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Portraits de la Duchesse de La Vallière & de la Marquise de Montespan
Portraits de la Duchesse de La Vallière & de la Marquise de Montespan - Tableaux et dessins Style
Réf : 86143
Prix sur demande
Époque :
XVIIIe siècle
Signature :
Jacob Ferdinand Voet & Giovanni Stanchi
Materiaux :
Huils sur cuivre
Dimensions :
L. 21.2 cm X H. 25.7 cm
Tableaux et dessins Tableaux XVIIe siècle - Portraits de la Duchesse de La Vallière & de la Marquise de Montespan
F. Baulme Fine Arts
F. Baulme Fine Arts

Peintures et dessins anciens


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Portraits de la Duchesse de La Vallière & de la Marquise de Montespan

Jacob Ferdinand Voet (Anvers 1639- Paris 1689) &
Giovanni Stanchi, dit Giovanni Stanchi dei Fiori (Rome 1608- Ca. 1675)

Portrait présumé de Louise de La Baume Le Blanc, Duchesse de La Vallière &
Portrait présumé de Françoise-Athénaïs de Rochechouart Mortemart, Marquise de Montespan

Vers 1668-1670
Paire d’huiles sur cuivre
25,7 x 21,2 cm

Une inscription ‘Colonna’ au dos de chaque plaque,
au dos de l’une ‘de la Vallière’ et de l’autre ‘de Montespan’.

Provenance : Collection de Lorenzo Onofrio Colonna (1637- 1689), Inventaire Colonna 1714- 1716, No. 746.

Expertise : Francesco Petrucci, Septembre 2018.

Fils d’un peintre d’Anvers, Jacoab Ferdinand Voet passa la plus plus grande partie de sa carrière en Italie, principalement à Rome, où il fut un portraitiste parmi les plus réputés entre le pontificat Rospigliosi (1667- 1669) et le début du pontificat Odescalchi (1676-1685). Là il réalisa un très grand nombre de portraits, ...

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... et c’est aujourd’hui pour sa production romaine qu’il est essentiellement connu et notamment pour les très beaux portraits des sœurs Mancini, nièces de Mazarin. Il est probable que pendant la période romaine Voet se soit déplacé plusieurs fois dans la péninsule, peut-être à Gênes, sans doute à Milan, mais aussi à Florence, Modène, Parme, il fut également convoqué par Charles II roi d’Espagne pour réaliser des portraits à la cour, ainsi qu’auprès de Christine de Suède. Entre 1682 et 1684 il s’installa au Piémont, où il travailla pour les Savoie et l’aristocratie locale. Il termina ses jours à Paris, où il eut, néanmoins, le temps de réaliser aussi de nombreux portraits des personnages de la cour : le marquis de Louvois, premier ministre de Louis XIV, Philippe duc d’Orléans, frère du roi ainsi que d’autres importants ministres.

La renommée de l’artiste a été largement répandue de son temps du fait de sa production de galeries ou cabinets des dames, appelés Gallerie delle Belle en italien. Il s’agissait, plus précisément de suites de portraits des plus belles dames romaines, destinées à orner les galeries des palais de la ville. Si ce type de séries n’est pas une invention originale de Voet à proprement parler, son rôle dans cet essor dans la Rome de la moitié du XVIIe siècle est indéniable et sous son pinceau ces galeries de portraits deviennent une véritable mode. La série avait initialement été conçue par l’artiste pour les Chigi en 1672 et avait notamment été inspirée par les sœurs Mancini. Connaissant un grand succès, elle fut ensuite produite avec des répliques ou des variantes pour un grand nombre de maisons de la noblesse de la péninsule, parmi lesquelles, les Savoie, les Altieri, les Massimo, et les Colonna. C’est précisément de cette dernière collection que proviennent nos deux portraits.

En effet, cette paire de cuivres doit être mise en relation avec un document daté du 14 mars 1673, publié par Francesco Petrucci, il s’agit du mandat de paiement exécuté pour le compte du prince Colonna au profit du peintre Voet pour la réalisation de plusieurs portraits de grand et petit format. Si cette description demeure trop générique pour pouvoir identifier précisément nos portraits, l’inventaire du prince Filippo II Colonna vient préciser cette commande et permet ainsi de corroborer le lien étroit existant entre notre paire de portraits et la collection du prince Colonna. Cet inventaire de la collection Colonna, rédigé entre 1714 et 1716, fait mention de deux portraits de Voet entourés de guirlandes fleuries de Stanchi de petite taille et sur cuivre. Considérés perdus, ils ont été identifiés par Francesco Petrucci, spécialiste de Voet et du portrait romain du XVIIe siècle, avec la paire ici présentée.

Il est difficile de confirmer avec certitude l’identité des modèles. Deux inscriptions au dos des plaques les désignent comme étant les deux maîtresses de Louis XIV. Cela paraît appuyé par une ressemblance certaine avec l’apparence des deux dames, extrêmement bien documentée par un grand nombre de portraits. Il est facilement envisageable que des portraits de ces dames célèbres maîtresses du Roi Soleil trouvaient leur place au sein de la galerie des dames du prince Colonna.

Comme indiqué dans l’inventaire de succession notre paire de portraits naît donc, incontestablement, de la main de Voet, un des principaux portraitistes de la noblesse dans la Rome baroque. Toutefois, ces images sont d’autant plus riches qu’elles sont issues de la collaboration avec un autre peintre, Giovanni Stanchi, un véritable spécialiste de la peinture florale et dont l’intervention permit d’enrichir sensiblement ces deux cuivres par l’ajout de vivaces et abondantes guirlandes de fleurs. Giovanni Stanchi intervint à plusieurs reprises chez les Colonna, on lui doit, en effet, aussi les guirlandes de deux des quatre peintures sur glace réalisées par Carlo Maratti mettant en scène des jeux de putti.

Enfin, il convient de rapprocher nos cuivres d’une autre plaque connue sur le marché de l’art de dimensions légèrement supérieures aux nôtres et qui est également mentionné dans le même inventaire. Un tel rapprochement permet de confirmer l’hypothèse déjà émise par Francesco Petrucci, spécialiste de Voet et du portrait romain, de l’existence d’une Galleria delle Belle chez les Colonna. L’identification de ce premier noyau d’œuvres sur cuivre entourées de guirlandes fleuries laisse espérer la découverte d’autres œuvres de même type destinées à cette même série qui est tout à fait caractéristique du goût de l’époque et hautement représentative de la finesse de l’art de Voet.

F. Baulme Fine Arts

Tableaux XVIIe siècle