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Jean-Paul Laurens, La Maslova en prison, vers 1900-1912
Réf : 75777
28 000 €
Époque :
XIXe siècle
Signature :
Monogrammé en bas à gauche : JPL. Inscription au r
Materiaux :
Huile sur panneau
Dimensions :
L. 41 cm X H. 33 cm
Galerie Michel Descours
Galerie Michel Descours

Peintures et dessins


04 78 37 34 54
Jean-Paul Laurens, La Maslova en prison, vers 1900-1912

Jean-Paul Laurens est l’un des derniers représentants de la peinture d’histoire traditionnelle en France, un rôle qui a déterminé son statut d’artiste officiel de la IIIe République. Arrivé à Paris en 1860 comme lauréat et pensionnaire de l’Ecole des Arts de Toulouse, il entre dans l’atelier de Léon Cogniet, tout en prenant des leçons de Bida. Il expose au Salon à partir de 1863, s’y affirmant davantage chaque année avec de grandes pages d’histoire tirant leur expressivité d’un vérisme alliant gravité dramaturgique et acuité descriptive. A partir de 1872, date de sa première médaille du Salon, les distinctions ponctuent sa carrière : médaillé d’honneur en 1877 et hors concours en 1889 et 1900, il est par ailleurs fait Chevalier (1874), Officier (1878), puis Grand Commandeur (1900) de Légion d’honneur. Professeur à l’Ecole des Beaux-Arts, ainsi qu’à l’Académie Julian, il est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1891.
La Maslova en prison rappelle que l’artiste a aussi puisé son inspiration dans la littérature contemporaine. Le sujet est emprunté à la seconde partie de Résurrection, roman de Tolstoï paru en 1899, traduit en Français l’année suivante et adapté au théâtre par Halperine-Kaminsky et Jules Lermina en 1912. Dans ce roman de dénonciation des vanités de l’institution judiciaire et de la brutalité de la machine carcérale, le protagoniste, Dmitri Ivanovich Nekhlyudov, jeune militaire insouciant et mondain, se découvre juré dans le procès d’une ancienne maîtresse, Catherine Maslova, domestique tombée dans la déchéance après qu’il l’ait mise enceinte. Accusée de vol et d’homicide, elle est déportée en Sibérie. Le poids du remord conduit Nekhlyudov à tout tenter pour la libérer, trouvant appui dans la religion au long de son parcours de repentance.
On connaît de Laurens un projet d’affiche, à notre connaissance non réalisée (ill. 1) avec son dessin préparatoire 1, pour la production théâtrale de 1912. A la différente de cette composition, La Maslova en prison ne vise pas à illustrer le récit. L’idée en est à la fois plus cruelle et plus poétique : derrière les barreaux de sa cellule la prisonnière hume le parfum d’un laurier rose – celui du bonheur interdit.
La modernité de l’œuvre surprend de la part du grand imagier Laurens. Le cadrage fragmentaire et l’absence de profondeur donnent au motif floral un caractère décoratif qui trahit la séduction du japonisme. Mais son rapprochement abrupt avec la figure de la prisonnière procède d’un mode elliptique qui n’est pas sans rappeler le langage symboliste. Peut-être aura-t-il été frappé, dans des circonstances qui nous échappent, par l’un des « noirs » énigmatiques de Redon, Tête laurée derrière une grille .

Galerie Michel Descours

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Raoul Ubac, Composition, 1946
Raoul Ubac, Composition, 1946

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