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Madeleine Lemaire (1845 - 1928) - Portrait présumé d’Anna de Noailles
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Réf : 93796
135 000 €
Époque :
XIXe siècle
Signature :
Madeleine Lemaire
Provenance :
France
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
l. 120.3 cm X H. 180 cm
Tableaux et dessins Tableaux XIXe siècle - Madeleine Lemaire (1845 - 1928) - Portrait présumé d’Anna de Noailles XIXe siècle - Madeleine Lemaire (1845 - 1928) - Portrait présumé d’Anna de Noailles  - Madeleine Lemaire (1845 - 1928) - Portrait présumé d’Anna de Noailles Antiquités - Madeleine Lemaire (1845 - 1928) - Portrait présumé d’Anna de Noailles
Segoura Fine Art
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Tableaux, Mobilier et Objets dart des 17e, 18e et début 19e siècle


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Madeleine Lemaire (1845 - 1928) - Portrait présumé d’Anna de Noailles

Madeleine Lemaire (Les Arcs 1845 - Paris 1928)
Le Portrait Moderne ou Portrait présumé d’Anna de Noailles, c. 1913-1914, huile sur sa toile d’origine, 180 x 120,3 cm


Provenance :
Galerie Alain Lesieutre, Paris, avant 1971.
Collection Bruno Roy.
Sotheby's, Londres, 20 juin 1989, lot 44 : Femme assise dans un fauteuil Dagobert.
Sotheby's, New York, 24 mai 1995, lot 366 : Woman Seated in a Dagobert Armchair.
Collection privée.


Expositions :
1914 Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. 24e exposition (Paris), du 15 avril au 30 juin
1914, n° 758 : Portrait Moderne.
1971 Fondation Paul Ricard (Bendor), L’Art et la Vie en France à la Belle Epoque, septembre - octobre 1971, n° 248 : portrait d’une femme assise.


Ce portrait est une découverte éclatante parmi l’œuvre de Madeleine Lemaire réputée pour la qualité de ses peintures de fleurs. Déjà Marcel Proust, qui fréquentait assidûment son salon dès 1892, travaillait à la ...

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... postérité de son amie en affirmant qu’« elle n’a pas moins créé de paysages, d’églises, de personnages, car son extraordinaire talent s’étend à tous les genres1 » ; hommage sensible à une artiste accomplie. Notre tableau traduit précisément l’amour de Madeleine Lemaire pour son métier et l’image authentique de la société de son époque.
Ce portrait de jeune femme assise dans un fauteuil Dagobert fait partie du dernier envoi de Madeleine Lemaire au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1914. A presque 70 ans, l’artiste participe une dernière fois au salon dont elle fut l’un des membres fondateurs, parmi tant d’autres (Société des Aquarellistes, Société des pastellistes). Elle confiera, ensuite, ses ultimes travaux aux galeristes Jean Charpentier et Georges Petit. A l’aube de la Première Guerre Mondiale, la réputation de l’artiste la précède. Elle est, encore pour quelques temps, une star du bottin artistique et mondain dont les tableaux se vendent à prix d’or. Ses réceptions attirent le tout Paris. La Comédie française joue chez elle. Issue de la haute bourgeoisie, Madeleine Lemaire travaille depuis son plus jeune âge à parfaire son talent de peintre tout en animant un salon musical et littéraire d’une portée historique considérable. Son indépendance de caractère et son exigence intellectuelle nous sont d’ailleurs parvenues à travers les traits de deux héroïnes proustiennes d’A la recherche du temps perdu : Madame de Villeparisis et Madame de Verdurin.
Parmi ses succès les plus récents, elle reçoit en 1900 une médaille d’argent pour l’ensemble de son œuvre à l’Exposition universelle ; elle est élue, six ans plus tard vice- présidente du prix littéraire La Vie Heureuse qui deviendra le prix Femina. La même année, Madeleine Lemaire est nommée chevalière de la Légion d’honneur. Elle investit autant les sphères littéraires qu’artistiques.


Notre tableau est présenté sous le titre de Portrait moderne en 1914. Sa réception jouit de malchance. Le temps court de son exposition - de mi-mai à fin juin - est balayé par la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France, le 3 août 1914, et son esthétique réaliste est rapidement déprécié au sortir de la Guerre. Toutefois, de nos jours, ce Portrait moderne perpétue les représentations mondaines de la Belle Époque.

Madeleine Lemaire présente cette jeune femme assise sur un fauteuil rappelant la forme du trône du roi Dagobert, accessoire favori du peintre que l’on reconnait dans plusieurs de ses portraits peints et aquarelles. A l’arrière, une tenture beige au motif stylisé de fleurs se confond avec la teinte du sol pour mieux faire ressortir l’éclat nacré de la peau et du satin de la robe de soirée. Le modèle incarne parfaitement la mode féminine de l’époque. Son ruban rehaussé de plumes noires rappellent les créations de la Maison Lewis, modiste chapelier, fournisseur des familles royales. Elle est habillée d’un fourreau de satin noir accompagné d’un voile blanc encadrant le décolleté. Les chaussures lacées à talons et boucles de métal sont assorties. Le travail plus libre du pinceau au sol à peine obscurcit concourt à rendre l’espace dans lequel est enchâssé la belle jeune femme. Sa pose pourtant recherchée semble spontanée. Jouant avec son sautoir de perles, la discussion est pour un temps suspendue. Apparition fugace et pourtant entêtante, désarmante de simplicité.

L’air complice du modèle envers le peintre est indéniable. Les deux femmes se connaissent et s’estiment. La sensualité du visage, son regard vert perçant et langoureux, ses narines remontées, ses lèvres ondulées, rappellent les traits de la poétesse Anna de Noailles (1876-1933). Sa silhouette menue souvent représentée une épaule dénudée, ses mains puissantes occupées par un collier de perles évoque notre jeune femme à la présence pénétrante. Anna de Noailles porte encore le deuil de sa belle-mère, décédée le 20 décembre 1913. Agée de trente-huit ans, elle est alors au fait de sa gloire. La publication, le 26 juin 1913, de son recueil de poèmes Les vivants et les morts au Mercure de France signe l’apogée de son succès. Elle porte des tenues les plus extravagantes, pose pour les peintres Jean-Louis Forain (1913, Musée Carnavalet), Ignacio Zuloaga (1913, Musée de Bilbao) et Philip de László (1913, Musée d’Orsay).




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Tableaux XIXe siècle