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Philip Alexius de Làszlò (1869-1937) - Portrait de l’archiduchesse Marie-Josèphe de Saxe
Réf : 94768
35 000 €
Époque :
XXe siècle
Signature :
Philip Alexius de Làszlò (1869-1937)
Provenance :
Angleterre
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
l. 100 cm X H. 130 cm
Galerie Lamy Chabolle
Galerie Lamy Chabolle

Mobilier et objet d'art des XVIIIe, XIXe et XXe siècle


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Philip Alexius de Làszlò (1869-1937) - Portrait de l’archiduchesse Marie-Josèphe de Saxe

Philip Alexius de Làszlò (1869-1937).
Portrait de l’archiduchesse Marie-Josèphe de Saxe.

Huile sur toile.
Signé, localisé et daté : A.Laszlo Wien 1906.
Dim. : H. 130 – l. 100 cm

Provenance :
Collection particulière, Tours, France.


Les portraits de Philip Alexius de Laszlo (1869-1937) habitent les palais et les livres d’histoire. Issu d’un milieu modeste, ce hongrois s’est imposé comme le portraitiste des monarques et de l’aristocratie européenne de la fin du XIXème siècle. Travailleur acharné, il a peint près de 2700 portraits au cours de sa longue carrière, faisant de lui un témoin privilégié d’une époque et d’un style de vie en déclin.

Fils d’un tailleur, né à Budapest en 1869, de son vrai nom Fülop Laub, rien ne le destinait à la peinture. C’est en voyant l’œuvre de Mihaly Munkacsy (1843-1900), Le Christ devant Pilate (Musée Déri, Debrecen), en 1881, qu’il décide de devenir peintre. Lors de sa période ...

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... d’apprentissage, il s’initie tour à tour aux décors de théâtre, à la sculpture d’architecture, à la peinture sur porcelaine, à la peinture d’enseigne, et enfin à la retouche de photographies. Ses capacités exceptionnelles attisent la jalousie de ses camarades d’apprentissage, il change souvent de maître et se fait remarquer, à quinze ans seulement, pour son portrait d’après une photographie d’un membre du Parlement hongrois.
En 1888, il présente un tableau à l’exposition de Noël de l’Académie d’Art de Budapest, ce dernier est bien reçu puisqu’il entre dans les collections de l’Empereur François Joseph et que le jeune artiste obtient une bourse pour aller étudier à l’Accademia di Belle Arti de Venise. Pris de fièvre, son séjour en Italie sera de courte durée, mais il fréquente pendant quelques mois l’Académie d’Art de Munich avant de partir à Paris pour étudier sous la direction de Jules Joseph Lefebvre (1834- 1912) et de Benjamin-Constant (1845-1902) à l’Académie Julian.

Dès les années 1890, sa réputation de portraitiste est établie en Allemagne, en Hongrie et en Autriche ; il obtient sa première commande officielle pour la cour bulgare à l’âge de 24 ans et réalise deux portraits du prince et de la princesse de Bulgarie, puis celui de l’archimandrite Gregorius de Philippopolis à Sofia. En 1891, il choisit de changer son nom pour László.
Il travaille à Munich, Vienne et Budapest, ce qui permet d’accroître sa réputation internationale et d’exposer au Salon de 1898 à Paris. Il obtient ensuite une médaille pour son portrait du pape Léon XIII à l’Exposition universelle de Paris de 1900.

L’artiste épouse l’irlandaise Lucy Madeline Guiness en 1900 et oriente son activité vers l’Irlande et l’Angleterre avant de s’installer à Londres en 1907 où il devient rapidement l’artiste favori de l’aristocratie et de la famille royale.
En Grande-Bretagne, il réalise les portraits de la famille royale à plusieurs reprises et assiste en 1911 au couronnement de George V d’Angleterre. Il peint toutes les grandes personnalités de l’époque : l’Empereur Guillaume II, le roi et la reine d’Espagne, les femmes les plus réputées de la bonne société britannique et française, dont Anna de Noailles et la comtesse Greffulhe.

Son œuvre est tellement réputée qu’il est invité aux Etats-Unis en 1908 pour réaliser le portrait de Théodore Roosevelt, qu’en 1912, il est anobli par l’empereur d’Autriche François-Joseph et qu’en 1913, le roi Edouard VII lui remet l’Ordre Royal de Victoria et lui accorde la nationalité britannique.
Suspecté d’intelligence avec l’ennemi du fait de son anoblissement par le souverain hongrois et des portraits officiels qu’il a réalisé à la cour de ce dernier, il est emprisonné pendant un an en 1917, puis réhabilité en 1919. Cette dernière période de sa carrière est marquée par les honneurs : après plusieurs grandes expositions à Londres, il est nommé président de la Royal Society of British Artists en 1927.

Enfin, malgré la raréfaction des commandes privées due aux séquelles de la guerre, il reste, jusqu’à sa mort à Londres en 1937, l’un des portraitistes de l’après-guerre les plus en vogue en Europe et aux Etats-Unis.

Paradoxalement, c’est son talent exceptionnel, sa capacité à rendre la personnalité de ses modèles sur la toile qui a peut-être participé à l’oubli relatif de Laszlo en Europe. En effet, leurs propriétaires ne souhaitant pas s’en séparer, ou trouvant leur image peu flatteuse pour les représentations officielles, rares sont les œuvres de Laszlo à avoir rapidement intégré les musées.


Le portrait de Marie-Josèphe de Saxe (1867-1944)

Marie-Josèphe de Saxe est née le 1867 à Dresde, fille du roi Georges Ier de Saxe et de Marie-Anne de Portugal, elle épouse en 1886 Otto de Habsbourg-Lorraine, neveu de l’empereur François-Joseph Ier. Son mari, débauché et peu respectueux des usages dus à son statut, meurt prématurément en 1906 du fait de sa vie dissolue.

C’est cette année qu’est peint le tableau de Làszlò, alors qu’il résidait à Vienne, capitale de l’empire Austro-Hongrois et que Marie-Josèphe de Saxe était âgée d’une quarantaine d’années. La signature est d’ailleurs conforme à la période Viennoise (1903 à 1907), l’artiste en changera dès son arrivé en Angleterre en 1907.

La robe légère, les roses et le fait que la princesse soit représentée en extérieur situe le tableau entre les mois de mai et d’aout alors que son mari meurt au mois de novembre. À la suite de ce décès, cette peinture a sûrement été remisée car il devenait inconvenant de ne pas la représenter en deuil, ce qui explique le fait qu’elle soit aujourd’hui inconnue.

À la suite de l’assassinat de son beau-frère, l’archiduc François-Ferdinand, en 1914, et à la dislocation de l’empire après la guerre, l’archiduchesse s’installera en Suisse puis en Allemagne, où elle finira ses jours en 1944 avant d’être inhumée dans la crypte des Capucins, nécropole de Habsbourg à Vienne.

Galerie Lamy Chabolle

Tableaux du XXe siècle