EUR

FR   EN   中文

CONNEXION
La chasse aux tigres - Anvers - Début du XVIIe siècle
La chasse aux tigres - Anvers - Début du XVIIe siècle - Tableaux et dessins Style
Réf : 79820
Prix sur demande
Époque :
XVIIe siècle
Provenance :
Anvers, Pays-Bas
Materiaux :
Huile sur toile
Dimensions :
l. 258 cm X H. 203 cm
Galerie Alexandre Piatti
Galerie Alexandre Piatti

Objets d'art, sculptures et mobilier Haute Epoque


+33 (0)6 70 95 38 06
La chasse aux tigres - Anvers - Début du XVIIe siècle

Cet important format, 203 x 258 cm, offre au spectateur une scène de chasse aux félins. Le sujet choisi nécessite une représentation mettant en exergue le mouvement de cette activité dynamique, ce à quoi chaque élément de l’oeuvre participe. En effet, une grande agitation émane de ce tableau, confondant agressions animales et attaques humaines. Cette particularité de confusion et d’effervescence des actions est d’ailleurs accentuée par l’illogisme des personnages représentés conjointement, c’est-à-dire, deux cavaliers sensiblement contemporains portant une amure, trois cavaliers de type ottoman coiffés de turbans et enfin deux hommes en tunique, aux allures antiques. De plus, trois types de félin sont remarquables, d’une part un lion, mais également un léopard et deux tigres. Enfin, s’ajoute à cette agitation picturale de multiples couleurs très contrastées ainsi qu’une importante puissance expressive. L’oeuvre fait preuve d’une grandiose ...

