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Pierre-Alexandre WILLE dit WILLE le fils (Paris, 1748 - 1821)
Réf : 64538
Prix sur demande
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
France, collection particulière
Materiaux :
Huile sur toile - cadre en bois sculpté et doré
Dimensions :
L. 89 cm X H. 73 cm
Galerie Alexis Bordes
Galerie Alexis Bordes

Tableaux et dessins du XVIIe au XIXe siècle


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Pierre-Alexandre WILLE dit WILLE le fils (Paris, 1748 - 1821)

Le Retour à la vertu
1773

Daté 1773 sur le livre ouvert à droite

Pierre-Alexandre grandit dans une maison où régnaient l’eau-forte et la peinture hollandaise : la collection des maîtres du Siècle d’Or de Wille le Père fut parmi les plus réputées à Paris. On y trouvait également de nombreuses œuvres de Jean-Baptiste Greuze, ami intime de la famille, et c’est tout naturellement que Jean-Georges le choisit comme maître pour son fils. En 1761, il écrivit dans son journal : « Notre fils est allé pour la première fois chez notre ami M. Greuze pour être son élève. Heureux s’il veut bien profiter sous un tel maître de peinture. » Pierre-Alexandre poursuivit son apprentissage dans l’atelier de Joseph-Marie Vien, sans que sa manière ne s’en ressente, déjà profondément marquée par la précision du dessin des graveurs allemands, par les scènes de genre hollandaises et surtout par l’art sentimental de Greuze. En 1774, Pierre-Alexandre fut agréé à l’Académie « avec un applaudissement presque universel ».

« Toutes les têtes, au nombre de sept, ont leur caractère prononcé & concourent à l’unité de l’action. Une Villageoise, échappée à l’autorité paternelle, cherche à rentrer en grâce : l’accoutrement brillant dans lequel elle est, annonce le motif & le fruit de son évasion. Le Ravisseur, derrière elle, comme le plus coupable, augmente l’intérêt, en ce qu’il désigne un véritable repentir, des vues honnêtes pour réparer, en épousant, le tort qu’il a fait à cette famille. Le premier mouvement du Père est de repousser ; la Mère, plus indulgente, veut le calmer. Derrière sont les deux Sœurs : la plus grande supplie & seconde les efforts de la femme, mais d’une façon respectueuse ; la plus jeune, étendant les mains, marque sa surprise : elle ne connoit pas assez les conséquences de l’événement, pour en être aussi affligée que son aînée. Enfin, le Frère, encore enfant, n’a que cette émotion que tout être sensible sent machinalement, lorsqu’il voit chez les autres une sensation de douleur ou de tristesse. Un petit chien, qui reconnoît son ancienne Maîtresse & témoigne la joie de son retour avec les caresses d’un animal, symbole de la fidélité, sans faire perdre de vue le sujet principal, en corrige l’impression trop affligeante & la tempère . »

Pour donner corps à ce sujet moralisateur, Wille le fils reprend les procédés de son premier maître, se souvenant plus particulièrement de L’Accordée du village à laquelle Greuze travaillait lorsque Wille était dans son atelier. Le jeune artiste se concentre sur l’attitude de chaque personnage, n’hésitant pas à exagérer les mimiques et les gestuelles dans la recherche d’un meilleur effet. Comme Greuze, il avait préparé son tableau par des croquis d’après nature. La mère en train de parler, le dos vouté par les labeurs quotidiens, se retrouve, en contrepartie et avec un vêtement plus ordinaire, dans un dessin à la pierre noire signé P. A. Wille filius et daté de 1772 (27 x 20,5 cm, collection particulière). Une sanguine plus précoce qui porte l’année 1768 avait aidé l’artiste à représenter la tête de l’une des sœurs, même si, dans la peinture, il accentua l’expression de surprise (30 x 22 cm, collection particulière).

Ouvertement nordique, la technique de Wille est cependant très différente de celle de Greuze. Sa lumière est plus froide, sans direction véritable, créant des ombres profondes. Sa gamme chromatique est intense et contrastée, avec des irruptions de tonalités franches, comme, ici, le rouge brique et le bleu pastel des habits du couple bourgeois. Leur condition modeste n’empêche d’ailleurs pas l’artiste d’imaginer des vêtements d’un raffinement certain, à l’instar du gilet du père aux rayures jaune or ou du tablier à petits carreaux de la mère qui semble coupé dans de la soie. L’artiste affectionne particulièrement ces tissus rayés chatoyants aux couleurs dont il revêt même des paysans miséreux comme dans L’Aumône ou la famille malheureuse, présentée au Salon de 1777

L’enchevêtrement des rayures dans les plis du tablier est, pour Wille, un prétexte pour déployer une rare maestria technique, qui s’épanouit dans les multiples détails d’un réalisme assumé, volontiers superflu comme la nature morte au pied de la table. Le peintre se plait à décrire le miroitement de la soie blanche de la jeune fautive, la dentelle fine de ses engageantes, les galons dorés de l’habit du jeune homme, le livre de comptes avec la minuscule date 1773 inscrite en haut de la page, le reflet de l’encrier dans le poli du pot en étain, les moustaches du chat, les bas plissés du père ou le moindre point du luxueux tapis de table aux couleurs vives.

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Galerie Alexis Bordes

Tableaux XVIIIe siècle