à l’Egyptienne", modèle dit "de Thomas Hope" - La Pendulerie
Réf : 81883
Prix sur demande
Époque :
XIXe siècle
Signature :
Mesnil, Ravrio
Provenance :
France
Materiaux :
Bronze doré, bronze patiné, marbre rouge griotte
Dimensions :
l. 28 cm X H. 53.5 cm X P. 20 cm
Horlogerie Pendule - Pendule Empire "à l’Egyptienne", modèle dit "de Thomas Hope" XIXe siècle - Pendule Empire "à l’Egyptienne", modèle dit "de Thomas Hope"
La Pendulerie
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Pendules et objets d'art d'exception XVIIe-XIXe siècle


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Pendule Empire "à l’Egyptienne", modèle dit "de Thomas Hope"

Mesnil
La caisse attribuée à André-Antoine Ravrio (1759-1814)

Rare pendule de cheminée dite « à l’Egyptienne » en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre rouge griotte
Modèle dit « de Thomas Hope »

Paris, époque Empire, vers 1805.
Hauteur 53,5cm ; largeur 28cm ; profondeur 20cm.

La cadran circulaire émaillé blanc, signé « Mesnil à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en acier poli-bleui œil de perdrix dites « Breguet ». Le mouvement, à sonnerie des heures et demi-heures, est renfermé dans une caisse architecturée à figure mythologique entièrement réalisée en bronze très finement ciselé, patiné « à l’antique » et doré à l’or mat ou à l’or bruni et marbre rouge griotte. La lunette, ornée de frises moletées d’entrelacs à cabochons ou fleurettes stylisées, s’inscrit ...

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... sur une platine décorée de deux scarabées en écoinçons inférieurs ; le boite est soutenue par une superbe figure féminine debout représentant une Egyptienne, poitrine dénudée, vêtue d’une longue robe « à la grecque » et coiffée du némès. La figure, adossée à un panneau en niche, est flanquée de deux pilastres carrés richement agrémentés de réserves à panneaux figurant des hiéroglyphes en léger relief à décor notamment d’obélisques et têtes d’Apis et d’Horus et sommés de majestueux lions assis sur leurs postérieurs. L’ensemble repose sur une base moulurée, arrondie en façade, supportée par quatre pieds traités en boules aplaties.

Pour contrecarrer les ambitions britanniques en Orient, la France mène, en 1798 et 1801, une expédition en Egypte afin de s’emparer du pays et de dominer politiquement et économiquement la région. Dirigée par le général Bonaparte, puis par ses successeurs, cette opération militaire, mieux connue sous le nom de « Campagne d’Egypte », se double d’une véritable mission de recherche composée d’éminents scientifiques, d’historiens et d’artistes de tout premier plan. De retour en France, les répercussions sont exceptionnelles, particulièrement dans le domaine des arts décoratifs. Dès 1802, le baron Vivant-Denon publie Voyage dans la Basse et la Haute Egypte, ouvrage qui rencontre un immense succès. Puis ce sont les architectes, les peintres et les artisans qui se mettent à donner leur propre interprétation des modèles égyptiens qu’ils déclinent et intègrent à leurs créations. Dans le domaine des arts décoratifs, candélabres, consoles, flambeaux, pendules, meubles, sièges et cheminées s’ornent de figures hiératiques féminines directement inspirées de la sculpture monumentale de l’Egypte des pharaons.

La rare pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte particulier. Sa composition originale, à figure d’Isis debout portant le cadran, est due à Thomas Hope (1769-1831), collectionneur, écrivain et décorateur anglo-néerlandais installé au début du XIXe siècle à Londres dans une somptueuse résidence sur Duchess Street. Décorateur génial, Hope mit en scène ses collections en créant notamment une célèbre salle égyptienne dans laquelle il plaça une pendule de sa conception qu’il fit réaliser à Paris par le bronzier Ravrio et l’horloger Mesnil et qui correspond à une pendule dite « à l’Egyptienne » du même modèle que celle que nous proposons ; de nos jours, l’exemplaire « Hope » appartient au Royal Pavilion Art Gallery and Museum de Brighton (voir le catalogue de l’exposition Egyptomania, L’Egypte dans l’art occidental 1730-1930, Paris, Musée du Louvre, 1994, p.192-193). Immédiatement, le modèle rencontra un immense succès auprès des grands collectionneurs et quelques horloges, avec certaines variantes dans le décor, furent réalisées parmi lesquelles nous pouvons citer : un premier exemplaire, signé « Ravrio bronzier » et « Mesnil Horloger », qui est illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.336, fig.5.3.2 ; un deuxième apparaît dans une vue intérieure de la célèbre collection Mancel au milieu du XXe siècle (paru dans S. Chadenet, Les grands styles, Les styles Empire et Restauration, Editions Baschet et Cie, Paris, p.25, fig.2) ; un troisième, le cadran de « Ravrio bronzier » et « Raguet-Lépine », est passé en vente à Paris en 1991 (voir J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, La pendule à Paris de Louis XIV à Napoléon Ier, Genève, 1996, p.358, fig.265) ; enfin, citons une dernière pendule de ce type, sur laquelle les montants à pilastres ornés de hiéroglyphes sont absents, qui est reproduite dans P. Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au XXe siècle, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1997, p.381, fig. B.

Mesnil
La signature « Mesnil Horloger » correspond de toute évidence à l’un des membres de la famille Dugrandmesnil ou Dumesnil, dynastie d’horlogers parisiens qui semble avoir sensiblement raccourci son patronyme à la Révolution pour éviter tout malentendu vis-à-vis des comités révolutionnaires. Sur de nombreux cadrans, le nom de Mesnil est associé à celui de l’artisan Ravrio avec lequel il collabora régulièrement sous l’Empire. Dès cette époque, certaines de ses pendules étaient mentionnées dans certaines grandes collections, mentionnons notamment celles brièvement décrites dans les inventaires après décès du général Joseph-Félix Lazowski, du marquis Germain Garnier, d’Emmanuel-Marie-Louis marquis de Noailles, ambassadeur de France à Vienne, de Louis-Alexandre Berthier prince de Wagram et de Son Excellence Michel Ney prince de la Moskowa, ancien maréchal de l’Empereur Napoléon.

André-Antoine Ravrio (1759-1814)
Figure parmi les plus importants bronziers parisiens de l’époque Empire. Fils de fondeur et apparenté par sa mère à la famille de l’ébéniste de Marie Antoinette, Jean-Henri Riesener, il se forme dans l’atelier familial, accède à la maîtrise de fondeur en 1777 et installe son propre atelier quelques mois après la Révolution. Rapidement, il connaît une grande notoriété et devient l’un des fournisseurs attitrés du Garde-meuble impérial en participant, aux côtés de ses confrères Pierre-Philippe Thomire (1751-1843) et Claude Galle (1759-1815), au réaménagement des principales résidences de Napoléon et à la fourniture de nombreux bronzes d’ameublement pour les grandes personnalités de l’époque, notamment certains maréchaux d’Empire. De nos jours, certaines de ses réalisations appartiennent aux collections du Mobilier national à Paris.

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