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Le Jugement de Salomon - Francesco SOLIMENA (1657- 1747) et Atelier
Réf : 84891
25 000 €
Époque :
XVIIIe siècle
Signature :
Francesco Solimena et atelier
Provenance :
Italie
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
L. 88 cm X H. 49 cm
F. Baulme Fine Arts
F. Baulme Fine Arts

Peintures et dessins anciens


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Le Jugement de Salomon - Francesco SOLIMENA (1657- 1747) et Atelier

Francesco Solimena (Canale di Serino 1657- Naples 1747) et Atelier
Le Jugement de Salomon
1707
Huile sur toile
49 x 88 cm

Modello ayant servi de poncif pour la réalisation d’une grande broderie, aujourd’hui conservée à Santa Chiara à Naples.

Appelé communément l'Abate Ciccio, Francesco Solimena est l'un des principaux représentants du baroque napolitain.
L’œuvre ici présentée est un bozzetto pour une grande broderie conservée aujourd’hui au couvent de Santa Chiara à Naples. Cette broderie, aux dimensions imposantes, était en réalité un tapis. La participation de l’artiste à la réalisation de cette œuvre, anciennement attribuée à Luca Giordano, est documentée par un marché, passé avec les commanditaires Agata Maria et Maria Agnese Carafa di Butera, religieuses à la Sapienza à Naples. Celui-ci est daté du 16 mai 1707. Solimena s’y engage à livrer un tracé qui devait être suivi par le brodeur, ainsi qu’un bozzetto (« macchia » dans ...

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... le marché). La réalisation de la broderie elle-même fut ensuite confiée à Pietro et Ignazio Mirabile. La broderie fut achevée par Ignazio, fils de Pietro, qui signa en bas à droite ‘Ignatio Mirabile F. 1709’.
Comme dans la broderie, un jeune Salomon occupe le centre de la scène de notre esquisse. Il est installé sur une marche, au-dessus des autres personnages, et est entouré d'un ample drapé jaune. Assis sur un fauteuil doré, un bras posé sur une lourde table en marbre, il ordonne, par un geste de la main, que l'enfant vivant soit coupé en deux. Sur la droite le bourreau tient, d’une main, l’enfant contesté par le pied, de l’autre il extrait son épée du fourreau. A ses pieds, au premier plan, se trouvent les deux mères. L'une est de profil, l'autre nous tourne le dos et invite, par un geste grandiloquent, le spectateur à pénétrer dans la composition. Entre les femmes agenouillées et le roi se trouve un nain. Sur la gauche des spectateurs assistent à la scène. A l'arrière-plan, au-delà de la balustrade du palais, se développe la ville. L'élément architectural, souvent présent dans les compositions de Solimena, occupe ici une place importante et sert la théâtralisation de la scène, hautement dramatique. Les expériences chromatiques, qui font contraster des couleurs vives, sont bien celles d'un Solimena qui s'affranchit de Luca Giordano, dont la production l'a fortement marqué au début de sa carrière.
Pour élaborer cette composition, Solimena se réfère à des œuvres qu’il avait réalisées auparavant et qui mettent en scène le même sujet. Le premier, anciennement dans la collection Luccardi se trouve aujourd’hui dans une collection particulière, le second au Palais Royal de Madrid, peint en 1706 pour Philippe V d’Espagne. La commande de cette œuvre avait été confiée à Luca Giordano, avec d’autres toiles sur l’histoire de David et de Salomon. Giordano décédant en 1705, la commande fut ensuite confiée à Solimena.
D’ailleurs, la figure de la mère blonde de dos emprunte à Luca Giordano, qui l’avait insérée dans plusieurs de ses compositions.

Bibliographie : Mancino M. R, « Francesco Solimena e Ignazio Mirabile autori di un tappeto ricamato per la chiesa della Sapienza a Napoli », in Paragone, No 581, July 1998, pp. 47- 59

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Tableaux XVIIIe siècle