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Important médaillon représentant un guerrier
Important médaillon représentant un guerrier - Sculpture Style
Réf : 42682
Prix sur demande
Époque :
<= XVIe siècle
Provenance :
France
Materiaux :
Pierre
Dimensions :
l. 71 cm X H. 96 cm X P. 22 cm
Galerie Sismann
Galerie Sismann

Sculpture européenne 1000 - 1800


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Important médaillon représentant un guerrier

Rare médaillon à l'antique représentant un homme coiffé d'un casque et habillé en toge grandeur nature
Haut-relief en pierre
Région de la Loire
Première moitié du 16ème siècle

C'est dans une pierre calcaire extraite dans le Val de Loire que cette œuvre imposante à la modénature sobre et classique a été sculptée. Au cœur d'un médaillon mouluré, se dresse de face le buste d'un homme grandeur nature, habillé à la romaine, coiffé d'un casque et vêtu d'une toge fluide nouée sur son épaule droite dévoilant un torse puissant.
Ambitieux autant par ses dimensions, que par son style et son sujet, ce haut-relief se fait l’écho de la mode du portrait « à l'Antique », emblématique de la première Renaissance en France. Agrandi par un large encadrement rectangulaire permettant de l'encastrer dans une façade, ce tondo s'inscrit dans la tradition italienne du médaillon architectural sculpté, une typologie introduite en France après les Guerres d'Italie et largement diffusée sur le territoire français dès la fin du XVe siècle comme en atteste l'incontournable chantier de Gaillon. Sur les façades de cette résidence de l’archevêque de Rouen, Georges d’Amboise, on pouvait ainsi observer dans les cours, des panneaux de pierre sculptés de grotesques et de grands médaillons en marbre, inspirés de l’Antique, représentant des empereur et des impératrices (1). D'autres exemples de même typologie peuvent être observés dans le centre de la France, dans la région tourangelle, le Poitou ou encore la Loire. Citons ainsi les médaillons des clefs de voûte du château de Bonnivet à partir de 1515 (2), les médaillons de la cour intérieure de l’Hôtel de Beaune à Tours en 1518-1520, ou encore ceux du caisson de l’escalier du château d’Azay-le-Rideau vers 1515-1520 (3).

Cependant, notre œuvre se distingue de ces antécédents par l’intérêt tout particulier qu'elle accorde au haut-relief. Cette démarche inventive fleurit alors ponctuellement dans quelques ateliers régionaux où les sculpteurs, abandonnant peu à peu la typologie du profil en bas-relief, choisissent de faire émerger avec beaucoup de vie des figures de leurs cadres. De part cet aspect, notre médaillon peut ainsi être mis en parallèle avec le Buste de femme en médaillon du musée des Beaux-Arts de Lyon (4), provenant d'une maison de Vienne mais sculpté dans le Val de Loire, ou encore, un peu plus éloigné géographiquement, avec les médaillons de la Maison des Chevaliers à Viviers en Ardèche (5). Si comme notre œuvre ces sculptures sont caractérisées par une même pratique du haut-relief, avec des bustes émergeant assez théâtralement de leur cadre, elles n'en demeurent pas moins stylistiquement différentes. Ce constat est sans détour pour le médaillon de Lyon, quand ceux de Viviers présentent néanmoins un traitement plus proche, avec les mêmes visages très étirés, un long nez et de petits yeux assez rapprochés de l'arrête de ce dernier.

Pour autant, c'est bien vers le Val de Loire, au cœur du département du Cher, qu'il faut se tourner à nouveau pour trouver les rapprochements stylistiques les plus probants. Sur la façade du château de Brécy, de part et d'autres de la porte d'entrée, sont incrustés deux médaillons abritant respectivement le buste d'une figure masculine couronnée, de dos (6), ainsi que celui d'une femme, pouvant être identifiée grâce aux serpents s’échappant de sa coiffure comme la Gorgone Méduse(7). Cette dernière, bien qu'ayant subit quelques restaurations au cours des dernières décennies, présente exactement les même caractéristiques stylistiques que celles de notre buste. On retrouve ainsi notre physionomie très particulière au visage allongé et aux mâchoires supérieures prononcées, avec un nez très étiré et de petits yeux rapprochés. Les nœuds des étoffes sont tout à fait similaires de même que le traitement des corps, alors que ces derniers tentent de s'extraire de leur cadre, débordant de leurs cartouches. Au delà de ces premiers éléments de comparaison, il faut souligner que ces trois médaillons présentent une bordure ornée de moulures tout à fait identiques, et qu'ils présentent tous trois les mêmes dimensions (66 cm de diamètre). Ainsi, il y a fort à parier que ces trois médaillons aient été réalisés par un seul et même atelier, actif dans le Val de Loire dans le second quart du XVe siècle. Il se pourrait même qu'ils aient été conçus dans le but d'orner le même château, celui de Pesselières. En effet, Alphonse Buhot de Kersers, un érudit local du XIXe, nous apprend dans son Histoire et statistique monumentale du département du Cher que les deux médaillons du château de Brécy ont été installés de part et d'autres de la porte peu avant 1875, et « qu'ils sont sortis, dit on, du château de Pesselières, commune de Jalogne » (8). Dans ce château endommagé au XVIe siècle par les guerres de religions, puis, à la fin du XVIIIe siècle par la Révolution, nos trois médaillons auraient pu intégrer un ensemble décoratif plus large, centré autour des grandes figures héroïques de la mythologie greco-romaine, ornant les façades et cheminées du château. Peut-être avons nous alors ici sous nos yeux le Persée ou l'Achille courroucé de ce programme architectural si emblématique de la première Renaissance en Val de Loire.

(1) Anonyme, Médaillon d'empereur romain pour la décoration des façades du château de Gaillon : Gordien III, marbre, Gênes ou Milan, v. 1500, Paris, Musée du Louvre, RF 3097.
Anonyme, Château de Gaillon – Fragment de sculpture (XVIe siècle), gravure sur papier, in Revue Générale de l'Architecture et des Travaux Publics, Paris, 1883, Série 4, vol. 10, pl. 34.
(2) Anonyme, Médaillon sculpté d'une tête barbue et casquée provenant du Château de Bonnivet (Vendeuvre-du-Poitou), calcaire, v. 1515, Poitiers, Musée Sainte-Croix, 2007.0.A.22
(3) Anonyme, Médaillons du grand escalier du château d'Azay-le-Rideau, Val de Loire, v. 1515-1520, Azay-le-Rideau
(4) Anonyme, Buste de femme en médaillon provenant d'une maison de Vienne, calcaire, Val de Loire, 1532, Lyon, Musée des Beaux-Arts, inv. D 792
(5) Anonyme, Buste en médaillon du premier étage de la façade de la Maison des Chevaliers, pierre, v. 1540, Viviers (Ardèche), Maison des Chevaliers
(6) Anonyme, Buste en médaillon d'un homme de dos provenant du château de Pesselières, pierre, Val de Loire, second quart du XVIe siècle, Château de Brécy (Cher).
(7) Anonyme, Buste en médaillon de la Gorgone Méduse provenant du château de Pesselières, pierre, Val de Loire, second quart du XVIe siècle, Château de Brécy (Cher).
(8) Jules Boussard, Médaillons du château de Brécy, gravure, in Buhot de Kersers, Statistique monumentale du département du Cher : Canton des Aix-d'Angillon, Paris, 1875, p. 23, pl. IX

Probablement Château de Pesselières (Jalognes)

Galerie Sismann

<   XVIe siècle
Buste en marbre xvie
Buste en marbre xvie

5 500 €

Sculpture en pierre