EUR

FR   EN   中文

CONNEXION
Importante armoire Strasbourgeoise à trois colonnes de la seconde moitié du XVIIe
Importante armoire Strasbourgeoise à trois colonnes de la seconde moitié du XVIIe - Mobilier Style Importante armoire Strasbourgeoise à trois colonnes de la seconde moitié du XVIIe - Galerie Gabrielle Laroche Importante armoire Strasbourgeoise à trois colonnes de la seconde moitié du XVIIe - Antiquités - Importante armoire Strasbourgeoise à trois colonnes de la seconde moitié du XVIIe
Réf : 74246
Prix sur demande
Époque :
XVIIe siècle
Provenance :
Ateliers Strasbourgeois
Materiaux :
Bois
Dimensions :
l. 178 cm X H. 216 cm X P. 62 cm
Mobilier Armoire - Importante armoire Strasbourgeoise à trois colonnes de la seconde moitié du XVIIe XVIIe siècle - Importante armoire Strasbourgeoise à trois colonnes de la seconde moitié du XVIIe  - Importante armoire Strasbourgeoise à trois colonnes de la seconde moitié du XVIIe Antiquités - Importante armoire Strasbourgeoise à trois colonnes de la seconde moitié du XVIIe
Galerie Gabrielle Laroche
Galerie Gabrielle Laroche

Haute Epoque


+33 (0)1 42 97 59 18
+33 (0)6 08 60 05 82
Importante armoire Strasbourgeoise à trois colonnes de la seconde moitié du XVIIe

La production des grandes armoires à colonnes se répartie entre l’Allemagne, la Suisse et l’Alsace entre le XVIe siècle et le début du XVIIIe siècle. Obéissant à des règles strictes, régissant tant les proportions que le décor, elles se composent généralement de deux corps, ouvrant à quatre vantaux, reposant sur un socle et surmonté d’une corniche. Ce meuble d’apparat aux dimensions imposantes et au riche décor illustre le savoir faire des artisans locaux. Meublant les demeures bourgeoises, ce meuble permet à son propriétaire de faire montre de ses richesses.
A partir de 1544, le mobilier alsacien connaît une première vague de nouveautés, marquée notamment par la redécouverte de l’architecture antique au travers des ouvrages de Vitruve. Strasbourg devient un lieu de convergence des artistes venus d’horizons divers favorisant l’assimilation de l’art de la Renaissance qui n’avait pas réussi jusqu’alors à s’imposer dans les milieux artistiques alsaciens. Les livres de modèles puisant aux sources italiennes et flamandes accompagnent également les artisans locaux.
Dès lors, l’architecture se met au service de l’art du meuble et devient un modèle pour les menuisiers qui en appliquent sciemment les règles. Sorte d’architecture réduite, les façades des armoires alsaciennes sont alors rythmées de colonnes ou de pilastres, surmontées de corniches et ornées de fenêtres Renaissantes coiffées d’un fronton ou de niches.
A la perfection de l’architecture vient s’ajouter un décor aux formes équilibrées. Les façades se parent alors de cartouches, d’enroulement (Rollwerk), de mascarons, de feuilles d’acanthes.
L’adoption de cette nouvelle manière ne se fait toutefois pas au détriment des traditions locales et l’emprunt des composantes italiennes reste teintées d’apports germaniques. Cela concours à créer un art régional singulier.

En parallèle, au début de la Guerre de Trente ans (1618-1648), un autre type d’armoire obtient la faveur des ébénistes. Cette dernière comporte alors un unique corps de meuble, ouvrant à deux battants. Elle marque le point d’achèvement de l’évolution typologique du meuble alsacien amorcé au XVIe siècle. Elle est généralement désignée sous le terme de Halber Kastern, c’est à dire demi-armoire. Son montage illustre les traditions alsaciennes. Elle se compose ainsi de trois parties (socle, corps de meuble et corniche) encastrées l’une sur l’autre. Le dos du corps d’armoire est entièrement fendu dans le sens de la hauteur. Les deux parties sont assemblées à rainure et languette. Les planches qui forment le plafond et le plancher du coffrage sont également de deux parties, jointes dans l’axe de la brisure du dos. L’ensemble est consolidé par un système de tenons et mortaises verrouillé par un coin ou clavette de bois (Keil). Grâce à ce procédé, le bois peut jouer sans que cela ne risque d’endommager la structure du meuble, lui assurant ainsi sa longévité.
Comme l’armoire à deux corps, elle fait la part belle à l’architecture. La rigueur architecturale de la façade est en outre complétée par un décor basé sur la fantaisie et le mouvement, caractéristique du baroque qui se développe alors. Il apparaît ainsi dans le répertoire ornemental des sculpteurs les listels flammés, réalisés à l’aide du Geflammter Hobel, ou rabot à ondes, inventé vers 1600 à Nuremberg et qui permet d’imprimer au bois des mouvements ondulés.

