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Le Jugement Dernier- Peinture sur agate, Florence début du XVIIe siècle
Le Jugement Dernier- Peinture sur agate, Florence début du XVIIe siècle - Objets de Vitrine Style Louis XIII Le Jugement Dernier- Peinture sur agate, Florence début du XVIIe siècle - Galerie Sismann
Réf : 96370
18 000 €
Époque :
XVIIe siècle
Materiaux :
Peinture sur agate
Dimensions :
l. 8 cm X H. 10 cm
Objets de Vitrine  - Le Jugement Dernier- Peinture sur agate, Florence début du XVIIe siècle
Galerie Sismann
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Sculpture européenne


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Le Jugement Dernier- Peinture sur agate, Florence début du XVIIe siècle

Si la remise au goût du jour de la peinture sur ardoise est à attribuer au célèbre peintre vénitien Sébastiano del Piombo (1485-1547), celle sur les pierres imagées comme notre agate s'inscrit davantage dans un mouvement d'intérêt renouvelé dans les années 1580 pour la collection des pierres dures.
En effet, puisant dans la tradition classique et porté par le développement d'une sensibilité aux produits du monde naturel, le potentiel pictural des pierres suscite à cette époque l'enthousiasme des collectionneurs, peintres et graveurs sur pierre. Ces derniers, comme les anciens, se divertissent à deviner des images dans leurs aspérités, les irrégularités du matériau suggérant tantôt les contours d'un animal tantôt celui d'un paysage identifié. Comme eux, ils les nomment alors pietre figurate ou pierres figurées. Dans le sillage de ce passe-temps populaire, les artistes se mirent à améliorer les couleurs et les veines du marbre polychrome, de l'albâtre, ...

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... du lapis-lazuli, du jaspe, de l'agate et d'autres pierres, en utilisant des techniques traditionnelles de peinture à l'huile. Fascinés par le potentiel décoratif dissimulé de ces matériaux, ils s'appliquèrent ainsi à le révéler et à créer des objets précieux. Entre curiosité minérale et œuvre, ils développent cette forme d'art qui connaîtra un grand succès dans la seconde moitié du XVIe et tout au long du XVIIe siècle. [...]
Dans certains cas, la formation de la pierre offre aux artiste un fond parfaitement adapté à leur récit. C'est le cas dans une scène de bataille navale issue de l'histoire de Jonas et la Baleine, peinte vers 1620 par Filippo Napoletano sur une pierre dont les veines rappellent les flots1 ; mais aussi sur notre œuvre, où les infinies nuances des veines pourpres et brunes de notre agate font écho au brasier incandescent où sont précipités les damnés dans sa partie inférieure. Dans une symbiose inégalée du sujet et de la matière, il est aussi possible de contempler Dante et Virgile aux Enfers sous le pinceau de Francesco Ligozzi2,ou encore Persée secourant Andromède, sur un lapis peint par le Cavalier d'Arpin vers 1593.
A cette époque, les principaux ateliers spécialisés dans ce type d'œuvre se situent à Florence et Rome, villes qui se disputent les faveurs d'artistes comme Filippo Napoletano, précédemment mentionné, qui retournera définitivement travailler à la cour de Florence pour le Grand-Duc Cosme II vers 1618. C'est probablement dans cette même ville, où les commandes émanant de la cour des Médicis ne tarissent pas, que notre Jugement Dernier, au poli virtuose, aurait été réalisé, dans les premières décennies du XVIIe siècle, par un artiste miniaturiste virtuose, rompu à l'art de la glyptique.

Publiée dans Sismann, G. ; Lequio, M. Baroque, Sculptures Européennes 1600-1750, La Librairie des Musées, 2022

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