Lire la suite

... démonstration de virtuosité plastique et d’étude approfondie des animaux représentés en mouvement et individualisés.
Nous devons la création de ce sujet, et par extension de ce modèle, à Pierre Paul Rubens. Celui que l’on appelait « le plus flamand des peintres des Pays-Bas » est né en Allemagne à Siegen (Westphalie) en 1577. Il entre tout d’abord en apprentissage chez Tobias Verhaecht, un peintre paysagiste, puis à Anvers il étudiera auprès de deux peintres d’histoire : Adam Van Noort et Otto Venius. Le jeune peintre passa quatre ans chez chacun d’eux, selon Roger de Piles qui se base sur la Vie de Rubens rédigée par Philippe Rubens (son neveu). En 1598, il intégra la Guilde de St Luc également à Anvers avant de partir à l’âge de 23 ans, en 1600, pour l’Italie où il séjourna huit ans. Il acquit au cours de ce voyage une réelle culture visuelle, qui associait à son talent plastique et ses connaissances acquises lors de ses études qui précédèrent son entrée en atelier, firent de lui un artiste complet, que Marie-Anne Lescouret présente ainsi : « peintre, humaniste et diplomate, Rubens est l’homme de la transition entre l’Italie et la Flandre, la Renaissance et le Baroque ». Le prestige de Rubens peut se vérifier par les commandes qui lui sont faites, parmi elles, une série de quatre tableaux lui est requis par Maximilien Ier de Bavière entre 1615 et 1616. Cet ensemble décoratif comprend quatre oeuvres sur le thème de la chasse : la chasse au sanglier, la chasse au crocodile et à l’hippopotame, la chasse au lion et enfin la chasse au tigre (également appelée chasse aux tigres, lion et léopard). Ce dernier tableau, conservé au musée de Rennes, possède un langage pictural excessivement narratif, tout à fait caractéristique de la peinture, imprégnée de dramatique et d’expression, de Rubens dans les années 1610. L’oeuvre est considérée comme étant particulièrement démonstrative de l’habilité de Rubens à réaliser des peintures animalières. En effet, Rubens fut l’un des premiers à s’intéresser à la représentation du monde animal pour autre chose que la recherche scientifique et à en faire un sujet à part entière. Un livre de compte de Rubens montre l’achat entre 1613 et 1617 d’un certain nombre de livres de zoologie. A l’aide de ceux-ci, le peintre pouvait alors réaliser des oeuvres documentées et par conséquent empruntes de réalisme. De plus, les zoos flamands du XVIe et XVIIe siècles abrités pour beaucoup des lions, il est donc très fort probable que Rubens est pu en observer à Gand. A contrario, la présence de tigres y est nettement moins fréquente, voire inexistante, cela explique alors qu’il n’y ait pas de distinction anatomique dans la représentation des trois types félins. Il est fort possible que Rubens est fait appel à Snyders, peintre animalier, pour la réalisation de ces figures. En effet, ce dernier, qui faisait parti de l’atelier de Rubens sans être l’un de ses élèves, était souvent sollicité pour réaliser des modèles pour ses tableaux de chasse. En ce qui concerne les chevaux, notamment celui présenté en train de cabrer au centre, Rubens puise directement dans les oeuvres de prédécesseurs. En l’occurence, le peintre semble s’être inspiré de la Bataille d'Anghiari de Léonard de Vinci dont Rubens avait lui-même réalisé un dessin en 1603. La capacité de Rubens à observer et à renouveler lui permet donc créer de nouveaux sujets, et de révolutionner la peinture animalière en lui conférant une nouvelle contenance, dédouanée de sa valeur décorative initiale, pour parvenir, grâce à l’étude, à l’individualisation des animaux, à qui une expressivité est offerte. De plus, Rubens parvient à hisser la peinture animalière au rang de peinture d’Histoire en usant d’un format aux dimensions considérables, normalement réservé au genre noble. Pour toutes ces raisons, cette oeuvre de Rubens connut un vif succès, comme le prouve notamment la présence de cette toile dans l’un des tableaux de Jan Brueghel l’Ancien datant de 1617, L’allégorie de la Vue.
Cet engouement de la réception se vérifie également par les nombreuses commandes de « copies » à partir de ce modèle. Arnout Balis, en 1986, en dénombre 21 dans le catalogue Corpus Rubenianum. Ces copies sont clairsemées entre différents musées et collections privées. Aux vues de la qualité de notre oeuvre, nous pouvons soumettre l’hypothèse selon laquelle elle ferait partie des 21 tableaux recensés. Après étude du catalogue, deux oeuvres (n°18 ou n°20) possèdent des informations manquantes, nous laissant alors supposer que notre pièce pourrait correspondre à l’une d’elles. De plus, ces deux tableaux ont été aperçus pour la dernière fois en Belgique, et notre oeuvre est elle-même issue d’une collection particulière belge. Tous deux attribués à l’atelier de Rubens, ils témoignent de la puissance de ce dernier, car l’une des raisons de l’immense succès et de la postérité que connut Rubens est l’importance de son atelier. En effet, le prestige des commandes ainsi que notoriété de Rubens attirèrent de nombreux talents pour travailler aux côtés du maître, conférant alors à l’atelier un réel prestige, permis par l’organisation et la rapidité d’exécution. Ce système permettait donc une importante production afin de répondre aux attentes des commanditaires et de réaliser un grand nombre d’oeuvres à qui la provenance de l’atelier de Rubens conférait une certaine autorité. Rappelons que le principe de copie était tout à fait assumé par Rubens qui avait lui même réalisé cinq catégories de tarifs pour les oeuvres provenant de son atelier : allant de celles réalisées de sa main, les plus chères aux « copies légitimes » réalisées par ses élèves ou collaborateurs. C’est donc dans cette dernière catégorie que notre oeuvre se place.
Notre tableau est à la fois issu de l’un des plus grands ateliers d’artiste du XVIIe siècle, celui de Rubens, et il est réalisé avec une grande attention. Enfin, il témoigne de l’engouement naissant en Europe à cette époque pour les représentations de scènes de chasse.

Conditions générales de livraison :

Pour chaque souhait d'acquisition, des frais de conditionnement et d'envoi sont à rajouter au montant de l'objet d'art.

L'envoi peut être réalisé en France, en Europe et à l'international.

Galerie Alexandre Piatti

XVIIe siècle
Pietra dura - Italie - XVIIe siècle
Pietra dura - Italie - XVIIe siècle

17 000 €

Tableaux XVIIe siècle