L’armoire présentée ici fait parti de ces Halber Kastern. Composée d’un unique corps de meuble ouvrant à deux battants, elle repose sur une base où sont logés deux tiroirs tandis qu’une corniche très légèrement débordante la couronne.
La façade est scandée par trois colonnes au fût lisse et galbé divisé au tiers de leur hauteur par deux bagues. Ces colonnes reposent sur des consoles ornées de masques feuillus.
Chaque battant est divisé en deux registres. Le registre inférieur est orné de trois cadres à crossettes superposés encadrés d’un joli décor d’entrelacs, de lignes sinueuses, d’enroulements de feuilles desquels naissent des masques de profil.
Le registre supérieur des portes est orné d’un édicule composé de pilastres, dont la gaine est décorée de masques feuillus et de grappes de fruit, supportant un chapiteau ionique aux belles volutes. Sur ces deux chapiteaux repose un entablement à la frise sculptée d’une tête d’angelot en haut relief, posé sur des ailes magistralement déployées, formant des volutes. Sur cet entablement, le fronton brisé se compose de deux arcs prenant la forme de C stylisés formant des enroulements mi-végétaux, mi-architectoniques. Au centre, se retrouve le motif maintes fois décliné sur cette armoire du masque feuillu grimaçant, encadré d’arabesques végétales se terminant en une tête d’aigle.
Cet édicule abrite une arcature aveugle, composée de deux colonnes doriques, supportant un arc surbaissé formé de motifs stylisés empruntés au style auriculaire et laissant apparaître un nouveau masque feuillu.
L’armoire est couronnée par une corniche très légèrement débordante soutenue par trois consoles sculptées de masques feuillus.
Outre cet admirable décor sculpté, un réseau de listel flammé formant des cartouches géométriques et délimitant les différents registres des panneaux des portes permet d’imprimer un mouvement à la façade. La grande qualité des artisans qui œuvrèrent à la réalisation de cette armoire se remarque également dans les admirables jeux de fond où l’usage de la loupe d’orme permet d’en animer la surface et d’évoquer par son caractère ondée le veinage du marbre.
Les serrures et les pentures ont reçu un riche décor gravé, parachevant ainsi le remarquable décor de ce meuble.
Cette armoire semble être le pur produit du travail des artisans alsaciens de la seconde moitié du XVIIe siècle. Ces derniers ont su mettre à profit le répertoire ornemental issu de la deuxième renaissance alsacienne en y intégrant les nouveautés proposées par le Baroque-c’est ainsi que les enroulements végétaux deviennent zoomorphes ou anthropomorphes, les masques feuillus deviennent très expressifs, la bouche largement ouvertes. Ce décor, tout en équilibre et en retenu, vient délicatement souligner les lignes architecturales de la structure de l’armoire. A cela s’ajoute les décors de placage qui laisse s’exprimer la beauté des essences et met en valeur le miroitement des surfaces lisses. Une originalité régie toutefois la réalisation du décor, il s’agit de la division en deux registres des panneaux de portes. Cette division devait sans doute rappeler les armoires à deux corps, ouvrant par quatre vantaux.
La datation proposée pour cette armoire est corroborée par la présence de colonnes à fût lisse, qui laissèrent place à partir des années 1660-1670 à des colonnes annelées ou torses. La présence de tête d’angelots renvoi également à la seconde moitié du XVIIe siècle. Ce motif commence en effet à orner le mobilier profane dès les années 1650, sous l’impulsion des menuisiers de Nuremberg, d’Augsbourg et des villes d’Allemagne du Nord.

Galerie Gabrielle Laroche

<   XVIe siècle
Vierge à l'Enfant en bois polychromé
Vierge à l'Enfant en bois polychromé

9 500 €

Armoire