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Niccolo RICCIOLINI (Rome, 1687 - 1757) - Paire de dessins
Niccolo RICCIOLINI (Rome, 1687 - 1757) - Paire de dessins - Tableaux et dessins Style Louis XV Niccolo RICCIOLINI (Rome, 1687 - 1757) - Paire de dessins - Galerie Tarantino
Réf : 76153
6 500 €
Époque :
XVIIIe siècle
Provenance :
Collection particulière
Materiaux :
Plume, encre brune et lavis d’encre grise.
Dimensions :
l. 21 cm X H. 28 cm
Tableaux et dessins Dessin, Aquarelle & Pastel - Niccolo RICCIOLINI (Rome, 1687 - 1757) - Paire de dessins XVIIIe siècle - Niccolo RICCIOLINI (Rome, 1687 - 1757) - Paire de dessins
Galerie Tarantino
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Archéologie, tableaux et dessins anciens


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Niccolo RICCIOLINI (Rome, 1687 - 1757) - Paire de dessins

L’ange de Jacob purifie les lèvres d’Isaïe par le feu
Elie fait descendre le feu du ciel sur la victime en présence du peuple

Vers 1730
Les deux sujets sont tirés de l’Ancien Testament. Le premier, (Isaïe, 6) narre l’histoire du prophète, qui se plaignant d’avoir les lèvres impures, fut guéri par un séraphin qui l’effleura avec un tison ardent pris sur un autel ; l’ange dit : « Voilà, ceci t’a touché les lèvres, ton iniquité est enlevée et ton péché expié ». La fidélité au texte biblique est totale, mis à part le fait que l’ange ait deux ailes au lieu des six réglementaires. L’autre (Rois, II, 1) raconte qu’Achazia, coupable d’avoir demandé la guérison à Baal-Zebub, dieu d’Ekron, plutôt qu’à Dieu, fut puni par Elie qui fit descendre le feu du ciel pour punir le capitaine et cinquante hommes envoyés par Achazia. Dans ce cas la liberté par rapport au texte est plus importante, en effet le prophète n’est pas vêtu d’une peau avec une ceinture de cuir autour des flancs. La figure de l’ange est insérée pointant la main droite vers le bas indiquant le feu d’un sacrifice et la gauche vers le haut faisant allusion aux futures flammes célestes.
Les deux feuilles font évidemment partie d’un même ensemble : les compositions sont presque en contrepartie, avec les figures humaines agenouillées au centre, les célestes fermant la partie supérieure et la base massive sur le côté gauche avec dessus, le feu de la guérison et de la punition. Les deux sont aussi liés iconographiquement car il s’agit dans les deux d’une intervention divine effectuée à l’aide du feu.
Les dessins sont de toute évidence des modelli pour les deux côtés d’une lunette interrompue par une fenêtre centrale et trouvent un parallèle étroit avec une feuille de l’artiste du même format publié par l’auteur : Azaria sermonne le roi Osias, New York, coll. part.), modello pour la mosaïque d’une lunette de la chapelle du chœur de Saint Pierre (1720-21), (fig.3) . Les rapports sont évidents en raison du format (les deux présentent le même décrochement dans le haut du côté rectiligne) ainsi que pour des critères stylistiques. On peut donc émettre l’hypothèse qu’ils soient eux aussi des projets pour des mosaïques d’une chapelle de Saint Pierre, peut-être la même que celle où l’on trouve aujourd’hui l’histoire d’Azaria qui avec son pendant (Moïse prie soutenu par Aaron) seraient venus remplacer un autre projet, mais nous n’avons aucun document relatif à ces deux hypothèses.
Datables donc vers la troisième décennie du XVIIIème siècle, les dessins exposés appartiennent à la première phase de l’activité de l’artiste, fortement influencée par les leçons du père Michelangelo (1654-1715), avec qui il eut même à collaborer, jusqu’à sa mort. Ils proposent des effets voyants et mouvementés, encore influencés par Giacinto Brandi, mais plutôt dilués par un clair-obscur à la Trevisani, (à qui l’artiste était d’ailleurs apparenté en en ayant épousé la nièce Laura en 1717).
Par la suite, Ricciolini montrera une certaine attention aux réformes proto-néoclassiques, à la Masucci, mais à présent son style est décidément aligné sur le barocchetto romain, dont les deux dessins peuvent être considérés comme un exemple assez représentatif.
Efficacement soulignés de fréquents traits de plume, animées par le dosage des zones de pénombre et de touches d’ombres foncées, les figures s’insèrent et s’articulent savamment dans des espaces incommodes ; l’ensemble apparaît comme un seul magma fluide et mouvementé qui forme des ailes, des vêtements, des corps, avec une vitalité extrême. Une qualité remarquable donc, qui contribue à placer le Ricciolini dessinateur à un niveau plus élevé que le Ricciolini peintre.

Vittorio Casale

(fig.1) Niccolò Ricciolini, Azaria sermonne le roi Osias, New York, coll. Part.

Galerie Tarantino

Dessin, Aquarelle & Pastel Louis XV

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