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Paire de vases chinois impériaux à glaçure bleue, marque et époque Guangxu
Paire de vases chinois impériaux à glaçure bleue, marque et époque Guangxu - Arts d Paire de vases chinois impériaux à glaçure bleue, marque et époque Guangxu - Victoria Hougron Paire de vases chinois impériaux à glaçure bleue, marque et époque Guangxu - Antiquités - Paire de vases chinois impériaux à glaçure bleue, marque et époque Guangxu
Réf : 85485
Prix sur demande
Époque :
XIXe siècle
Signature :
Guangxu (1875-1908) et de la période
Provenance :
Chine
Materiaux :
Porcelaine
Dimensions :
H. 29 cm
Arts d XIXe siècle - Paire de vases chinois impériaux à glaçure bleue, marque et époque Guangxu  - Paire de vases chinois impériaux à glaçure bleue, marque et époque Guangxu Antiquités - Paire de vases chinois impériaux à glaçure bleue, marque et époque Guangxu
Victoria Hougron
Victoria Hougron

Antiquités chinoises et Japonaises


+33 (0)7 51 26 78 70
Paire de vases chinois impériaux à glaçure bleue, marque et époque Guangxu

Paire de vases impériaux chinois de section carrée (forme chinoise dite "cong"), à anses en forme de têtes d'éléphant retenant des anneaux, la base portant une marque à six caractères en kaishu "Da Qing Guangxu Nian zhi ("fait sous le règne de Guangxu des Grands Qing") en bleu sous couverte, période Guangxu.

En dépit de leur modernité d'allure, la forme de ces vases est dérivée de petits jades archaïques de forme quadrangulaire et de diamètre intérieur circulaire que l'on plaçait dans la tombe des défunts sous la Chine du Néolithique comme portes-bonheur ou boussoles pour les guider dans l'autre monde. Les arêtes de ces jades étaient sculptées d'encoches qui reprenaient les trigrammes relatifs aux éléments naturels dans la philosophie taoïste mais la surface pouvait être aussi laissée sans sculpture. D'une manière générale, nous savons que le Ciel avait pour les Chinois anciens une forme ronde et la Terre une forme carrée : ces jades quadrangulaires ...

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... extérieurement et rond intérieurement symbolisaient aussi cette harmonie cosmique de la Terre et du Ciel.

Cette forme éminement rituelle sera d'abord reprise sous les Song au 11ème/12ème siècles sur des petits vases avec une couverte céladon ou craquelée, puis on la retrouve au début des Qing mandchous avec des vases monochromes marqués de plus grande taille sous le règne de l'empereur Yongzheng (1723-1735). La reprise de cette forme archaïque s'inscrit dans le vaste mouvement voulu par cet empereur de remise à l'honneur des modèles anciens dans l'art céramique des Qing.

Il n'existe pratiquement aucune forme de vase en Chine qui n'ait été conçue pour ne pas recevoir de couvercle ,mais pour les Cong, les couvercles ne semblent êre attestés que pour une forme dérivée et abâtardie, tardive, dont l'embouchure est aussi quadrangulaire et qui se coiffe d'un couvercle carré. Ce vase soius sa forme canonique, telle qu'illustrée par le présent exemple, est donc un des rares qui ne reçoit jamais de couvercle. D'autre part, il n'est aucun vase en Chine qui ne soit pas pensé comme un récipient pour les fleurs ou l'eau, et sur ce point, il semble plus que certain que les vases Cong étaient destinés à recevoir des fleurs pour la décoration des temples et des Palais.

Sous Yongheng, la forme du vase "Cong" s'orne simplement d'annneaux circulaires ou en forme de fleur, les têtes d'éléphant retenant des anneaux pour les anses faisant plutôt leur apparition au règne suivant sous Qianlong (1736-1795) pour signifier la stabilité, car l'éléphant était en Chine ancienne - comme en Inde du reste dont il était importé - un symbole de pouvoir impérial ou royal stable et durable, en même temps qu'un rappel du bouddhisme, puisque la mère de Bouddha avait rêvé d'un éléphant blanc peu avant la naissance de son fils.

Ces vases de section carré à tête d'éléphant sont donc une sorte de syncrétisme religieux à eux tout seuls car ils fusionnent la tradition taoïste et bouddhique en un seul objet d'allure parfaite, quasi mathématique. Leur forme proche d'un absolu était sans doute décryptée par les anciens Chinois comme profondément métaphysique puisqu'elle incarne la Terre par son extérieur carré et le Ciel par son embouchure et sa base ronde. Ces vases pouvaient donc être perçus, et l'étaient probablement par les érudits lettrés et les empereurs, comme des répliques miniatures du cosmos, tenu en équilibre stable entre deux éléphants, symboles de l'empereur et de l'impératrice. Simple vase pour un regard étranger, mais aux yeux de l'élite chinoise une transparente et puissante allégorie du pouvoir impérial chinois comme étant d'essence divine.

Ces vases plus encore riches de symboles qu'élégants, et dont la production s'est poursuivie avec d'infimes variations de qualité jusqu'à la fin des Qing (donc avec des marques de règnes différentes), furent donc par excellence des articles du décorum impérial et ils existent aussi avec d'autres couvertes telles que la célèbre et très impériale aussi glaçure poudre de thé. Présents donc de toute évidence pour orner les Palais des empereurs Qing, ils ont toutefois du conserver, de par leur origine et leur forme chargé de sens, un usage plus encore religieux que décoratif, car ils ont été produits très majoritairement dans la couleur bleue, or cette couleur les prédisposait aussi à servir de vases à fleurs dans les Temples du Ciel dont c'était la couleur éponyme.

La présente paire a été produite enere 1875 et 1908 sous le règne de Guangxu, à la fin des Qing, dont elle porte la marque impériale tracée avec une grande sûreté, et elle se distingue par la qualité de sa couverte très unie, épaisse et d'un bleu profond, légèrement poudré ou moucheté quand examiné de près. On observe seulement deux infimes rétractations d'émail aux coins d'un des vases et une légère bavure d'émail sur la base de l'autre, petits défauts véniels assez courants toutefois sur des pièces impériales. Cette couverte est appliquée sur un corps lourd et bien équilibré, effectivement d'une remarquable stablité.

Il faut noter que ce modèle de vase avec la marque Guangxu a été abondamment copié sous la période République et au-delà, ce qui rend d'autant plus inestimable le fait de se trouver non pas en présence d'un mais de deux vases authentiques de ce type.

Pour une paire similaire, voir Christie's Hong Kong, 30 mai 2012, lot 4154

Victoria Hougron

Arts d'Asie