EUR

FR   EN   中文

CONNEXION
Le fils à zinc - Jorge CAMACHO (1934 – 2011)
Réf : 62250
13 500 €
Époque :
XXe siècle
Signature :
Jorge CAMACHO (La Havane, 1934 – Paris, 2011)
Provenance :
Galerie Maya, Bruxelles
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
L. 97 cm X H. 130 cm
Galerie Michel Descours
Galerie Michel Descours

Peintures et dessins anciens et modernes


+33 (0)4 78 37 34 54
Le fils à zinc - Jorge CAMACHO (1934 – 2011)

Les territoires de Camacho, né à Cuba le 5 janvier 1934, sont nombreux. La France d’abord, qu’il rejoint en 1959, puis l’Amérique du Sud, ou il se rend en compagnie de Margarita Camacho à plusieurs reprises au milieu des années 1970, mais aussi l’Espagne, et particulièrement l’Andalousie. Autant de paysages que l’artiste côtoie du dedans, notamment parce que l’observation des oiseaux préside a plusieurs de ses pérégrinations et force à l’attente. Toute l’œuvre de Camacho porte la trace de ce regard aigu, lent, presque décomposé, regard tourne aussi vers l’intérieur qui s’emploie a parcourir les méandres de l’inconscient.
Jorge Camacho intègre le groupe surréaliste autour de 1963 et conserve intacts sa passion et son engagement pour ce mouvement jusqu’a son décès, le 30 mars 2011. Singulier cheminement que celui de Camacho, qui défie d’emblée les chronologies traditionnelles : qui parcourrait une Histoire
de l’art du XXe siècle trouverait peu d’occurrences au surréalisme dans les chapitres consacres aux années 1960. Rares d’ailleurs en France sont les historiens et critiques d’art proprement dits a s’être attardés sur Camacho, si ce n’est Anne Tronche, qui a écrit plusieurs articles sur l’artiste depuis les années 1970 et a publié aux Editions Palantines la seule monographie qui lui soit consacrée.

En 1960, un an après son arrivée à Paris, il est naturel que sa première exposition se tienne à la galerie Raymond Cordier – ou des artistes tels que Max Walter Svanberg ou Jacques Le Marechal sont régulièrement exposés. Une forme de violence sourde caractérise les premières œuvres de Camacho. Raymond Cordier, qui consacre un texte à l’artiste a l’occasion de sa première exposition, voit dans les surfaces bien délimitées, qui caractérisent alors la peinture de Camacho, ni abstraites ni tout a fait figuratives, des « morceaux de mort ». Cette construction participe de l’impression presque clinique éprouvée devant la peinture de Camacho.
Symboliquement, la rencontre avec André Breton, « lors d’une exposition Toyen en 1961 », marque ses débuts surréalistes, qui se confirment lors d’une exposition a la galerie Mathias Fels, et la publication d’un texte d’André Breton « Brousse au-devant de Camacho ». Parmi les œuvres présentées, La Femme de nuit, qui faisait « partie de toute une série inspirée par le Marquis de Sade », témoigne d’un langage pictural déjà largement affirmé. Dans un espace clos au sol pavé de carreaux se développe une créature objet qui tient autant du trône que de l’insecte. Elle évoque, par la présence des griffes et des segments d’os, certaines œuvres de Wifredo Lam, et par l’atmosphère générale qui s’en dégage, certaines œuvres d’Oscar Dominguez.

A la fin des années 1960, Camacho puise énormément dans la littérature, dans les textes du Marquis de Sade, de Georges Bataille, ou de Raymond Roussel dont il traduit plusieurs œuvres en espagnol. En 1968-1969, son intérêt pour l’alchimie particulièrement important dans sa pratique picturale. L’alchimie devant permettre de s’oppose à toute conception dogmatique de la Nature. Camacho et ses amis artistes reprennent volontiers à leur compte la célèbre phrase de Rimbaud : « Il faut se faire voyant ».

Notre peinture est caractéristique des œuvres de la fin des années 1960 qui présente une figure composite, aux ramifications et aux protubérances anatomiques ou animales multiples, se détachant sur un mur de fond et un sol colorés. Il est probable que notre tableau fasse partie de la série réalisée au moment de l’exposition le Ton haut à la galerie Mathias Fels (1969) et inspirée par l’héraldique alchimique.

Galerie Michel Descours

Tableaux du XXe siècle