Par Antichità di Alina
Huile sur toile, 36 × 45,2 cm
Cadre en bois doré, d’époque postérieure, 48 × 57,4 cm
Au revers, étiquette manuscrite : « H. C. Veit – 1A Chesham Mews SW1 – 16 June 1957 »
Cette toile, faisant partie d’une paire de natures mortes napolitaines du début du XVIIIe siècle, présente plusieurs éléments étroitement liés au langage pictural de Gaspare Lopez, l’un des peintres de fleurs les plus recherchés de son temps.
Le grand vase posé sur le muret, orné d’un profil humain en léger relief, appartient au goût napolitain baroque pour les ornements singuliers et théâtraux. De ce vase descendent de véritables cascades de fleurs, un dispositif que Lopez aimait construire dans des compositions audacieuses, proches de véritables caprices de fleurs. Ses contemporains le surnommaient d’ailleurs « Gaspare dei fiori ».
Le bouquet est très abondant : roses de différentes variétés, chrysanthèmes, œillets, tulipes, petites fleurs champêtres et les ...
... caractéristiques clochettes bleues grimpantes, traitées avec une touche claire et brillante. La gamme chromatique, lumineuse et décorative, reflète la vitalité propre à la tradition napolitaine du début du Settecento.
L’arrière-plan montre un jardin à l’italienne avec cyprès, terrasses et murets en pierre. Ce vocabulaire trouve des parallèles précis dans les œuvres conservées au Kunsthistorisches Museum de Vienne (inv. GG 1658, 1662, 1664), toutes attribuées à Lopez : bien que de format supérieur, ces tableaux présentent la même structure horizontale, les mêmes ciels clairs et les mêmes éléments architecturaux associés à de larges cascades de fleurs. Les similitudes constituent un argument solide en faveur de l’attribution.
La formation de Lopez auprès d’Andrea Belvedere, maître napolitain de la peinture de fleurs, explique l’attention portée à la variété botanique, à la clarté de la couleur et à la construction scénographique du jardin, que l’artiste développera ensuite entre Naples, Rome et Florence.
État de conservation : vernis ancien et craquelures régulières